Le bonheur au quotidien

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Le bonheur au quotidien

Message  Jacques le Mer 30 Avr - 10:14

Je voue à Epicure une profonde admiration et une sincère affection. Je considère ce philosophe oublié comme un bienfaiteur méconnu de l'humanité. Il nous a donné la recette d'un bonheur au quotidien, accessible et plein de sagesse. Il a prôné la tolérance, la modestie, et le respect de l'autre. N'est-t-il pas dommageable, que dans un siècle déboussolé où le fanatisme religieux, le sectarisme et l'égoïsme généralisé règnent, cet aimable ami de notre humaine condition, ne soit pas mieux enseigné et honoré ? Very Happy

Jacques

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Martine le Mer 30 Avr - 20:02

Je ne connais pas le philosophe, mais j'ai entendu parler de l'épicurisme, qui si je ne me trompe, caractérise les "bons vivants" qui s'adonnent à tous les plaisirs sans trop de modération. Cette attitude qui ne correspond exactement à ce que vous décrivez. Je ne suis pas ennemie des plaisirs, je suis même une joyeuse nature, mais je crois qu'il y a des excès à éviter. Suis-je dans l'erreur ?

Martine

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Epicure... pas du tout "épicurien"

Message  Jacques le Lun 5 Mai - 14:26

La légende de l’Epicure débauché :
C’est une invention des stoïciens qui prétendent qu’Epicure serait un débauché, proxénète, malhonnête, caractériel, étranger, opportuniste, grossier, glouton, vomisseur et buveur… Ce qui fait beaucoup pour un seul homme, surtout relativement débile et malade.
En fait, la philosophie d’Epicure est en concurrence directe avec celles des stoïciens, des platoniciens et plus tard des chrétiens. C’est ce qui justifie cette calomnie (travestissement de la réalité en partant du vraisemblable et en y ajoutant des bruits…).

Réalité de la philosophie d’Epicure :
Il invite au contraire, avec prudence et mesure, à construire le plaisir par la maîtrise des désirs. Sa philosophie se résume par le « quadruple remède » (tétrapharmakon) :
- Il n’y a rien à craindre de la mort (simple dissociation de nos atomes)
- Il n’y a rien à craindre des dieux (ils vivent leurs vies à eux…)
- On peut supporter la douleur (ou elle est radicale et elle nous tue, ou nous pouvons la supporter)
- On peut atteindre le bonheur ici et maintenant, ou pour le moins, l’ataraxie (absence de trouble).

J'aurais beaucoup plus à dire sur le philosophe, mais je ne veux pas monopoliser ce forum.

Jacques

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Epicure

Message  damlen le Lun 5 Mai - 14:36

Ne vous gênez pas... on a très envie de savoir !!

damlen

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1- son histoire

Message  Jacques le Lun 5 Mai - 15:53

Je vais diviser ma réponse en plusieurs parties pour qu'elle soit plus digeste...

C’est le dernier grand philosophe athénien. Sa pensée et la liste de ses ouvrages nous sont parvenus grâce à Diogène Laërce dont le livre X donne l’essentiel. Hélas, sur les 300 rouleaux de son œuvre, il ne subsiste que 3 lettres, quelques fragments (maximes capitales), et surtout l’épithète épicurien (« jamais philosophie ne fut moins entendue et plus calomniée que celle d’Epicure ». Diderot).

Qui est-il ? Pauvre, provincial (né dans l’île de Samos). Son père est instituteur (« esclave » spécialisé), sa mère est récitante de prières. Il arrive à Athènes comme un exilé sans relation avec l’intelligentsia. L’époque est troublée, les généraux d’Alexandre le grand, mort en 323, se disputent l’empire. Point fondamental : sa santé est précaire, il est incapable d’excès. Il souffre toute sa vie de néphrite. Il fit d’ailleurs ses adieux à son disciple Idoménée en ces termes :« Voici le plus beau jour de ma vie : c’est le dernier ; mes douleurs de vessie et mes coliques me causent une souffrance inexprimable. Mais j’oppose à tout cela la joie de mon âme, lorsque je me rappelle nos conversations passées. Toi qui a toujours été fidèle à la philosophie, et à moi-même, aie soin des enfants de Métrodore » (son premier ami cofondateur du jardin : «un ami mort est doux encore au souvenir »).

Épicure va réaliser une synthèse des pensées alternatives qui l’ont précédé :
- Hédonisme cyrénaïque
- Antiplatonisme
- Thérapie sophiste
- Ascèse cynique
- Matérialisme abdéritain

En Grèce au IIIe siècle avant JC l’humain passe pour être déterminé par un destin dépendant du cosmos et de la mécanique céleste de l’univers. La notion de liberté individuelle n’est pas encore la fiction judéo-chrétienne qui sera inventée pour justifier la notion de faute (on ne peut être responsable que si l’on jouit du libre arbitre permettant de choisir entre le bien et le mal, c’est-à-dire ce qui est reconnu comme tels par le prêtre et les dogmes qui définissent la morale). Pindare dit « Deviens ce que tu es », c’est-à-dire : tu ne peux être que ce que tu es destiné à devenir. Tout destin individuel dépend de l’époque dans laquelle on vit, de sa famille, et surtout de son corps. On pourrait même ajouter : de son nom : épikuros en grec signifie « celui qui secourt » (Jésus signifie… celui qui sauve…).

Rappelons que, pour Epicure, tout est matériel (atome, vide, mouvement), il n’y a qu’un corps incorporant une partie que l’on nomme esprit (cela rejoint les découvertes les plus récentes sur le fonctionnement du système nerveux : impulsions électriques, neurotransmetteurs). L’âme, indépendante et immortelle n’existe pas, c’est une fiction : quel est son support, ses moyens d’action et de transmission ?

Jacques

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2 - Les grandes idées d'Epicure

Message  Jacques le Lun 5 Mai - 15:57

La mort :
Je n’ai pas à craindre la mort car, vivant, elle n’est pas encore là et mort, je ne serai plus. Son unique conséquence doit être de me rappeler que je suis mortel afin que je m’efforce de bien vivre.

Les dieux :
Ils sont aussi matériels, et ne s’occupent aucunement de nous. Comme il n’y a rien après la mort (pas d’arrières mondes : paradis, enfer, limbes et autres fictions surnaturelles), nous n’avons rien à craindre d’eux. Il suffit de les ignorer comme ils nous ignorent (on peut en faire abstraction… athéisme…).

La douleur est supportable :

Il faut accepter ce contre quoi l’on ne peut rien faire (stoïcisme). Aujourd’hui, elle est devenue assez supportable avec les drogues modernes, mais à l’époque, le seul remède radical contre la douleur est la mort.

Le plaisir est notre guide :
C’est sa recherche qui détermine tous nos actes, de même que l’évitement de la douleur qui en est le contraire. Cependant, s’il est nécessaire au bonheur auquel nous aspirons, la recherche du plaisir comporte des pièges comme l’excès ou l’imprudence.

Le bonheur est possible :

Épicure préconise de se constituer une « diététique » pragmatique des plaisirs utiles permettant d’accéder au bonheur en évitant à tout prix la souffrance. Il faut selon lui :
- Assouvir les désirs naturels et nécessaires (faim, soif…)
- Se méfier des désirs naturels et non nécessaires (sexualité), sauf s’ils n’engendrent pas de déplaisir (amitié, envie de philosopher, esthétique…)
- Fuir les désirs non naturels et non nécessaires (honneur, richesse, pouvoir, ambition, gloire…) qui génèrent plus de déplaisirs qu’ils n’apportent de plaisir.

Autre révolution (quasi scientifique pour l'époque) en matière de morale : il faut dissocier morale et religion mais associer morale et philosophie. Le bien et le mal (code moral religieux) sont remplacés par le bon (ce qui permet de réaliser le plaisir ou l’absence de souffrance) et le mauvais (ce qui ne le permet pas). C’est une perspective utilitariste et non idéaliste.

Jacques

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3- la mise en pratique

Message  Jacques le Lun 5 Mai - 16:14

Bravo si vous avez réussi à ne pas décrocher. Suite et fin...


La mise en oeuvre de sa philosophie dans le jardin :
Elle consiste à vivre à la fois dans le monde, mais aussi hors du monde (cf. Eloge de la Fuite – Henri Laborit). Ce jardin n’est pas imaginaire, on en sait peu de choses sinon qu’il se situait au nord-ouest d’Athènes, et qu’il devait être assez imposant (il a coûté plus cher qu’une trirème : bateau de guerre de 37 m de long pour 200 hommes).
C’est véritablement une anti-République de Platon (chez celui-ci : organisation imaginaire, totalitaire, hiérarchisée, inégalitaire, population contrainte par la force, femmes soumises et serviles…). Chez Epicure c’est tout le contraire, c’est la réalité, c’est une communauté libre, y compris pour les femmes et jubilatoire, aux environs d’Athènes.

Épicure propose 3 maximes politiques :
- Il existe un droit naturel (par opposition au droit positif : textes de lois) en vertu duquel se reconnaît ce qui est utile pour ne pas se faire tort mutuellement. Il peut s’illustrer pas la formule de Saint Paul : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ».
- Il n’y a pas d’injustice si aucun contrat n’a été passé entre les parties (animaux, individus ou sociétés). C’est, dans ce cas, la naturelle loi de la jungle qui s’applique seule.
- Toute justice n’existe donc que relativement au contrat passé, en vue d’obtenir des consentements mutuels.

Ceci a deux conséquences :
- Élection : on se choisit dans une communauté plus ou moins large. Cette élection permet de partager des valeurs communes (douceur, amitié, bonheur d’être ensemble, jubilation partagée…).
- Éviction : il faut refuser ceux qui ne contractent pas (soit qu’ils ne veulent pas ou ne peuvent pas : délinquants relationnels). On ne peut pas être l’ami de tout le monde. Le « aime ton prochain comme toi-même » est un commandement illusoire et stupide si le prochain se moque de votre contrat (dans un monde de truands, il vaut mieux être truand ou au moins être capable de se protéger).

Si Platon a donné la formule des totalitarismes de toujours, Epicure a fourni une méthode pour y résister dans une recherche mesurée de la jubilation. Il invite ses disciples à « vivre sous son regard » : faites comme si j’étais là… et vous trouverez la réponse à votre interrogation.

En résumé:
But de la philosophie pour l’individu : supprimer les craintes inutiles, en particulier celles qui sont relatives aux dieux et à la mort. « La connaissance n’est utile que pour guérir nos angoisses ». Il faut savoir rire quand on est philosophe.
Il distingue les plaisirs liés aux besoins naturels et les plaisirs néfastes.
Le « souverain bien » est immanent (c’est-à-dire ici-bas) et non transcendant (dirigé vers le ciel).
Il fait la promotion d’une morale utilitaire, et la conquête raisonnée du bonheur.

Épicure est à l’origine d’une véritable révolution dans l’histoire de la philosophie antique qui aura des conséquences jusqu’à nos jours sur les pensées les plus évoluées.



[i]Mon avis personnel :
Ce résumé est très succinct, mais il pose tous les problèmes de la condition humaine d'une manière non seulement moderne, mais aussi universelle. Ce qui est rarissime, général la plupart des philosophies sont rendu obsolètes par d'autres, celle-ci a été seulement étouffée, et il s'en est fallu de peu qu'elle nous soit totalement inconnue.

Jacques

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Brigitte le Lun 5 Mai - 16:41

Je découvre ce forum tout neuf et déjà bien fourni ! Merveilleux cours sur Épicure que je m'empresse de conserver dans mes "petits papiers électroniques" pour m'en imprégner chaque fois que j'en sentirai le besoin ! Merci et bravo ! Very Happy

Brigitte

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Pourquoi ça n'a pas marché ?

Message  Martine le Sam 10 Mai - 10:55

Merci Jacques, pour ce brillant résumé, comme Brigitte, j'en ai fait un copier-coller pour le garder. Je me pose une question, pourquoi l'épicurisme, qui semble si intéressant n'a pas eu de succès ? Pourquoi cette philosphie que vous dites "pratique" n'a-t-elle pas résisté aux philosophies plus idéologistes?

Martine

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Les promesses de vie éternelle des marchands d'illusions.

Message  Jacques le Dim 11 Mai - 19:41

L'épicurisme a eu du succès, mais cette philosophie a été laminée par le christianisme auquel tout l'oppose. C'est, en effet, une philosophie qui a pour but de proposer une manière concrète d'atteindre le bonheur maintenant et ici-bas. Elle est fondée sur une stratégie raisonnée du bonheur. A l'opposé le christianisme repose sur la promesse d'une vie future au paradis ou d'un châtiment en enfer. Le fait d'aller à l'un ou l'autre dépendra d'une savante comptabilité de péchés ou de vertus, parfaitement bien cataloguée par l'Eglise. Lorsqu'on analyse avec rigueur cette comptabilité, on s'aperçoit qu'elle est bâtie pour renforcer la puissance de cette église et soumettre les fidèles à une stricte obéissance. Elle justifie même d'accepter tous les malheurs qu'on leur infligera, car "les premiers seront les derniers" si vous en avez bavé ici-bas, plus vous aurez de chance de mériter le royaume des cieux. Le christ lui-même est le symbole du dolorisme, et tous les saints sont d'étonnants masochistes. Cependant, tout ceci peut fonctionner car les humains ont une terrible angoisse de la mort, et les promesses de l'église, pour illusoires soient-elles sont rassurantes.
Pour cette religion, le plaisir est l'ennemi. Examinez les 7 péchés capitaux, vous verrez qu'ils sont l'antithèse des plaisirs humains. Le plaisir de la chair et celui de la connaissance ont été les plus combattus, car ils constituaient les plus grandes menaces pour la doctrine.
Il était vital pour que le christianisme puisse se propager que l'épicurisme puisse être erradiqué. Les promesses de vie éternelle des marchands d'illusions ont toujours fait recette, car les humains sont d'une incorrigible crédulité, pourvu qu'on les aide à supprimer leur angoisse de la mort. "L'important, ce n'est pas ce qui est vrai, mais ce qui aide à vivre" F. Nieztche
Heureusement, on ne peut rien faire contre la quête, même désespérée du plaisir, car le plaisir : c'est la vie...
Maintenant... le bonheur, c'est une autre affaire.

Jacques

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vous exagérez...

Message  Martine le Lun 12 Mai - 15:31

Jacques vous exagérez, tout n'est pas mauvais dans le christianisme, le message d'amour du Christ est très innovant pour l'époque, et reste d'une portée universelle,même si le christianisme a commis de erreurs.

Martine

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  JEN le Lun 12 Mai - 16:54

Il y hélas une considérable différence entre le message du Christ et la doctrine de l'église. Si le premier est amour, c'est surtout l'amour de Dieu, et accessoirement l'amour des hommes (sous le regard de Dieu). La doctrine de l'église vise à renforcer l'institution dans la compétition avec les religions concurrentes ou l'athéisme. Elle était donc en concurrence directe avec l'épicurisme.
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JEN

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Attention : désirs non naturels et non nécessaires !

Message  Jacques le Mar 13 Mai - 15:13

Je ne souhaite pas aborder le problème de la religion ici. Je n'ai fait que répondre à la question : "pourquoi ça n'a pas marché". Il y a par contre quelque chose sur laquelle je voudrais insister, c'est sur la classification des désirs selon Epicure. Il distingue :
- les désirs naturels et nécessaires : manger, boire, dormir... si on ne les satisfait pas on meurt.
- les désirs naturels et non nécessaires : la sexualité, l'amitié, le confort... On peut s'en passer, mais il importe de les choisir avec soin.
- les désirs non naturels et non nécessaires : la gloire, la puissance, le luxe, la surconsommation de gadgets... Ceux-la il faut les fuir car ils ne valent jamais la peine que l'on prend à les satisfaire.
Application pratique :
Il faut réfléchir à ce dont nous avons réellement besoin pour bien vivre, à ce qui est inutile ou franchement néfaste. Pensons en particulier à ce que notre ego nous pousse à faire ! Analyser ses désirs et les hiérarchiser permet souvent d'atteindre une certaine sagesse qui conduit au bonheur. Moins la barre est mise haute, et plus on aura de chance de succès.
Epicure ne recommande d'ailleurs pas la course au bonheur, il préconise simplement l'ataraxie (état d'absence de trouble ou de douleurs). Une paix intérieure serait le plus sûr accès à un bonheur raisonné.
Sous cet angle on voit qu'Epicure n'a rien d'épicurien...
Si vous portez un regard un peu critique sur notre société de consommation, ses modes, son marketing, sa publicité, on voit de manière évidente que la quasi totalité de ce qu'elle nous offre correspond à des désirs non naturels et non nécessaires, qu'elle suscite !

Jacques

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Joce le Mer 14 Mai - 22:15

J'ai bien compris le que la satisfaction des désirs procure des plaisirs. Mais est-ce que les plaisirs suffisent à faire le bonheur? N'y-a-t-il pas autre chose de plus dans le bonheur ?

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les plaisirs ne suffisent pas au bonheur !

Message  François le Jeu 15 Mai - 8:03

Le plaisir n'est pas toujours une condition au bonheur, sinon comment peut-on expliquer que des nantis, qui peuvent s'offrir tous les plaisirs qu'ils veulent ne soient pas heureux. Il y a même beaucoup d'enfants malheureux chez les gens riches. A l'opposé, il existe des gens démunis qui sont pleinement heureux parce qu'ils ont la foi Shocked

François
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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Jacques le Jeu 15 Mai - 10:03

Le plaisir est bien une condition au bonheur,mais cette condition, si elle est nécessaire n'est pas suffisante ! En effet, pour qu'il y ait plaisir, il faut préalablement qu'il un ait DESIR, et même souvent effort pour le satisfaire (les plaisirs "gratuits sont de moindre qualité).
Le problème avec les désirs, c'est qu'ils disparaissent dès qu'ils sont satisfaits, faisant place ensuite à une période de satisfaction qui durera jusqu'à ce qu'ils se régénèrent. C'est ainsi que, manger lorsqu'on a très faim est un grand plaisir, même s'il s'agit d'une nourriture très moyenne. En revanche, manger sans faim, même des mets délicats, ne procure qu'écoeurement.
En matière de désirs, une réflexion, ou pour moins une intuition, est obligatoire pour assurer leur bonne gestion en fonction de leur capacité à se régénérer. Le secret du plaisir et du bonheur est précisément là, il constitue ce que l'on peut qualifier de sagesse.
Sans un minimum de sagesse, il n'y aura pas d'adéquation entre les désirs et les plaisirs. La philosophie qui se donne pour but LA RECHERCHE RAISONNEE DU BONHEUR s'appelle l'hédonisme (attention : ici encore beaucoup de malentendus et d'erreurs !).

Ceci répond partiellement à la remarque de François. En ce qui concerne la foi, elle est source de bonheur dans la mesure où elle répond à une angoisse existentielle : elle rassure, donne de l'espérance. Elle correspond bien à un désir : celui d'être rassuré, d'être pris en charge. Le problème est que pour éprouver le bonheur d'avoir la foi... il faut être croyant ! Cette "chance" n'est pas donnée à tout le monde. Pour beaucoup, le seul recours est celui de la sagesse, qui, elle-même procède de l'expérience et de la réflexion.

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foi, psychologie et connaissance

Message  François le Jeu 15 Mai - 19:00

Vous semblez être un théoricien... et vous n'avez semble-t-il jamais été confronté avec la foi. Celle-ci est d'une autre ordre que la raison et n'a rien à voir avec la psychologie et la connaissance. Sachez qu'elle procède avant tout de la grâce.

François
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Re: Le bonheur au quotidien

Message  JEN le Ven 16 Mai - 10:08

Il me semble que Jacques et François ne sont pas tout à fait sur la même longueur d'onde... si ce dernier souhaite traiter d'un sujet sur le thème "foi, connaissance et psychologie" il en a tout liberté.

Qu'une bonne partie de nos comportements nos échappe est une évidence. On peut cependant essayer de comprendre les mécanismes qui influent sur ces comportements qui peuvent nous empêcher d'être heureux ou nous perturber.
J'aimerais, à cet égard faire référence aux réflexions d'Henri LABORIT dont je recommande à tous la lecture, en particulier : ELOGE DE LA FUITE que l'on trouve en collection de poche. Le travail de Laborit sur le stress et la dominance mériterait de longs développements, je ne ferai donc référence qu'à ce qui complète les réflexions d'Epicure qui restent encore aujourd'hui indispensables pour gérer ses désirs.

Il constate que nos désirs, source de nos plaisirs et de notre motivation à vivre, entrent en concurrence avec les désirs des autres. Or une impossibilité répétée d'assouvir ses désirs génère une frustration qui, à la longue peut provoquer des dommages psychologiques et ce qu'il appelle le stress, qui se traduit par les maladies psychosomatiques qui sont les maux de nos sociétés hiérarchisées. La découverte de Laborit est d'avoir mis en évidence (par des expériences sur les rats) qu'on pouvait supprimer ce stress dans la mesure où une possibilité nous est offerte :
- soit de combattre (explication de nombreux cas de violence)
- soit de fuir physiquement ou dans l'imaginaire sunny

C'est une découverte extraordinaire qui aurait sans doute enchanté Epicure, car la fuite dans l'imaginaire répond à des désirs "non naturels et non nécessaires" totalement inoffensifs pour les autres, et illimité pour soi-même. Il en est ainsi du désir de connaissance, du désir de fraternité et d'altruisme, de celui d'imaginer, d'inventer. Ces désirs ne sont jamais rassasiés et procurent des plaisirs sans cesse renouvelés. On peut s'y adonner sans réserve.
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Contre mauvaise fortune

Message  Martine le Mer 21 Mai - 16:37

"Lorsque votre moral se trouve être au plus bas, remontez le moral d'un moins heureux que vous. Vous trouverez pour lui des arguments auxquels vous n'auriez pas songé pour vous-même - et dont vous ferez votre profit.
Sacha Guitry

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Frissons de bonheur

Message  nominoë le Mar 27 Mai - 2:07

Ce bon Épicure ne préconisait-il pas qu'il convenait, après avoir pris soin de se garder des souffrances autant que faire se peut, d'user de tous les plaisirs accessibles à l'être humain, pourvu que ces derniers ne se montrent nuisibles ni pour son corps, ni pour son esprit ? Le bonheur, état de la conscience pleinement satisfaite, serait dans cet esprit une pratique faite de petits rituels quotidiens qui procurent un bénéfice à la fois immédiat et différé. Sa recherche est un processus constant . C’est peut-être ce qui rend la vie digne d’être vécue. Être prisonnier d’une situation, voilà ce qui rend malheureux.

En outre, il a été démontré que le fait d’être amoureux - vieille imposture du bonheur - s’accompagne d’états cérébraux uniques, caractérisés par la libération dans les tissus nerveux d’hormones et de substances chimiques psychoactives, qui mettrait en évidence la caractéristique addictive d’une telle situation. Faudrait-il renoncer à tout attachement, sous peine de devenir dépendant de tout ce que l’on aime et de tous ceux qu’on aime ? Faudrait-il préconiser l’amour comme thérapeutique, comme si une telle maladie pouvait se prendre pour son propre remède ; affection, si l’on peut dire, dont la victime néglige généralement les premiers symptômes et virulente au point qu’il est déjà trop tard pour intervenir quand elle s’est déclarée, sans compter les nombreuses rechutes redoutables auxquelles elle expose le vulnérable convalescent à la suite de son premier accès, et souvent bien plus cruelles que ce dernier. C’est le souvenir de ces premiers instants de plénitude et de bonheur indicibles, si précieux mais aussi trop fragiles pour perdurer, comme une histoire d’amour romantique qui coupe court, rattrapée par la réalité d’une union mal assortie, qui perpétue la part extravagante concédée par la subjectivité à l’irrationnel. Les héros et héroïnes de la vie de couple que compte certainement en grand nombre la fréquentation de ce forum se reconnaîtront sans peine dans cette affligeante évocation de la tragicomédie de l’existence humaine.

En 1829, Paul Émile BOTTA devient docteur en médecine après avoir soutenu une thèse intitulée "De l’usage de fumer de l’opium", largement inspirée de son expérience personnelle et dans laquelle il ne fait pas mystère de son prosélytisme. Y figurent ces pertinentes considérations humaines : « Soumis par sa nature, non seulement aux peines physiques communes à tous les êtres animés, mais encore à des peines morales résultant du don d’intelligence qui lui a été accordé, l’homme s’est efforcé, dans tous les temps, de trouver les moyens d’échapper à son existence réelle, et d’aller dans un monde imaginaire chercher un bonheur factice et la satisfaction de ses insatiables désirs ». De façon plus contemporaine, en témoignent également les paroles de cette chanson : « Un peu de beauté plastique, Pour effacer nos cernes, De plaisir chimique, Pour nos cerveaux trop ternes. Que nos vies soient comme un film parfait ! » qu’interprétait la sulfureuse artiste LIO en 1981. Sans pour autant adhérer au parti pris résolu d’Antonin ARTAUD pour qui « toute la science hasardeuse des hommes n’est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être », la recherche des plaisirs constitue un choix existentiel dont la justification passerait mal pour un bénéfice collectif. ARTAUD avait-il négligé l’étymologie du terme « vérité », qui est « absence d’oubli » ?

Une attitude hédoniste, privilégiant l’heuristique, c’est-à-dire la découverte des faits, dans une optique de jouissance, celle d’un mode voluptueux d’être au monde peut résolument se croire en prise avec les valeurs individualistes de notre temps. Mais ces dernières s’assortissent d’un encouragement altruiste qui enferme le citoyen dans une morale culpabilisante au lieu de le servir, et qui entretient l’illusion d’une solidarité qui se révélera trop souvent décevante par les trop nombreuses défections de sa pratique.

Je me range à penser que l'existence est une longue négociation avec soi-même comme avec les autres, heureusement parcourue de quelques frissons de bonheur.

nominoë

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Jacques le Mer 28 Mai - 16:24

Oui, l'existence est une longue négociation avec soi-même comme avec les autres, heureusement parcourue de quelques frissons de bonheur... mais ceux-ci restent rares, hasardeux (à part "le grand frisson de la chair"), et je me demande pourquoi, on ne tente pas de mieux définir les règles de cette négociation avec soi-même, comme l'a fait en son temps Epicure. Celui qui y réussirait mériterait mille fois le prix Nobel.

Mais revenons là où nous avions laissé Epicure et examinons, à la lumière de ses sages recommandations, ce que nous offre notre société productiviste et consommatrice du XXI ème siècle, qui semble servir de modèle à la plupart des pays. Nous constatons que le moteur de l'économie libérale (qui est un incontestable succès) est une course entre la demande de bien et de services et leur demande, aiguillonnée par l'intérêt personnel. A priori, on pourrait dire que le fait que l'offre soit assez abondante pour satisfaire l'offre est une excellente chose. Sauf qu'il importe de savoir si c'est l'offre qui provoque la demande, et surtout à quels sortes de désirs répond cette demande.

Or, si on rentre un peu dans le détail, on s'aperçoit que cette offre, si elle répond bien à des désirs naturels et nécessaires, avec des produits qualifiés "de première nécessité", ce qui est parfait et met fin aux pénuries et de disettes qui ont accompagnées notre humanité, l'offre suscite beaucoup plus de désirs non naturels et non nécessaires, dont les effets sont pervers :
- manger : trop abondant, gras, sucré.
- habiter dans les maisons trop grandes, trop chauffées, trop refroidies.
- se déplacer dans des véhicules pouvant rouler à 180 km/h mais qui dépasse rarement 50 km/h dans des agglomérations saturées.
- se soigner des maux qu'on s'inflige soi-même : sédentarité, mauvais alimentation, stress (endettement, précarité), tabagisme, frustration, dépression...
- s'infliger des "modèles" dans les magazines, trop jeunes, trop maigres, trop beaux, qu'on n'atteindra jamais.
- etc.

Le problème est que le moteur des économies repose essentiellement sur la satisfaction des désirs non naturels et non nécessaires, suscités par la publicité (non plus informative, mais manipulatrice, conditionnante, tentatrice, omniprésente) globalement inefficace (les effets des pubs concurrentes pour des produits similaires, s'annulent) mais toujours nuisibles car c'est toujours le consommateur qui paie. L'effet le plus pervers des pubs est de susciter chez le consommateur des désirs inassouvis qui génèrent une frustration permanente.

La course au bonheur devient alors définitivement pervertie par la tentation de plaisirs plus frustrants que gratifiants, par des divertissements médiocres dont (la TV avec le foot sont les plus emblématiques), et par une misère intellectuelle et souvent affective. Notre civilisation, à force de leurre et d'illusions, semble fabriquer et entretenir les conditions de son propre malheur. D'un côté, nous avons des frustrés, d'un autre, les exclus (un sujet du forum vient d'apparaître sur la solidarité...). Entre les deux, il y a ceux qui négocient comme ils peuvent "des frissons de bonheur".

Or Epicure, qui ne pouvait évidemment pas imaginer nos conditions de vie du XXI ème siècle, a eu une intuition géniale : les meilleurs chances de bonheur résident dans l'ataraxie consentie. Nous verrons une autre fois (car je fatigue), l'enseignement que nous pouvons tirer de cette découverte :
- sur le plan personnel
- par rapport à autrui
- dans la société
- pour les modèles économiques et politiques qui nous régissent
...

Jacques

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Martine le Sam 19 Juil - 19:09

Et alors ? Nous attendons la suite !
Ne vous découragez pas s'il n'y a pas de réponses ou de questions, ce que vous nous racontez, est particulièrement intéressant, et concrêtement utilisable pour une réflexion personnelle...
La contribution de Nominoe avec ses "Frissons de bonheur", plus poétique et humoristique, n'est pas non plus pour me déplaire.

Martine

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Re: Le bonheur au quotidien

Message  MG le Ven 26 Déc - 20:29

"Il y a une route moyenne où j'essaie de marcher, cette route ne passe ni par le pouvoir, ni par l'esclavage, mais par la liberté qui est le grand chemin du bonheur"

Aristippe de Cyrène à Socrate

MG
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Re: Le bonheur au quotidien

Message  Jeanne le Mar 12 Mai - 20:11

Mon fils m'a passé un bouquin de philosophie de Michel ONFRAY le spécialiste autoproclamé de l'hédonisme, qu'en pensez-vous. Vous qui avez décortiqué les conditions nécessaires et suffisantes pour accéder au bonheur, que pensez-vous de ce philosophe ? Moi je n'ai pas entièrement été convaincue.

Jeanne
Invité


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quelques sentences sur le bonheur

Message  François le Lun 18 Mai - 19:08

Le désespoir est la plus grande des erreurs
Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues
(moraliste français, 1715-1747)

La vie est en elle même une toile vide
Elle devient ce que vous peignez dessus
Vous pouvez peindre la misère ou vous pouvez peindre la joie
Cette liberté est votre splendeur
Osho Rajneesh

La sensation d'être heureux ou malheureux
dépend rarement de notre état dans l'absolu
mais de notre perception de la situation
de notre capacité à nous satisfaire
de ce que nous avons
La Dalai Lamai. Gyatso Tenzin dit

Le bonheur n'est pas chose aisée
Il est très difficile de le trouver en nous
Il est impossible de le trouver ailleurs
Bouddha

Soyez à vous même votre propre refuge
Soyez à vous même votre propre lumière
Bouddha, Siddhârta Gautama dit

Vis comme si tu devais mourir demain
Apprends comme si tu devais apprendre toujours
Ghandi

En te levant le matin, rappelle toi
Combien est précieux le privilège
de vivre, de respirer, d'être heureux
Marc Aurèle (empereur et philosophe romain)

Il n'y a qu'une route vers le bonheur
c'est de renoncer aux choses qui
ne dépendent pas de notre volonté
Epictète
philosophe grec 50-125

Pour être heureux en vivant dans le monde,
il y a des côtés de son âme, qu'il faut entièrement paralyser
Chamfort 1741-1794

Le plus grand ennui
C'est d'exister sans vivre
Victor Hugo

Hâte toi de bien vivre
Et songe que chaque jour
est à lui seul une vie
Sénèque

être heureux, c'est savoir oublier
Friedrich Nietzsche

Un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est
infiniment plus malin, que celui qui se désespère avec la réalité
Alphonse Allais

Le bonheur vient de l'attention aux petites choses et le malheur de la
négligence des petites choses
philosophe chinois

C'est parfois l'échec qui est le meilleur gage de succès et souvent un
retard s'avère plus utile qu'un progèrs.
Nous sommes rarement en mesure de nous rendre compte à quel point le
négatif sert à produire le positif, à quel point le mal engendre le bien
Henry Miller

Le bonheur c'est avoir une bonne santé et une mauvaise mémoire
Ingrid Bergman

Chaque jour est un bon jour
proverbe chinois

Puisque l'on dit que le bonheur
N'existe pas sur la terre
Que l'aile de mes chimères
Puisse nous conduire ailleurs
J. Dutronc

être malheureux, c'est ce croire malheureux
Henry de Montherlant

Gémir sur un malheur passé
C'est le plus sûr moyen
D'en attirer un autre
Shakespeare

Sois heureux un instant
Cet instant c'est ta vie
Omar Khayyâm
poète persan 1047-1122)

Les deux grands secrets du bonheur :
le plaisir, et l'oubli
Alfred de Musset

Il n'y a qu'un devoir
Celui d'être heureux
Denis Diderot

Le bonheur, c'est la somme
de tous les malheurs que l'on n'a pas
Achard

Tout le bonheur du monde
est dans l'inattendu
Jean d'Ormesson

La joie est en tout
Il faut savoir l'extraire
Confucius

Carpe diem (mets à profit le jour présent)
Horace

Ce qu'il y a d'admirable dans le bonheur des autres
c'est qu'on y croit
Marcel Proust

Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler
au-dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire
leur nids dans vos cheveux
proverbe chinois

Il est difficile de ne pas s'exagérer
le bonheur dont on ne jouit pas
Stendhal
sunny

François
Invité


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