Moi, Jésus qui vous aime

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La bêtise, maladie chronique ?

Message  JESUS le Lun 8 Mar - 22:35

Ma prédilection pour les sectateurs de Mahomet est uniquement due mon affection pour eux, or : « Qui aime bien châtie bien ». Cette affection n’est pas due, rassurez-vous, à mon admiration subite pour la belle religion qui est la leur, mais uniquement parce qu’ils me donnent un sujet d’étude incomparable de l’humain dans ce qu’il a de plus complexe et de plus intéressant : la bêtise. Vous trouverez d’ailleurs à ce sujet l’article ci-dessous qui m’a été chaudement demandé par mes fans.
Vous n’êtes cependant pas très attentif : je revisite TOUTES les religions, toutes les idées, c’est mon fonds de commerce. Aucune ne m’indiffère, tant elles me passionnent car elles sont la quintessence de ce que l’humain peut produire de meilleur et de pire.
Il vous a peut-être aussi échappé qu’en tant que Jésus, je ne fais pas de cadeau à l’église catholique.

La bêtise, maladie chronique ?

Comme dit le proverbe chinois : « Les fleurs de la bêtise poussent sur le terreau de l’ignorance et de la superstition ». La bêtise est une maladie qui contamine principalement les autres. Moi, Jésus de la, qui végète au paradis depuis vingt siècles, j'ai eu le temps d’en voir toutes les manifestations. J'en ai même doublement souffert les conséquences. D'abord quand je fus crucifié par les Romains à la demande les prêtres juifs et quand, ensuite j'ai été utilisé comme exutoire à la mauvaise conscience des chrétiens. Je reconnais aussi avoir été ma propre victime par manque de discernement à l’époque où il m’aurait été facile d’échapper aux soldats du sanhédrin. La bêtise peut aussi venir d'un excès de confiance en soi, de la foi en sa bonne étoile qui, un jour, se met à pâlir. Tout ça pour dire que je suis bien placé pour avoir une idée juste de cette maladie sournoise et si répandue parmi nos semblables.

Son principal danger est que la plupart de ceux qui en sont atteints l'ignorent, et que même ceux qu'on aurait pu en croire exempts font parfois des crises qui, pour être brèves, n'en sont pas moins dommageables. Il y a certes, des degrés dans la bêtise, l'infection peut-être légère et parfaitement anodine et ne présenter comme symptôme qu’une plaisante insouciance. Elle peut aussi être très profonde, incurable, désastreusement agissante et même dévastatrice. À ce stade, le remède le plus efficace pour l’éradiquer est la suppression du malade.

Cette pathologie a longtemps été ignorée faute de pouvoir être diagnostiquée par des praticiens qualifiés. C'est un peu comme pour la psychanalyse, elle ne pourrait s'exercer que par des thérapeutes eux-mêmes des troubles qu’ils ont à soigner. Difficulté d'autant plus grande que la limite et parfois incertaine entre la folie et la sagesse car comme le dit l’adage : « Celui qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit, et inversement ». Autre difficulté : les facteurs aggravants la bêtise sont nombreux et variés. On peut citer quelques exemples comme le dogmatisme, la peur, l'envie, la cruauté, le prosélytisme, le conformisme, l'intolérance, l'ambition, etc. La liste est longue et variée et l'aggravation d'autant plus forte qu’il y a combinaison des facteurs.

Beaucoup pensent que cette maladie est si incurable qu’elle est aussi consubstantielle du genre humain que l'obligation, tôt ou tard pour chacun d'entre nous, de passer de vie à trépas. J'aurais envie de dire que cette opinion est excessive, que le mal, s'il est laborieux à contrer, n’est pas totalement dépourvu de remède, et qu'on pourrait même, en étant optimiste, observer une légère amélioration globale, ou pour le moins des signes ténus de progrès dans une partie de la société actuelle. En effet, on peut constater, ici et là : la fin du féodalisme, le recul des religions et de nationalismes qui verrouillent les comportements, l'avènement de la démocratie, l'amélioration du niveau de vie, le progrès de l'instruction, des connaissances et de la liberté d'expression. Pour vous rendre compte du progrès, rappelez-vous à l'époque de Voltaire, on pouvait encore condamner à mort un jeune homme seulement coupable de ne pas avoir enlevé son chapeau au passage une procession religieuse. Aujourd’hui, la lapidation en Somalie d’une jeune fille enceinte après avoir été violée par trois hommes (dont aucun n’a été condamné) à soulevé un tollé mondial grâce à des organisations comme Amnesty International qui fait des enquêtes et avisent immédiatement l’opinion publique. De même pour les prêtres catholiques pédophiles aux Etats Unis. Si l’on peut regretter que de tels crimes perdurent, au moins sont-ils désormais dénoncés dès qu’ils sont connus. Leurs auteurs, les pays qui les tolèrent, les institutions ou organismes religieux qui les protègent sont mis au ban de l’humanité. C’est là un progrès considérable qui limite l’impunité et l’irresponsabilité de tous les malfaisants de par le monde.

Malgré tout, les progrès, s'ils existent reste une infinie lenteur et la bêtise reste profondément enracinée, dogmatisée, et institutionnalisée dans de nombreux endroits.

Incontestablement, le seul vrai remède est l'éducation. J'ai bien dit « éducation » et non bourrage de crâne comme dans les écoles coraniques où l'essentiel de l'enseignement consiste à faire apprendre, comble de l’absurde, des sourates par cœur dans une langue étrangère souvent incompréhensible. Qu’on ne s’y trompe pas, éduquer signifie au contraire : ouvrir l’esprit des enfants et leur permettre d’accéder de manière aussi autonome que possible à la connaissance la plus variée et utile pour leur vie d’adultes. C'est leur donné envie d'apprendre, de savoir, de raisonner juste. C'est aussi leur inculquer des pratiques vertueuses dont le fondement soit le respect des autres, la tolérance, le courage face aux aléas de l'existence et surtout un généreux souci des plus faibles, des enfants, des femmes et de tous ceux que la vie maltraite. Cependant cette éducation, si elle s'inquiète d'autrui, ne doit pas faire oublier aux individus qu'ils ont droit au bonheur, à une douce et raisonnable jouissance des biens et des plaisirs du monde. Elle doit leur faire comprendre que si le plaisir du corps et l'esprit est la source de toutes nos motivations, les excès en sont funestes et que le plus délicat est d'en trouver l’équilibre le plus raisonnable.

Sans doute tout n'est pas simple. Les pièges sont nombreux : les tentations, les manipulations de la publicité, la dictature de la mode, la peur de ne pas faire comme les autres, et surtout la paresse et le manque de courage. Sans doute ne sommes pas égaux en matière d'intelligence, de capacité à comprendre, à raisonner juste et bien. On peut même déplorer que beaucoup de nos semblables soient plus près du mouton que de l'humain idéal, mais il faut vivre en tenant compte de lourdeur de la réalité. On doit cependant savoir que si la vivacité d'esprit n’est pas donnée à tout le monde, il existe une forme d'intelligence plus utile et appréciable qu’il convient d'honorer : c’est celle du cœur. Celle-ci, mieux que l’autre déjoue les pièges de la bêtise et de ses effets les plus pervers. Combien voit-on, en effet, de gens simples vertueux et équilibrés qui n'ont pas eu la chance de disposer une grande instruction autre que celle qu'apporte la vie quotidienne ? À contrario combien voit-on de ces « intellectuels » engoncés dans leurs dogmes, égoïstes, poussés par un égo des tables à forcer les autres à penser comme eux. À cette catégorie appartiennent les fous de Dieu où certains militaires, politiciens ou idéalistes qui constituent le fer de lance de la bêtise la plus agissante, pour ne pas dire la pernicieuse et délirante. Mais attention, ces gens-là ont peut-être été instruits mais pas éduqués. Sur un mauvais terrain, l'instruction peut provoquer des fruits empoisonnés. On peut aussi enseigner le crime, l'intolérance et même la bêtise. Je citerai à cet égard Boris, l'auteur de « J'irai cracher sur vos tombes » qui disait si justement : « il possédait une intelligence compliquée d'une culture imbécile et voyante ». Ah mon pauvre Boris, combien nous sommes heureux de t’avoir avec nous, ici au paradis, avec tes facéties et ton courage désespéré. Tu excuseras d'avoir parlé de « l'intelligence du cœur », je ne faisais pas allusion à la pompe qui pulsait si mal le sang dans ton grand corps et dont la défaillance prématurée priva tes semblables d'un généreux pourfendeur de la bêtise dont le manque se fait encore sentir aujourd'hui.

Si je rends ici quelque hommage à Boris, c'est pour souligner comment le combat contre la bêtise peut être mené par tous, non seulement par des gens réputés sérieux, mais aussi par des dilettantes géniaux dont les seules armes selon l'humour, la gentillesse, la curiosité et surtout la lucidité, le courage et la liberté d’esprit. Boris, pour te montrer que tu es toujours là (d'ailleurs dans le mot vivant, au v près, n’il y a toujours n’y a-t-il pas Vian ?), je ne résiste pas au plaisir de te laisser le dernier mot :

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
… Le fonds vers de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
… Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
… Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le gout qui me tourmente
Le gout qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

JESUS
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Vade retro satanas

Message  JESUS le Jeu 11 Mar - 17:48

Vade retro satanas

Si moi, Jésus de Nazareth, j'aborde ce sujet, ce n'est pas en raison de l'épisode dans le désert où je fus tenté par le démon et que tout le monde connaît (que ceux qui l’ignorent ne se précipitent pas dans les Évangiles, ils ne perdront rien). En effet, nous sommes tous tentés en permanence par le démon : une jolie fille qui passe, un superbe gâteau au chocolat, ou l'envie d'envoyer une claque à ceux qui les méritent. Nous y résistons et, non par héroïsme, mais parce que la jolie fille sera une source d'ennuis, le gâteau est catastrophique pour notre ligne, et les claques peuvent entraîner des représailles, surtout si on s'attaque à plus fort que soi. C'est donc le plus souvent la raison que la vertu qui nous garde dans le droit chemin.

Si moi, Jésus, j'aborde ce sujet, c'est parce qu'il pose des questions que tout homme de bon sens devrait naturellement se poser. Si la représentation de Dieu et si mal aisée, en revanche, celle du diable est à la portée du croyant moyen. Il a le corps velu, les pieds fourchus, il est horrible et sent le bouc. Comme chacun sait, le diable est en charge de la sale besogne indigne de Dieu. Les péchés, les maladies, la folie, les catastrophes naturelles et surtout la luxure sont du domaine exclusif de Satan. Or, me dira-t-on fort justement, le diable à une charge de travail considérable vu que dans notre vallée de larmes, il y a infiniment plus de malheur et de douleur que de jubilation. C'est pourquoi Satan est entouré d'auxiliaires aussi vicieux que lui. Les uns prennent possession des vierges en chaleur, d'autres donnent la maladie aux moutons. Heureusement, ce qui est fort rassurant, l'église dispose d'une brigade d'exorcistes expérimentés pour les interventions d'urgence avec leur si efficace formule : « Vade retro satanas ! ». Tous les bons traités de démonologie vous expliqueront précisément comment les anges en révolte contre Dieu furent déchus, tout en conservant certains de leurs pouvoirs surnaturels (négligence un peu surprenante de la part de Dieu). Ils rejoignirent en enfer leur chef Satan, le plus malin d’entre tous.

Si les démonologues nous parle volontiers des innombrables moyens dont le malin use pour tenter les pauvres humains, moyens que la plupart d'entre nous expérimentent régulièrement dans leur vie quotidienne, ces experts sont, en revanche, moins prolixes concernant les relations établies entre Dieu et le diable. Or la nature exacte de ces relations est de la plus haute importance, y a-t-il en effet, concurrence, complémentarité ou connivence ? Si l'on part du principe que Dieu encourage le bien et le diable le mal, force est de constater que non seulement la concurrence est rude, mais quelle tourne généralement à l'avantage du second. Ce déséquilibre peut faire supposer que ce n'est pas Dieu qui fait la loi mais souvent le diable. La seule explication serait alors que si le tout-puissant à créer le diable, c’est qu'il avait grand besoin de lui ! Imaginez un instant qu'il n'y ait pas de diable, qui serait responsable du mal, de tous les vices et des calamités qui s'abattent sur les pauvres humains depuis la nuit des temps ? Un célèbre philosophe du XVIIIe siècle n'a-t-il pas écrit : « si le diable n'existait pas, il faudrait l'inventer ».

Il fallait un coupable désigné : c'est le diable. Dieu peut avoir désormais le beau rôle : être l'objet de toutes les prières, accorder les faveurs et faire que toutes les espérances se cristallisent sur son nom. Hélas, ce schéma officiel d'une concurrence entre le bien et le mal, entre les anges et les démons ne fonctionne pas car il présuppose que le créateur de l'univers soit complice des malversations de Satan, ou qu’il soit dépassé par sa créature. Ce serait là un signe d'impuissance bien improbable pour quelqu'un d'omnipotent, et la responsabilité divine n'en serait pas moins engagée, car si Dieu a fait les anges assez imparfaits pour se révolter, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même.

Dieu et le diable le diable sont donc de connivence et leur complémentarité flagrante, l'un ne pourrait exister sans l'autre. Des gens mal intentionnés pourraient même conclurent que l'un et l'autre forment une même entité. Je ne saurais personnellement cautionner une hypothèse aussi insolite dont les conséquences seraient fâcheuses pour toutes les religions qui ont pignon sur rue. En effet, si le diable et Dieu sont confondus, comment savoir si c'est l'un ou l'autre qui parle ? Imaginez que ce brave Mahomet ait été lâchement abusé l'ange Gabriel, et que, croyant transcrire fidèlement la parole de Dieu, il ait, en vérité transcrit celle du diable. (Nota important : comme nous savons les musulmans fort chatouilleux à propos de leur prophète, et que moi, Jésus de Nazareth, je souhaite n’avoir aucun ennui avec des barbus dépourvus du sens de l'humour, je m'empresse ici de proclamer que je ne cautionne aucunement les blasphème ci-dessus, que je les condamne expressément puisque Mahomet, que son nom soit loué, est comme chacun sait totalement infaillible, en sorte que même si Satan s’était fait passer pour Allah, le malfaisant n'aurait jamais pu le duper. D'ailleurs, Allah, que son nom soit loué, est inimitable, je dirais même plus, Allah est grand).

Cependant les croyants, et les médisants (dont je rappelle expressément que je ne fais pas parti, comme je viens d'en donner la preuve éclatante ci-dessus) pourraient fort bien pousser plus loin leur raisonnement pervers. Si Dieu et le diable sont en effet, en concurrence, qui sera le plus réceptif des deux ? Prenons un exemple concret : si je souhaite que mon voisin de palier (qui est un sale type) se casse une jambe en tombant dans l'escalier, qui doit-je prier ? En principe le diable me semble mieux indiqué tant qu'à pousser quelqu'un dans l'escalier car c’est apparemment une mauvaise action. Mais si Dieu se sent évincé par Satan ne risque-t-il pas d'être courroucé, or comme chacun sait, il faut se garder des grosses colères de Dieu. Les exemples comme celui de nos voisins sont nombreux. Que penser du voleur volé, du salopard cocu, de l'assassin assassiné, du pécheur repenti… alors où est le bien où est le mal ? Moi, Jésus de Nazareth, lucide et honnête, je ne saurais vous dire. Je vous conseillerais même de vous garder de prier qui que ce soit car les statistiques montrent que les prières n'atteignent jamais leurs destinataires et qu'il vaut toujours mieux compter sur soi-même que sur les faveurs de l'au-delà.

JESUS
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JESUS QUI VOUS AIME

Message  sherab le Lun 15 Mar - 19:39

Bonjour Jésus,
Je vous remercie d'être venu vers nous, pauvres humains, pour nous faire réfléchir sur différents sujets.
J'avoue que je ne m'étais jamais posée toutes ses questions ni pris le temps de réfléchir à tout ce que j'avais appris et entendu dans ma jeunesse (élevée chez les religieuses).
Il faut dire qu'assez vite je me suis tournée vers le bouddhisme (la voie du milieu).
Un des points important dans le bouddhisme c'est la compassion pour tous les êtres. A première vue nous pourrions dire que cela est facile. Oui pour les gens que l'on aime, ou pour ceux qui sont loin et que l'on ne connaît pas. Pour les autres, et particulièrement pour ceux que l'on n'estime pas ou peu c'est une autre histoire.
Je constate qu'après des années de pratique je n'arrive toujours pas à avoir de la compassion pour un homme qui m'a beaucoup fait souffrir (je devrais dire pour un homme à qui j'ai donné la possibilité de me faire souffrir). Cette constatation m'a beaucoup perturbée car je pensais être "au-dessus du lot" - quelle erreur. Je ne lui veux aucun mal mais quand il est dans une grande douleur, ce qui est le cas aujourd'hui, je ne ressens rien. Une véritable indifférence, et çà croyez moi ce n'est pas "chrétien".
Jésus parlez-moi de la compassion ?
sherab





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sherab
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Jeu 18 Mar - 9:33

Compassion

Chère Stahlbad, je trouve votre réaction parfaitement normale, n’ayez pas de scrupules : la compassion n’est pas un dû, elle se mérite. En effet, certaines personnes, par leur égoïsme, leur perversité ou leur indifférence aux autres ne jouent pas le jeu d’une réciprocité normale entre individus. Ils pensent pouvoir prendre sans donner, cependant, lorsqu’ils se trouvent dans une situation difficile, ils n’hésitent pas à solliciter la compassion de ceux à qui ils n’ont rien donné. L’adage « plus on donne et plus on reçoit » peut aussi se vérifier en matière de compassion. Il est donc normal et même salutaire que les prédateurs et les manipulateurs ne recueillent qu’indifférence de la part de ceux qu’ils ont utilisés. Ces derniers ne doivent avoir aucune mauvaise conscience de ne pas pouvoir éprouver de sentiment à leur égard.

La compassion n’est d’ailleurs pas un sentiment naturel, elle est le résultat d’un apprentissage. Elle nous oblige à accorder aux autres une attention bienveillante, c’est sa fonction première, elle est la garantie d’une empathie minimum permettant la cohésion sociale nécessaire aux groupes humains. Elle s’oppose à l’individualisme qui lui, est en revanche, naturel et même parfaitement inné. Chaque être vivant a pour fonction première de perdurer et de se reproduire pour la survie de l’espèce. L’humain n’y échappe pas plus que tous les autres animaux de la création. L’amour maternel et l’attachement des enfants à leurs parents ou encore les liens unissant les couples en sont la conséquence évidente.

Quel étrange discours dans la bouche de Jésus de Nazareth, réputé être l’exemple même de la compassion et du pardon… On peut être bon sans être niais, tendre la joue gauche quand on vous a frappé la droite est la meilleure façon d’encourager les êtres malfaisants. Il y a une dimension qu’il faut ajouter à ce comportement basique des individus : ils vivent en société ce qui implique des liens interpersonnels régis pas des règles de vie et surtout une culture qui façonne les cerveaux. Intuitivement chaque personne passe avec sa communauté des conventions pour arriver à vivre ensemble. Si je fais du bien ou du mal à autrui, je peux m’attendre à la réciprocité. Si j’offre un sourire, je peux en recevoir en retour. Si je suis compatissant, je peux espérer quelque compassion. C’est là une forme de contrat implicite auquel la grande majorité des gens adhèrent dans leur propre intérêt, grâce à l’éducation qu’ils reçoivent et à l’exemple qui leur est donné.

La compassion est un noble sentiment que ressentent les honnêtes gens à l’égard de ceux qui souffrent et pour lesquels ils ressentent une naturelle empathie et auxquels ils peuvent venir en aide. Elle ancrée dans toutes les cultures car partout et toujours les humains ont souffert. On ne sait soulager la douleur que depuis très peu de temps. La compassion a des limites, nous avons vu celle concernant ceux qui ne la méritent pas. Aussi généreux soit-on, personne, ne peut porter toutes les misères du monde, ni même s’en affliger. Je m’y suis laissé prendre et ma seule récompense a été d’être crucifié.

JESUS
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Distance problématique

Message  JESUS le Dim 21 Mar - 20:20

Distance problématique

Vous ai-je déjà parlé de l'indifférence du créateur et de son insensibilité ? Eh bien je vais aller plus loin aujourd'hui dans cette révélation. Je sais que l'aveu que je vais vous faire sera déconcertant pour ceux qui ont cru pouvoir attribuer au Tout-Puissant des sentiments similaires aux nôtres. S'il ne ressent ni satisfaction, ni haine, ni jalousie, ni amour, ni tout ce que nous, humains, nous éprouvons en permanence, c'est que Dieu n'a rien d'humanoïde.

Entre lui et nous, il y a une différence de nature radicale. La distance qui nous sépare est infiniment supérieure à celle qui sépare un vers de terre d'un humain. En effet, le vers et nous avons en commun de faire parti du monde du vivant et de posséder un code génétique ainsi que d'avoir un ancêtre lointain duquel nous provenons tous : un certain LUCA (last universal common ancestor). Je précise pour les malveillants et les ignares qui douteraient de cette information qu'ils peuvent aller puiser aux mêmes sources que moi sur Internet.

Tout ça pour faire comprendre que si nous, humains, nous sommes faits de viande, lui est constitué d’énergie cosmique. Nous fabriquons un travail musculaire du gaz carbonique et de la merde. Lui fabrique des principes créatifs incluant simultanément : la chimie la plus subtile, la physique quantique, l'électromagnétisme, la thermodynamique, l'astrophysique, les réactions thermonucléaires... J'arrête ici la longue liste des mécanismes scientifiques laborieusement découverts par nos semblables car celle-ci, aussi exhaustive soit-elle ne suffirait pas encore à permettre d'entrevoir la totalité des modes d'action divins. Vous devez cependant commencer à comprendre que, jongler avec toutes ces disciplines nécessite une puissance si incommensurable que notre pauvre cerveau peine à le concevoir. On a beau mobiliser les centaines de milliards de neurones et les innombrables interconnexions de notre cerveau, nous sommes impuissants à seulement concevoir un début de commencement d'ébauche de l’infini potentiel créatif divin.

Mais j'arrête ici ma comparaison entre Dieu et nous car je sens déjà pointer le reproche que vous savez me faire : « Jésus, direz-vous, tu crache-je encore dans la soupe ! Tu minimises l'humain, tu montres ostensiblement nos limites, notre bestialité, notre pitoyable petitesse ». J'accepte vos reproches. Cependant, si je me suis permis de remettre l'homme à sa juste place, ce n'est aucunement pour l’avilir. C'est uniquement pour rappeler aux faibles d'esprit la vraie distance qui nous sépare du créateur et qui induit entre nous une inadéquation radicale. Nous, humains, ne sommes capables d'imaginer que ce qui nous est imaginable. C'est-à-dire ce qui se rattache à une réalité concevable, à un commencement de connaissance, à une bribe d'intuition. Or, on a beau supputer, postuler, déduire, rien de ce qui est divin nous est accessible. La meilleure preuve est qu'à chaque fois que nos semblables imaginent quelque chose relatif au divin, ils ne peuvent que lui attribuer des vertus et des travers humains, au mieux ils inventent un Superman qui leur ressemble et dont le seul signe distinctif serait de faire des miracles généralement stupides.

Le plus surprenant c'est que cette créature si exagérément anthropomorphique ne semble capable de s'intéresser qu’aux très modestes, préoccupations humaines du genre : que faut-il croire, respecter ou craindre, comment doit-on manger, se vêtir, copuler et surtout qui nous attend après la mort. Que Dieu s'abaisse à n'interférer que sur des sujets d'une telle banalité, qui relèvent plus de l'intendance que d’un esprit supérieur, montre clairement la faible imagination des hommes qui, en voulant inventer le divin, reste pitoyablement incapable de s'élever au-dessus des petites affaires purement humaines. Ils ne font alors que projeter leurs sentiments, leurs phobies, leurs envies ou leurs délires sur une espèce de croque-mitaine céleste qui finit par devenir aussi tatillon, sournois et mesquin que mêmes.

En réponse à l'ignorance et à l'anxiété de leurs semblables, les plus roublards se mettent à parler à la place de Dieu. Or bizarrement, leur discours se borne à édicter ce qu'il faut faire pour le complaire, et éviter pour ne pas le courroucer. Et, étrange coïncidence, ces commandements et ces interdictions favorisent toujours le pouvoir de ceux parlent en son nom. Pour se donner plus de crédibilité, les intermédiaires autoproclamés inventent quelques miracles assez spectaculaires. Ce faisant, ils sont censés prouver à la populace ébahie combien leur médiation est précieuse et combien Dieu les tient en haute estime pour les flatter par des prodiges qui défient allègrement les lois les plus élémentaires de la physique. Le temps passant, presque tout le monde finit par croire à ces sornettes, et pour ceux qui s'y refuseraient, les ecclésiastiques ont prévu un nombre surprenant de sanctions condamnant si lourdement les malheureux incrédules, que ceux-ci, soucieux de leur sécurité, s’abstiennent généralement de toute remarque ou action répréhensibles.

Cependant à force d'interdire, de contraindre, d'empêcher l’éveil des consciences, de décourager la curiosité, les religions finissent par se trahir. Leur vrai visage apparait derrière le ramassis de règles, de rituels, de légendes qui les organisent. Elles dévoilent leurs artifices pour manipuler le peuple, canaliser son anxiété, et lui donner son opium quotidien (Voltaire a opté pour l'opium du peuple, mais compte tenu de son prix, devenu inabordable, je pencherais plutôt pour le cannabis. Je reconnais que le gros rouge peut aussi bien faire l'affaire).

Je discutais récemment avec un de mes amis, également assis avec moi à la droite de Dieu, un certain Sakharov. Je lui ai demandé : « Andreï, toi qui as vécu en URSS, tu devrais savoir pourquoi les hommes sont si bêtes ». Au lieu de répondre Andreï s’est mis à rire avec Gandhi (c’est marrant de voir qu’à la droite de Dieu se trouvent côte à côte l’inventeur de la bombe H et le chantre de la non violence). Je ne comprenais pas pourquoi cette question avait suscité autant d’hilarité. Alors quelqu'un a lancé : on devrait demander à Momo ! Et les rires ont redoublé. Vous devez avoir du mal à comprendre ce qu'il y a de risible à cette suggestion, vu que le célèbre prophète n’a jamais fait rire personne de son vivant, et même après. Aussi, faut-il que je dise que Mahomet essaie depuis plusieurs siècle d'entrer au paradis, ce qui en soi, n'aurait rien de risible, sauf qu'il utilise toujours des moyens pas très catholiques pour forcer les portes du paradis auquel il prétend avoir droit mieux que personne. C’est ainsi qu’il a essayé de déguiser plusieurs fois son identité. Dernièrement il s'est présenté avec une burqa, mais on l'a tout de suite reconnu à cause de ses babouches (du 44) qui dépasseraient par-dessous. Une autre fois, il a piqué les clés de Saint-Pierre pour en faire un double. À chaque fois il est démasqué et se couvre de ridicule, ce qui le met dans une rage folle et nous amuse beaucoup.

Je dois avouer que si nous sommes un peu moqueur à l'égard de Momo, c'est à cause de son paradis cinq Étoile luxe ou tous les bons croyants voudraient se précipiter tant sa description est alléchante. Paradoxalement, ce que sa religion interdit ici-bas y est largement autorisé. Momo peut se contenter de faire des promesses mirobolantes puisque aucune dupe n’est jamais revenue se plaindre d'avoir été abusée. Sauf que nous, qui somme au paradis savons exactement à quoi ça ressemble et que nous constatons que Momo a fait une publicité outrageusement mensongère, semblable à celle des promoteurs immobiliers qui vendent sur plan des appartements magnifiques qui existeront jamais. D'ailleurs, pourquoi croyez vous que Momo insiste le tant pour entrer dans notre paradis à nous ?

JESUS
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Croire ou ne pas croire ?

Message  JESUS le Dim 28 Mar - 15:52

Croire ou ne pas croire ?

Moi, Jésus de Nazareth, j'ai cru en Dieu désespérément. Rien que de très normal, me direz-vous, dans un Moyen-Orient mystique et affabulateur. Notre culture et notre histoire étaient intégralement religieuses et prenaient racine dans la bible, source présumée de toutes connaissances. Il n'y avait en ce temps-là aucune autre option que celle de Dieu. Nous étions si baignés dans la religion qui nous prenait en charge de la naissance à la mort, qu’il ne serait venu à l'idée de personne de vouloir s’en extraire.

Nous étions de plus très ignorants, c'est à peine si nous savions que des peuples lointains adoraient d'autres divinités. Nous ignorions largement tout de l'accueil bienveillant du panthéon des envahisseurs romains qui semblent entretenir avec leurs dieux des rapports distants et presque de l'indifférence. À part quelques rarissimes érudits assez prudents pour n'en rien laisser paraitre, nous ne savons rien de la philosophie grecque ou le divin est une option assez facultative. Depuis 20 siècles, j'observe qu'en de nombreux endroits, la connaissance s'est dégagée de la gangue des croyances religieuses, bien que celles-ci ont toujours désespérément freiné son développement. Il reste cependant des contrées entières prisonnières de dogmes et de rituels qui continuent d'inhiber les consciences de leurs habitants en ne leur offrant d'autres options que celles de théocraties qui châtient sévèrement ceux qui voudraient s'en délivrer. J'ai souhaité m’échapper des superstitions de mon époque et on sait le prix que j'ai payé pour une telle audace. On comprendra aisément que j'observe avec passion les progrès de la connaissance et avec eux l’éveil des consciences qui repose d'une manière radicalement inversée le problème de l'homme et du divin.

Il y a en effet, face à Die deux options théoriquement possible : soit on continue à y croire et tout devient à priori possible et explicable : l‘âme, la création, le péché, le paradis ou l'obéissance. Même les doutes et les angoisses sont, dans ce cas confortés par la foi. Soit on ne peut plus y croire, on est alors condamné à essayer de se débrouiller tout seul face au hasard et à l'inconnu, avec comme uniques ressources la connaissance et la raison. Le lecteur attentif aura remarqué qu'en citant les deux options désormais possibles, j'y ai rajouté « théoriquement ». En effet, pour être en mesure de choisir, il faut avoir la liberté de choix, or ici réside le problème majeur, tant à titre individuel que collectif. Prenons, par exemple, un enfant né dans une famille très pieuse, de quelque confession que ce soit. Celui-ci sera strictement construit et imprégné par le bouillon de culture familiale. C’est absolument aussi mathématique que de parler la langue des ses parents ! La probabilité pour qu’une famille musulmane pieuse produise un petit bouddhiste reste proche du zéro absolu (l'inverse est tout aussi vrai). Quelles conclusions en tirez-vous ? Nous sommes intégralement déterminés et conditionnés par notre environnement familial, culturel et religieux. Pour dévier de la trajectoire qui nous est assignée, il faut des circonstances extraordinaires. C'est ainsi que moi, Jésus, né pour être menuisier dans une paisible bourgade, peu doué pour les travaux du bois, je me suis mis à courir les routes. Mon insatiable curiosité m'a fait découvrir des personnes qui m'ont permis d'entrevoir un monde différent où l'ancestrale crainte d'un dieu vengeur et rancunier laissait place à l'avènement d’une humanité pacifiée où l'homme ne soit plus un loup pour l'homme. Je suis donc un mutant, un marginal, une exception qui confirme la règle. Le résultat est que ma déviance, pour infime soit-elle, a produit des effets indéniables depuis vingt siècles, dont l'ultime est que je suis présentement à converser avec vous sur Internet.

On doit s'interroger sur la manière dont s'opèrent ces déviances. Il y a d'abord le hasard : pourquoi nait-on Bouddha, Épicure, Mahomet, Napoléon, Hitler ou Gandhi ? Pourquoi ceux-ci ont-ils été dotés de talents bénéfiques ou maléfiques hors du commun dont la conséquence est qu’ils ont eu une influence sur le cours de l'histoire ? Les organisations humaines ont-elles un but assigné, une utilité ? Dans ce cas, comment des individus produits par le hasard peuvent-ils en changer le cours de manière si spectaculaire ? Je crois, moi Jésus, que, si l’histoire s’écrit comme on le constate, par hasard, avec autant d’erreurs, de retours en arrière et d’évènements chaotiques, on peut quand même lui trouver un sens. Il me semble que les sociétés et les civilisations qu’elles produisent ont pour utilité non seulement de permettre à certains hommes de prendre le pouvoir sur les autres, mais aussi de favoriser autant que possible les meilleurs conditions de subsistance, de sécurité et d’apporter une réponse aux exigences existentielles qui sont d’obtenir un peu de plaisirs et l’éveil des consciences. Vous voyez, je ne mets pas la barre très haut dans ma foi en l’humain. J’ai cependant la croyance optimiste que l’homme progresse, avec certes, une infinie lenteur, et que les civilisations les plus récentes sont moins cruelles, moins esclavagistes et moins tourmenteuses que les anciennes.

Cette foi en l’humain m’a toujours fait me poser une grande question : qu’est-ce qui est le meilleur pour l’humanité ? Est-ce d’être un grand troupeau asservi à des princes ou à des prêtres ? Est-ce d’être composé d’individus aussi libres et responsables que possible ? Et dans ce dernier cas, vaut-il mieux croire en Dieu ou en l’homme ?

JESUS
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Hé Jésus, c'est le printemps !

Message  Joce le Mar 30 Mar - 12:26

Jésus, je vous trouve bien sérieux depuis quelques temps. N’avez-vous pas remarqué que c’est le printemps et que les petits oiseaux gazouillent.
Pourriez-vous abandonner quelques temps vos bondieuseries et nous parler de sujets plus intéressants, par exemple, un qui marche très fort sur Internet : le sexe.
Merci d’exaucer ce modeste vœu.
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Le sexe, la grande affaire du créateur

Message  JESUS le Mer 31 Mar - 10:36

Ma chère Joce, je suis très malheureux que vous considériez mes interventions, aussi modestes soit-elles, comme des « bondieuseries », alors que ma seule passion est l'humain avec ses qualités et ses travers. S’il m’arrive de parler de Dieu, admettez que j’ai pris quelque distance avec lui. Vous me trouvez trop sérieux, vous avez raison, mais après deux milles ans et la triste réputation qu’on m’a faite, il est dur de se corriger, le naturel revient toujours au galop. De plus, de quoi voudriez-vous que moi, Jésus de Nazareth, ex prophète, je vous cause ? De la pluie et du beau temps, d’autres le font mieux que moi, des méfaits de la nicotine, de la broderie au point de croix ? J’avoue que ces sujets ne font pas partie de ma spécialité.

Peut-être pensiez-vous me piéger avec le thème du sexe. Vous allez être complètement détrompée, car c'est un sujet qui m'intéresse énormément. C’est le plus magnifique piège inventé par le Créateur pour obliger les êtres vivants à se reproduire (vous m’excuserez de revenir à mes « bondieuseries »). C’est de plus une source inépuisable de plaisir, d’illusions pour les amoureux, d’inspiration pour les poètes et les chanteurs de charme, mais aussi d’interdits et de business, ne parle-t-on pas du plus vieux métier du monde ? Si vous vous attendez à ce que je condamne le sexe pour des raisons de morale, de dogmes ou de bienséance, vous n’avez sans doute pas dû lire mes premières interventions où j’ai confessé les joyeuses dissipations de jeunesse.

Je ne me passionne pas précisément pour ce qu'on trouve sur Internet à ce sujet, mais je ne condamne aucunement. C’est à peine si je déplore que malgré leur abondance les images soient si pauvres et répétitives. Tout y est assez conventionnel : pourquoi les femmes gardent-elles leurs chaussures et pas les hommes, n’est-ce pas un peu ridicule ? Pourquoi la femme reste un simple objet de consommation, plutôt qu’une partenaire ? Pourquoi tant d’orgasmes et si peu de sentiment, d’érotisme et de surprises ? Simplement, le marché du porno, comme les autres est soumis à des impératifs économiques. Il n’est pas tellement moins moral que celui des jeux de pari où se précipitent les pauvres gens qui ne connaissent pas les lois des statistiques ou celui de l’astrologie qui exploite si aisément la crédulité de vos semblables. Comme tout marché, il est régi par l’offre et la demande de petites sensations qui se révèlent souvent plus tristes que gratifiantes. Il n’est cependant pas dépourvu d’intérêt thérapeutique car les moins audacieux peuvent y vivre leurs fantasmes par images interposées, et les plus fous y trouvent un exutoire.

Mais, puisque vous avez mis ce sujet sur le tapis, et pour vous gratifier de ces « bondieuseries » que vous aimez tant, permettez-moi de faire une nouvelle référence à notre Créateur, que certains trouveront peut-être inhabituelle. Personne ne peut raisonnablement déceler les intentions de Dieu. Si nous ignorons tout du créateur, son œuvre, elle, nous est accessible puisqu'elle nous entoure et que nous pouvons en admirer la beauté et l'infinie complexité. Qui ne s'est pas émerveillé à l'examen attentif d'une simple fleur avec sa délicate organisation dont le mystère n'a été que très récemment percé ? Or, toutes les fleurs qui couvrent nos prairies au printemps, aussi belles soit-elles ne sont… que des organes destinés à la reproduction sexuée. Pourquoi la nature montre-t-elle une si luxuriante débauche de moyens pour se reproduire ?

Mais, me direz-vous : « Jésus tu es bien ridicule de tant t’émerveiller devant le monde végétal, dont la seule destination est de nourrir les animaux ! » Hé bien puisque vous abordez le sujet : parlons aussi des animaux. Ils n’ont, en matière de production, rien à envier en plantes, puisque l'essentiel de leur activité est consacrée à subsister et à procréer. A votre avis, pourquoi entend-on au printemps le mélodieux chant des oiseaux auquel vous faisiez allusion ? Pensez-vous que c'est pour le seul agrément de vos oreilles ? Evidemment pas : tous les animaux, jusqu'au moindre moucheron n'ont de cesse, eux aussi, que de se reproduire.

Mais, me direz-vous : « Jésus tu es bien ridicule de tant t’émerveiller devant le monde animal, dont la seule utilité est de nourrir les hommes, que Dieu a fait à son image ! » Permettez-moi de vous répondre cette fois que, malgré la tendresse que j'éprouve pour votre innocence, vous avez encore raté une occasion de vous taire car vous venez, en une seule phrase, que dire deux grosses bêtises. D'abord ce n’est pas Dieu qui a fait l'homme à son image, mais indiscutablement l’inverse. Ensuite, allez dans n'importe quel cimetière, demandez aux asticots s'ils ont été créés dans le seul but de nourrir les humains, ça risque de les faire se tordre de rire. Mais puisque vous abordez le sujet, parlons aussi des humains. Ils me semblent encore pires que les plantes et les animaux dont les cycles de reproduction sont généralement annuels. Pour les humains en âge de procréer, la frénésie de copulation est quasi permanente. Les femelles de cette espèce ne pondent-elles pas un ovule tous les vingt huit jours ? Les mâles ne gaspillent-ils pas des millions de spermatozoïdes à chaque éjaculation dont le Bon Dieu les gratifie ? Quelle différence y a-t-il entre la rencontre fructueuse des gamètes chez les vaches, les chiens, les rats ou les humains ?

Mais, me direz-vous enfin : « Jésus tu blasphèmes, les humains ne sont pas des animaux, ils sont le but de la création ». Permettez-moi de vous dire que vous avez encore perdu une occasion de vous taire. Les humains sont, biologiquement et génétiquement des animaux comme les autres, même si leurs moyens de communication par le langage semblent plus perfectionnés que ceux des autres créatures (encore que le langage des dauphins puisse nous faire réfléchir) et que nous avons effectivement institué des cultures et des règles sociales. Reconnaissez seulement que tout groupe de chimpanzés a aussi les siennes, que n'importe quelle ruche est régie par des règles autrement plus strictes que les nôtres. Ce n'est pas là la grande différence avec les animaux. Celle-ci réside essentiellement dans nos puissantes performances cognitives qui nous permettent d'imaginer, de combiner, de mémoriser et d'échanger. Ce qui nous distingue, c'est notre richesse culturelle, notre soif de connaissance et notre capacité à fantasmer.

En ce qui concerne le sexe, les humains sont à mi-chemin entre la vertueuse fidélité des pingouins et les mœurs dissolues des orangs-outans. Nous n’échappons cependant pas à la frénésie de reproduction qu’offre le spectacle de la nature, dont on peut penser qu'elle constitue la grande affaire de Dieu. C’est indiscutablement dans ce domaine que le créateur a donné la pleine mesure de son génie et de sa fantaisie. Jugez plutôt ! Il aurait pu se contenter de la reproduction simpliste des cellules qui croissent et se divisent pour se multiplier. Au lieu de quoi le tout-puissant a élaboré des mécanismes de reproduction sexuée aussi admirables que variés : des ovipares aux vivipares, en passant par les marsupiaux, toutes les espèces se reproduisent avec rage. Certaines s'y adonnent avec des parades nuptiales sophistiquées et d'autres de manière expéditive, mais toutes sont soumises au piège divin de la sexualité. Se pose alors à nous tous une grande question pour l'espèce humaine : pourquoi les religions qu'elle a inventé voient le sexe d'un si mauvais œil ? La raison serait-elle qu’il procure à ceux qui s'y adonnent un irrésistible plaisir contre lequel les religions, même les plus castratrices ne peuvent lutter ? Avec ce divin plaisir qui donne un avant-goût de paradis, elles ont un concurrent trop puissant, impossible à tuer, mais qu'elles ont essayé d'avilir et de discréditer en vain.

Ce n’est pas un hasard si la luxure est l’un des plus affreux péchés (et aussi le plus pratiqué..) et si la femme, cette tentatrice inspirée du diable, est stigmatisée. C’est avec ce genre d’excuse que, abusant de sa force physique, l’homme a assujetti la femme, responsable désignée du péché de chair. Pour se donner bonne conscience, il s'est inventé des légendes comme celle de l'extravagant péché originel selon lequel toutes les femmes auraient à expier la faute présumée d’Eve. Moi, Jésus de Nazareth, qui prône la douceur, la gentillesse et le respect mutuel, je suis obligé de vous révéler la noire bêtise de cette légende qui, comme vous allez vous en rendre compte, se retourne aujourd'hui contre ses auteurs. En effet, puisque Dieu a créé la femme, pourquoi a-t-il commis l’inconséquence de la doter d'intelligence et de curiosité alors qu'il aurait pu tout aussi bien la faire stupide et obéissante ? Pourquoi n'a-t-il pas aussi débarrassé le paradis du serpent tentateur ? Et surtout pourquoi cette interdiction de chercher la connaissance ? Quelle fourberie avait-il donc à cacher ? Dieu semble avoir été là d'une maladresse déconcertante, ce qui est difficile à croire. Il y a donc une autre explication que je vais vous révéler ici dans sa splendide évidence.

Dieu a effet voulu nous révéler aujourd'hui, et seulement aujourd’hui où commence à s’éveiller les consciences, les plus beaux traits du caractère d’Eve notre mère à tous. Saluons le bel exemple de courage qu’elle nous a donné en bravant les interdictions idiotes du Créateur, la fausseté qu’il a mis à utiliser la coupable complicité du reptile ! Par cette noble attitude elle a donné aux humains l'envie de savoir, la soif de vérité dont les civilisations les plus brillantes peuvent aujourd’hui encore s’enorgueillir. Courage d’autant plus exemplaire, qu’elle n’a pu attendre aucune aide de ce gros couillon d’Adam.

Moi, Jésus je prédis que les religions du monde ayant mal traité les femmes et la connaissance vont commencer à avoir des problèmes pour conserver un semblant de respectabilité. Elles risquent bientôt de ne plus pouvoir cacher leur vrai visage. Elles ne pourront dissimuler que leur seule fonction : est d'être des machines à créer la soumission, l'exploitation et la mise au pas d'une humanité passive et grégaire. Elles vont devoir rendre des comptes, ces religions qui ont admis le viol, les harems, l'excision, les mariages forcés, le tabou de la virginité, et cette odieuse exploitation quotidienne des femmes, et toutes les saloperies qu'elles ont subies. Le grave reproche que puisse faire Dieu aux humains à qui il a donné l’extraordinaire don de la raison, est de faire de celle-ci un de dire si mauvais usage.

Sans doute que, après s'être bien amusé à inventer la sexualité, le code génétique et la double hélice de l'ADN, Dieu n'éprouve plus aucun intérêt pour cette création terrestre qu’il a désormais abandonné à elle-même et en particulier pour cette belliqueuse et inconséquente espèce que constituent les hommes. Peut-être même, juge-t-il improbable qu’Eve puisse enfin être réhabilitée et avec elle la douceur maternelle, le plaisir des sens, la générosité, la connaissance et le bonheur. En un mot : la vie.

JESUS
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  sherab le Jeu 1 Avr - 14:52

Bonjour Jésus je vous avais remercié pour votre réponse sur la compassion et avais fait un commentaire sur la possibilité d'être relié au "divin" et pouf tout a disparu.
Pas grave

Je fais partie des exceptions. Je suis née dans une famille catholique - élevée chez les soeurs - et me suis convertie au Bouddhisme il y a ... 23 ans. Pourquoi ? simplement parce que rien de ce que l'on m'avait appris n'était en phase avec le quotidien des soeurs et curés. Pourquoi le bouddhisme (qui est une philosophie et pas une religion ? parce que je crois en l'homme et à "la nature de l'esprit". Les rares fois ou je me suis sentie reliée à ladite la nature de l'esprit (ou autre) a été une vraie révélation. Nous sommes constamment enfermés dans nos "histoires" et réduisons notre vie a un minuscule monde (travail, amis, famille - et j'en parle en connaissance cause venant de passer 15 jours le moral dans les socquettes). L'ego prend régulièrement le dessus et me fait oublier à quel point je ne suis qu'un grain de sable et que ma vie sur terre ne correspond qu'à un claquement de doigts.
Je recherche le bonheur, comme tout le monde, mais suis intimement persuadée que "mon véritable bonheur" ne sera (dans cette vie ou dans une autre) que dans le lien avec moi-même et surtout dans la capacité que j'aurai à vivre le moment présent.
Pouvoir jouir de chaque minute sans projection sur un futur incertain
Very Happy
PS : Dans mon message qui a disparu je vous disais que vous aviez une nouvelle "fan" âgée de 85 ans - ma tante que vous avez fait beaucoup rire.
Je vous embrasse

sherab
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Vis comme si chaque jour était un cadeau inespéré

Message  JESUS le Jeu 1 Avr - 17:38

Ma pauvre petite Sherab,
Je reconnais que tout avait mal commencé pour vous. Non que vous soyez née dans une famille catholique, on ne choisit pas. Je suis moi-même né dans une famille juive, mais être « élevée » chez les sœurs n’est pas le meilleur début pour découvrir la beauté du monde, les jolis sentiments et tout ce qui fait la joie de vivre. Les sœurs et les curés, souvent fort respectables et généreux sont des victimes consentantes qui se mettent en marge de la société et qui se soumettent à une existence biaisée et frustrante, même quand leurs sourires béats essaient de nous prouver le contraire. « Dans chaque église il y a quelque chose qui cloche » comme disait Prévert. Mais grâce au Ciel vous en êtes sortie !

Sachez qu’on ne se « convertit » pas au bouddhisme, on est séduit, on se laisse charmer spécialement quand on le considère comme une philosophie qui aide à mieux vivre et comme non une religion ((il suffit dans ce cas de ne pas opter pour la réincarnation et les rituels ou superstitions qui se sont ajoutés et encombrent le simple et lumineux discours de Bouddha). Bientôt je vous ferai un cadeau pour vous toute seule : je vous parlerai d'Epicure... vous verrez, c'est encore plus subtile que l'Éveillé.

Il est vrai que chacun de nous a l’impression d’être enfermé dans sa propre histoire, embarqué dans un destin qui nous échappe en grande partie. Impression d’autant plus désagréable qu’on regarde le monde par le petit bout de la lorgnette (ce que vous faites actuellement puisque vous avez le moral dans les chaussettes). A ce moment, vous avez l’impression d’être moche, inutile, sans intérêt, sans avenir, votre ego est un bourreau impitoyable et les noires pensées envahissent de manière obsessionnelle votre pauvre cerveau fatigué et confus. La neurasthénie nous guette et le suicide semble être la porte de sortie la plus accueillante…

Néanmoins, avant de passer l’arme à gauche, je vous demande un peu de patience… je vous sais intelligente et sensible, alors méditez ces paroles du grand penseur Patrice Nominé :
« L’intelligence incite à la réflexion, et la réflexion conduit au scepticisme. Le scepticisme, lui, vous mène à l’ironie. L’ironie, cette mélancolie de la lucidité, à son tour, vous présente à l’esprit — qui se trouve en apport direct avec l’humour — qui fait si bon ménage avec la fantaisie. Et la vie devient une chose délicieuse, aussitôt qu’on décide dignement de ne plus la prendre au sérieux ».

« La sensation d’être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l’absolue, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons ». J’ajouterais à cette sentence du Dalaï Lamas que le printemps arrive et que vous n’allez vous réconcilier avec la joie de vivre faite de petits plaisirs, de petits bonheurs qu’il vous suffira de cueillir.

« Vis comme si chaque jour était un cadeau inespéré » ne vous occupez pas trop du futur. Et la vie devient une chose délicieuse…

Je vous embrasse
Jésus qui vous aime

PS : embrassez Tatie pour moi, 85 ans… c’est une gamine, j’ai 23 fois son âge.

JESUS
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Le danger des postulats

Message  JESUS le Mar 6 Avr - 18:25

Moi Jésus, j'ai délibérément choisi la voie de la dignité humaine et de l'éveil des consciences. C'est la véritable raison pour laquelle les grands prêtres m'ont condamné, c'est aussi la raison pour laquelle j'ai été trahi par l'église chrétienne. J'ai dit et répété « s'il y a un enfer et un paradis, ne les cherchez par ailleurs que sur la terre. Mes frères et sœurs, les menaces d'enfer qu'on brandit sont destinées à effrayer les plus couards d'entre vous. Les promesses de paradis sont des leurres, de simples carottes pour faire marcher les ânes ».

En lançant un tel message, je reconnais aujourd'hui avoir péché par excès de confiance, je pensais mes contemporains assez avisés pour choisir la dignité plutôt que l'asservissement, la connaissance plutôt que l'obscurantisme, la raison plutôt que la foi puérile des crédules. Sans doute suis-je venu trop tôt, les humains avaient encore besoin d'être tenus en laisse, bercés d’illusions et de vivre dans la crainte de ceux qui les manipulent en utilisant l'épouvantail de quelques dieux du qu'ils ont inventé et qui leur sont devenus tellement utiles qu’ils ont fini par y croire.

Je ne redoutais pas assez les prêtres à l'intelligence manipulatrice qui ont comme obsession d'amener les autres à croire comme eux, ce qui leur donne un sentiment de puissance et une jubilation surprenante. Avec le recul, ce qui me fascine le plus, c'est de constater l'activisme de ceux qu'ils ont converti, à vouloir, eux aussi, convertir à leur tour. C’est comme si ceux qui ont contracté la maladie contagieuse de la foi deviennent obligés d'aller la communiquer aux autres. Est-ce une manière de se rassurer soi-même, ont-ils l’impression que plus on est nombreux à partager une croyance et plus celle-ci devient vrai ? Nul ne sait. Il est excusable qu'un peuple ignorant puisse croire à n'importe quelle fable ou légende, s'il n'a aucun moyen d'appréciation critique. Il est normal qu'un simple d‘esprit soit effrayé lorsqu'on le menace de l'enfer, lorsqu'on brandit le péché et le jugement dernier et qu'on lui raconte qu'un Dieu aux manières de KGB le surveille en permanence. Ce qui, par contre, me surprend et me désole c'est de constater que des gens qui peuvent disposer de la connaissance, de la raison et de la logique, n'en usent pas pour distinguer le vrai du faux et le réel de l'illusoire. Ces personnes ne réagissent-elles pas comme si elles avaient subi un lavage de cerveau ? Elles semblent apparemment capables de raisonner, mais leur raison à un moment ou à un autre est toujours submergée par la foi. On a parfois l'impression qu'elles se rendent compte des extravagances qu'on leur a inculquées, que leur sens critique va se réveiller et qu’elles vont se rendre compte de, l'implacable évidence de la logique des faits avérés. Pourtant, contre toute attente, leurs consciences se ferment brusquement comme des portes de prison. On échoue alors sur des postulats du genre : « la foi ne s'explique pas - les voies de Dieu sont impénétrables - pour croire il faut cesser de vouloir comprendre - le Coran est la parole de Dieu dictée à son prophète - si c'est écrit dans la Bible, ce ne peut être que vrai ».

Le drame, c'est qu'un postulat est indémontrable, il peut tout aussi bien être juste que faux. Or si l’on part d’un postulat erroné, on a beau essayer d’être juste dans la suite de la réflexion, celle-ci sera ruinée. L'intensité de la foi n'augmente en rien la validité de l’option qu’elle induit, elle permet seulement de passer outre le postulat, au point de le faire oublier. L'honnêteté et la rigueur voudrait par exemple que l'on dise précisément : « il y a sans doute un seul Dieu, et Mahomet est probablement son prophète ». Mais cette proposition serait aux yeux de ceux qui osent s’enorgueillir d'être soumis, un crime impardonnable suscitant un tollé. Une « profession de foi » n'est-elle pas comme un coin enfoncé dans la conscience des gens ? Enlevez le coin, comme moi Jésus je l'ai permis aux juifs de mon temps et le doute va commencer à s'installer dans les consciences ébranlées. Or le doute et la curiosité sont les ferments de la conscience qu'ils permettent de libérer du carcan des dogmes. Cependant la conscience aussi a des limites. Il y a des questions sans réponse. Parmi elles, la plus angoissante pour les humains, celle de la mort est à l'origine de tous les fantasmes, et de toutes les croyances. Il n'est donc pas surprenant que la mort, le péché et l'espérance soit partout et toujours les éléments principaux du fonds de commerce des religieux. Pourtant la question de la mort à propos de laquelle notre déficit informationnel est total, n'impose qu'une seule réponse sérieuse et honnête : elle nous oblige simplement avoir le courage de suspendre notre jugement. Toute allégation consolatrice n'est que postulat, ou fantasmagorie trompeuse sur laquelle les malins et les fous construiront des croyances insensées.

Cependant, si la question de la mort est sans réponse, et si elle implique de suspendre notre jugement, elle n'est pas sans conséquences. La plus importante est la quintessence de mon message d'amour. Si, en effet, nul ne sait ce qu'il y a après la mort, on sait parfaitement ce qu'il y a avant : c'est la vie ! Cette vie dont nous devons profiter chaque jour comme un cadeau merveilleux. Que nous devons honorer, et rendre la plus belle possible pour les autres comme pour nous-mêmes. Plutôt que de bâtir désespérément des chimères sur des postulats hasardeux, n'est-il pas plus raisonnable de s’occuper davantage de nos frères humains que de dieux aux abonnés absents ?

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Je vous trouve parfois un peu dur

Message  Martine le Dim 11 Avr - 17:49

Je vous trouve parfois un peu dur avec les croyants de base, gens honnêtes et vertueux qui pourraient s'estimer blessés de voir leurs religions brocardées. Pour l'essentiel ce sont des gens frustres incapables de comprendre la subtilité de vos remarques et encore moins votre humour. Si, à tort ou à raison, ils se sentent humiliés, ne risquent-ils pas de se fermer dans des communautés qui ne peuvent que renforcer leur sectarisme ?
L'idéal serait bien sûr que ces personnes puissent avoir accès à un minimum d'éducation pour aiguiser leur sens critique, pour qu’ils découvrent qu’il y a d'autres options plus gratifiantes sur le plan humaniste. Certains y arrivent déjà brillamment. J’ai vu dans ma profession (les télécoms) des enfants d'immigrés qui réussissent très bien et qui ont su s'intégrer admirablement. Ce ne sont pas eux qui remplissent les mosquées. A contrario il y a des jeunes Français de souche, un peu faibles d'esprit qui deviennent musulmans rigoristes, comme ils auraient pu être témoins de Jéhovah si le hasard les y avait conduit.
Ce n’est pas à vous que j’apprendrai que les humains ont besoin de religion, quelle qu’elle soit, ça les aide à vivre.
Puisque vous dites que vous nous aimez, ne pourriez-vous, avec le génie qui vous caractérise, trouver un moyen plus constructif pour ne pas vexer ces gens pour qui la religion, aussi rudimentaire soit-elle, est un lien identitaire qui les rassemble et un remède facile à leurs angoisses.
Excusez-moi, cher Jésus, si j'ai été aussi longue et quelque peu critique, c’est parce que je trouve votre rubrique astucieuse et originale. Je vous en remercie et vous encourage à la poursuivre pour notre plus grand plaisir.
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De la confrontation nait la lumière

Message  JESUS le Lun 12 Avr - 11:26

Chère Martine, ce que vous écrivez est le bon sens même. Je ne doute pas il y ait chez les croyants modérés de toutes les confessions des gens remarquables. J'ai pour eux le plus entier respect et la plus grande tendresse. Je suis d’ailleurs au regret de vous dire que vous n'avez pas bien lu mes chroniques, car vous auriez remarqué que je leur rends plusieurs fois hommage.

Ceux que je brocarde ce sont les imbéciles malfaisants, souvent cultivés qui, pour des motifs grotesques s'arrogent le droit de créer le malheur de ceux qui ont la faiblesse de les suivre où de ne pas savoir résister à leurs manipulations. Votre suggestion d’aider les immigrés susceptibles d'évoluer et de ne pas se laisser enfermer dans le communautarisme est sage, hélas les progrès ne s’obtiennent réellement que d'une génération à l'autre. Il faut donc donner, comme vous le suggérez, aux enfants d’immigrés le maximum de chances pour s'intégrer dans la société où leurs parents ont été jetés par les vicissitudes d'existences difficiles qui les ont obligés à fuir la pauvreté de leur pays d'origine. Ceci est du domaine du politique auquel je n’ai nul accès. J’aime profondément ces gens qui ont dû montrer un courage exemplaire pour oser s'expatrier, ce qui est toujours un saut dans l'inconnu et un déchirement d’avec ses proches.

Mes chroniques ne sont pas du tout destinées à ces gens respectables (ils n’ont généralement pas internet…) elles serviraient plutôt à semer de petites graines dans la conscience des personnes susceptibles de réfléchir, de repérer les ficelles un peu grosses (mais pas assez) des exploiteurs, des activistes religieux, de soulever le ridicule de leurs arguments, afin que ces ayatollah ne puissent plus être pris au sérieux par des gens normaux. Cependant, ma motivation principale, outre d'instruire et d'aiguiser l'esprit critique serait de fonder les bases d’un vrai humanisme. Cette exigence est la condition essentiel pour que s'institue progressivement un monde plus tolérant, altruiste où le faible ne soit pas sacrifié, ni à des dieux quelconques et encore moins à l'ambition sectaire de quelques illuminés qui brandissent des dieux vengeurs et colériques. N’oubliez pas que « l’homme est la mesure de toute chose ». Mon seul rêve serait de permettre son bonheur.

Chère Martine, j’accepte donc toutes les critiques qui font avancer la réflexion. La vôtre me fait souvenir de la suggestion qu'un internaute avait fait sur ce forum, d’imaginer une « religion idéale ». L'idée m’a semblé sur le moment utopique et même fantaisiste, et je n'y ai guère prêté attention. Cependant votre critique relative aux religieux modérés en quête de communauté, de valeurs morales et de raisons de vivre, me révèle que donner à ces gens un modèle de religion aussi idéale et accessible que possible serait peut-être plus judicieux que de seulement brocarder la foi à laquelle il s’accrochent, faute de mieux. Ils pourraient alors commencer à faire la comparaison entre leur vieille religion dogmatique et archaïque et ce modèle ouvert et humaniste dont le seul objectif serait le bonheur de nos semblables.

J’ai décidé de mettre à contribution quelques uns de mes amis, de belles âmes qui, comme moi s’ennuient au paradis et qui pourraient apporter leur précieux concours pour l’élaboration de cette religion raisonnable et humaine. Je connais, en effet ici, nombre de bouddhistes, juifs, chrétiens, musulmans, animistes, hédonistes, francs-maçons, sans compter les athées. Sans doute beaucoup de gens penseront que ce projet est totalement fou, que tous ceux qui ont essayé ont échoué, ce qui n’est pas faux. La plupart ont recréé des sectes ou des chapelles qui ressemblent à s’y méprendre aux autres parce qu’elles sont toutes tombées dans le piège de Dieu, que je vais prudemment éviter. Pour avoir une chance de réussir, il ne faut évidemment pas entrer en concurrence directe avec les religions ou les idéologies en place. Il est plus astucieux d’aborder le problème à l’envers sans se prendre trop au sérieux. Mais je connais les écueils à éviter, je suis un vieux professionnel, je connais toutes les ficelles. Je ne vous en dis pas plus car les espions du Vatican aimeraient trop faire capoter un si noble projet, et ils ne sont pas les seuls !

Avant de présenter à la face du monde cette religion idéale, il y a encore pas mal de pain sur la planche, mais je ne suis pas pressé : voilà vingt siècles que j’attends. Je vais donc encore m’amuser quelques temps à étudier les grandes questions de ce monde et donner mon avis sur tout et sur rien. Ce faisant, je vais instruire, avec mes amis du paradis, ce beau projet, en donnant la parole à ceux qui le souhaiteront, quitte à m’effacer parfois, surtout quand je ne suis pas tout à fait d’accord avec eux. De la confrontation nait la lumière. Surtout que nous avons là-haut pas mal de génies, de doux dingues, des penseurs hardis, et une quantité infinie de gens déçus qui regrettent de n’avoir pas mieux vécu quand il était encore temps.

D’après ce que vous me dites, vous travaillez dans les télécoms, vous devez donc être une championne d’internet, ce qui pourrait être utile à une diffusion universelle et interplanétaire de notre grandiose entreprise. Vu ce que mon message est devenu, en partant depuis un coin perdu de Palestine et relayé par une bande de marginaux, imaginez ce qu’il pourrait être, propulsé par vos soins !

En espérant être à la hauteur de votre exigence, je vous embrasse.
Jésus

JESUS
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L’humain, animal exagérément prolifique

Message  JESUS le Lun 26 Avr - 17:11

L’humain, animal exagérément prolifique

L’homme a exagérément obéi au commandement croissez et multipliez, au point de coloniser la terre entière. Il me fait penser à ces lapins introduits dans des îles désertes et qui, en l’absence de prédateurs, se sont multipliés jusqu’à ce que leur consommation alimentaire devienne supérieure à ce que pouvait fournir l’île. Alors celle-ci est bientôt devenue un tas de cailloux où le dernier brin d’herbe n’a pas eu le temps de voir mourir le dernier lapin. Sans doute allez-vous encore penser que je blasphème : comparer l’homme, ce sublime aboutissement de la création, cet ange dominateur, à un vulgaire animal principalement destiné à faire des pâtés, c’est incongru !

On aurait tort de penser que les humains ont toujours dominé la terre, avec la supériorité décisive qu’on leur connaît aujourd’hui. De récentes découvertes nous ont appris que les débuts de notre espèce ont été moins spectaculaires qu’on pourrait l’imaginer. Il semble même que Dieu, avant de créer l’homme à son image, ait longuement tergiversé entre les différents primates qu’il a eu la fantaisie d’imaginer. C’est aussi en hésitant qu’il a dû éliminer cet homme de Neandertal dont nous n’avions rien à envier. Celui-ci disposait des mêmes outils que nous, décorait ses grottes, confectionnait des statuettes comme nos ancêtres homo sapiens. Il aurait même été logique qu’il nous survive dans cette Europe au climat glacial qu’il avait colonisé bien avant nous car, étant plus massif, il résistait mieux au froid. Pour se rendre parfaitement compte combien le créateur était irrésolu, il convient de savoir que la branche à laquelle nous appartenons a bien failli disparaître. A une lointaine période notre population tomba même au-dessous du seuil de vingt cinq mille individus qui caractérisent une espèce en voie de disparition. C’est dire si nous revenons de loin, nous aurions tout aussi bien pu rejoindre les millions d’espèces disparues depuis le début de la vie sur notre planète.

Pendant longtemps, nos semblables ne furent pas plus nuisibles que les castors. Jusqu’il y a environ dix mille ans, ils se contentèrent d’être des chasseurs cueilleurs nomades se limitant à prélever un modeste tribut sur la nature environnante. Eparpillés sur des espaces immenses, notre espèce suivait paisiblement les troupeaux de bisons. Tout se mit à changer quand des femmes qui se lassaient de devoir aller toujours plus loin pour cueillir les baies et les fruits qu’elles avaient la charge de collecter, inventèrent l’agriculture. Sans doute la curiosité et le désir de connaissance faisaient déjà partie de leur nature, ce qui leur permit de découvrir que certaines graines fort appréciables se mettaient à germer lorsqu’on les enfouissait dans la terre. Cette découverte fut une révolution sans précédent. Il est d'ailleurs très déconcertant que la genèse biblique n'en fasse aucune mention alors qu'elle se perd en d'interminables bavardages autour de futilités et qu'elle a imaginé cette histoire saugrenue de péché originel sur lequel nous avons déjà donné notre avis. Non seulement le rôle des femmes n'a pas été funeste, mais bien au contraire, il a permis aux populations de l'époque de s'affranchir de leur dépendance alimentaire au milieu naturel en se constituant surplus de nourriture grâce à l'agriculture. Alors que les animaux ont toujours comme principale occupation de trouver leur pitance, les humains purent désormais se consacrer à d'autres activités comme la fabrication d'outils ou à diverses inventions comme celle du langage, des règles de la vie collective où la conception de Dieux destinés à conjurer tout ce qui était menaçant ou incompréhensible.

À cette époque, avec une espérance de vie n'excédant pas vingt quatre ans, les vieillards de quarante ans étaient assez rares. Bien que l'espèce n'eût plus de prédateurs, la mortalité était alors considérable. Les femmes mouraient en couches, les enfants dans le bas âge et les hommes dans d'innombrables petites guerres tribales. Fort heureusement, la population ne s’accrut que très modérément, à la faveur des épidémies, et de tous les maux que les hommes se sont toujours plus à s'infliger les uns les autres. Pendant longtemps la malédiction des lapins confinés dans l'île fut repoussée tant les terres, les mers, plaines et les forêts semblaient immenses et inépuisables.

Cependant, les progrès de l'hygiène et de la médecine aidant, la population mondiale se mit exagérément à croître. Malthus attira sagement l'attention de ses contemporains sur les dangers d'une prolifération de l'espèce humaine au-delà du raisonnable, mais personne ne le prit au sérieux. C'est lorsque l'on dépassa les six milliards d'êtres humains que l'on commença à entrevoir la vraie nature des problèmes à venir. Ce n'est pas tant la nourriture qui va faire défaut, c'est plutôt les nuisances de la pollution provoquée par l’activité intense des hommes qui devient la principal menace : automobile, avions, vaches, usines chimiques, pesticides… Vous êtes au courant, l'homme est victime de son inconséquence. Le tableau n'est aujourd'hui pas très édifiant : les pays riches du Nord pillent les ressources des pays pauvres et mal organisés. L'équilibre économique reste basé sur la croissance qui oblige à toujours produire plus et moins cher, et à créer des besoins nouveaux. C'est la fuite en avant. Des pays comme la Chine, jadis soumis à la corruption de la dictature communiste, passent sous celle d'un capitalisme frénétique que rien ne semble pouvoir arrêter. Pendant ce temps, certains pays doublent encore leur population en quelques décennies en se demandant pourquoi ils ont tant de mal à sortir de leur sous-développement. Quant au pape, il continue benoîtement à criminaliser l’IVG et à réprouver l'usage du préservatif sous prétexte que Dieu voit d'un mauvais œil toute entrave à la vie. L’innocent, il n'a pas bien réfléchi. Que ne condamne-il pas le coït interrompu et même l'abstinence, véritables gâchis, qui contrecarrent tout autant les desseins de Dieu en empêchant la procréation voulue par la nature ? Quant au fameux respect sacro-saint de la vie, allez demander aux poulets de batterie ce qu'ils pensent !

Puis ce que nous sommes entre nous, permettez-moi de vous faire une confidence : Dieu, à la droite duquel je suis assis, ne sait même pas qui est le pape. Qu'on mange du cochon ou des rutabagas, il s'en contrefiche totalement.

Alors moi, Jésus de Nazareth, je vous pose une autre question : à quoi ça sert de faire vivre quelques milliards d'hommes en plus ou en moins ? « Croissez et multipliez » : pour quoi faire ? Pour créer des malheureux, pour éradiquer la nature, pour quel absurde dessein ? Le seul État qui ait manifesté quelque sagesse est le Bhoutan s’est proposé de remplacer le PIB pas le BIB (bonheur intérieur brut). La surpopulation, vous l’aurez compris est stupide et indigne de l’humain ravalé au rang des lapins. Sachez seulement que je n’ai fait qu’effleurer le sujet et je vous propose de vous étonner en allant beaucoup plus loin la prochaine fois.

JESUS
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Lui aussi est prisonnier des lois de la physique

Message  JESUS le Lun 3 Mai - 17:27

Lui aussi est prisonnier des lois immuables de la physique

Depuis la nuit des temps, l’homme regarde vers le ciel pour chercher à décrypter le monde étrange et inhospitalier qui l’entoure. Progressivement il fit des découvertes surprenantes. Il se mit à domestiquer le feu et les animaux, à cultiver les plantes, à fabriquer des outils. Alors d’inventions en découvertes, les connaissances progressèrent et avec elles une certaine compréhension du monde. Bientôt la terre cessa d’être plate, le soleil ne tourna plus autour de la terre, la foudre fut apprivoisée. Pour évaluer les récoltes, et les besoins du commerce on inventa les nombres. Pour mesurer les champs et construire des édifices, on créa la géométrie.
Alors la curiosité des hommes devint insatiable et le savoir progressa sans cesse. D’autant que certains d’entre eux commencèrent à ne plus écouter les discours des chamanes et des prêtres, bien que ceux-ci continuaient à lancer leurs imprécations habituelles, s’accrochant à leurs livres saints et à leurs dogmes. La connaissance, stimulée par l’intelligence et la raison, devint libre et autonome. Alors physiciens, mathématiciens, astronomes se mirent à déchiffer les mystères du monde et à élaborer des théories solides. On traqua l’infiniment petit et l’infiniment grand et la grande surprise fut de constater que l’univers acceptait d’obéir à des règles strictes, à un ordonnancement compréhensible et mesurable. On pouvait même souvent le mettre en équations ! Il y avait des relations précises entre des entités aussi distinctes que l’énergie, la matière ou la vitesse infranchissable de la lumière : E=MC2 !

On a découvert aussi que, non seulement que la terre n’est plus le centre du monde, mais que dans trois milliards d’années, cinq au mieux, elle est condamnée à être grillée par son étoile qui va se mettre a enfler exagérément avant de mourir. Coup dur pour l’espèce à l’image de Dieu qui sera volatilisée. La plupart de ces découvertes posent presqu’autant de problèmes nouveaux qu’elles n’en résolvent, et imposent une autre vision du monde et modifie singulièrement la place présomptueuse que les humains s’étaient octroyé dans la création. Pour autant, croyez-vous que leurs croyances ancestrales en soient radicalement bouleversées ? Non pas. Leurs cerveaux dont ils sont si fiers n’arrivent pas à appréhender toutes ces connaissances surprenantes qui arrivent sans cesse et dont le volume double allègrement tous les dix ans. D’autant que nous nous sommes mis à numériser le monde et que l’inflation des données ne fait rien pour faire évoluer les comportements archaïques. La nature humaine reste inchangée, la plupart de humains restent suffisants, belliqueux, accapareurs et crédules. Le progrès des connaissances n’est intégré que par un petit nombre et ne génère aucune sagesse nouvelle.

Trop nombreux sont ceux qui restent subjugués par l’ignorance et la superstition des religions qui collectionnent toujours des invraisemblances et des miracles anachroniques, imaginés pour convaincre les naïfs d’une quelconque transcendance, caution supposée du divin. Cependant le déchiffrement du monde est déjà suffisant pour révéler, même au plus simples d’esprit, les duperies er le ridicule des révélations de religions qui contredisent les règles de la physique, celle de la cause et des effets ou simplement le bon sens le plus ordinaire.

C’est pourquoi je vous avoue humblement, moi Jésus de Nazareth n’avoir jamais changé l’eau en vin, pas plus que multiplié les pains. Pas plus mon confrère Mahomet n’a été télé transporte avec sa jument sur des distances considérables. Même Dieu serait incapable de telle prouesses car il est, lui aussi prisonnier des lois immuables de la nature que nous avons péniblement commencer à décrypter et qui régissent l’univers entier. Dieu, même s’il le voulait, ne pourrait, comme le disait Don Juan, changer que deux et deux font quatre.

JESUS
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La Franc-Maçonnerie

Message  Jean le Ven 7 Mai - 11:46

Jésus, vous qui avez des lumières en matière de spiritualités, pourriez-vous me dire si la Franc-Maçonnerie est une religion ou une secte. On entend dire que c’est une organisation élitiste, secrète, cultivant le symbolisme et l’humanisme, mais aussi qui utilise le copinage pour s’introduire dans les rouages du pays ? Merci par avance pour une réponse aussi complète que possible.

Jean
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La Franc-Maçonnerie

Message  JESUS le Ven 7 Mai - 13:02

Je serais bien en peine de vous répondre sur cette question. Je ne sais de cette institution rien de plus que ce que connaît tout honnête homme. Cependant comme on peut rencontrer au paradis des âmes d’exception versées dans tous les sujets possibles, et j’ai précisément trouvé celle d’un certain Maurice Justi qui a vécu la Franc-Maçonnerie de l’intérieur et qui a bien voulu vous répondre à ma place. Avant que je lui passe la parole, laissez-moi seulement vous apprendre qu’il ne dira rien de lui-même car il est d’une grande modestie. Sa sagesse et sa sérénité donnent l’étrange impression à ceux qui l’écoutent d’être meilleurs. C'est le genre d'individus dont la disparition est une perte irréparable pour la communauté humaine. Mais, trêve de louanges, je le laisse répondre :

« Lorsque Jésus m’a demandé de dire quelques mots sur la Franc-Maçonnerie, je lui ai répondu simplement que ce n'est qu’une association de gens partageant le fol espoir d'un perfectionnement intellectuel et social de l'homme. Mais comme il a insisté pour que savoir comment cela fonctionne, je lui ai d’abord demandé s'il savait que faire du vélo. Il m'a confié qu'en Palestine, à son époque, les ânes étaient plus fréquents que les vélos et qu’il n’avait pas eu cette expérience. Alors, je lui ai expliqué plus complètement. Si, en effet, on demande à un cycliste ce qui se passe quand il enfourche sa machine, il aura un peu de mal à expliquer comment le travail rotatif du pédalier, transmis par la chaîne et démultiplié par les pignons fait avancer la machine et le producteur de l'énergie propulsive pour créer l'équilibre de l'ensemble grâce au mouvement gyroscopique des roues. Hé bien, la franc-maçonnerie c'est comme le vélo : facile à pédaler, mais difficile à expliquer. Maintenant, si vous voulez vraiment savoir comment ça fonctionne, je peux, sans trahir aucun secret vous en révéler les mécanismes.
Secte ?
Elle peut apparaître comme telle à ceux qui n'en sont pas, mais c'est, en fait, tout le contraire. Dans une secte, il est facile d'entrer, mais difficile d'en sortir. En franc-maçonnerie toute candidature donne lieu à des enquêtes pour juger de la moralité de l'impétrant et apprécier s'il peut trouver ce qu’il y cherche. Les enquêtes sont ensuite soumises à l'assemblée des frères qui poseront au candidat toutes les questions susceptibles d'éclairer leur jugement, enfin ils voteront ou non son admission au moyen de boules noires et blanches garantissant une liberté absolue de choix. Vous voyez combien ce processus laborieux et précautionneux est loin du racolage des sectes et des religions. Quant au maçon souhaitant, pour quelque raison que ce soit, quitter l'obédience, il suffit qu'il le décide, c'est immédiat et personne n'ira jamais le relancer.
Cependant, le sectarisme peut concerner aussi le mode de fonctionnement des institutions. Or, chez nous tout est liberté et respect mutuel. Chaque membre d'une loge, chargé d'une responsabilité nécessaire à son fonctionnement est coopté. Ainsi, du président au portier, en passant par celui chargé de l'instruction des jeunes frères, tous sont élus, en fonction de leurs mérites et de la confiance qu'on leur accorde. Aucun poste n'est définitif, du plus prestigieux au plus humble, tous peuvent être remis en cause chaque année. Le caractère démocratique du fonctionnement des travaux est encore plus intéressant. Lors des échanges et des discussions, chacun a, en effet, le droit de prendre la parole. Elle ne lui est jamais refusée mais il doit préalablement la solliciter. Le résultat est qu'aucun frère ne peut être interrompu par un autre, chacun peut donc que s'exprimer librement devant une assemblée respectueuse et attentive. Les seules limites sont celles que tous s'imposent pour le bon fonctionnement de la loge : courtoisie, nécessité de faire circuler la parole, de refuser toute altercation, d’essayez de toujours élever le débat et d’éviter les sujets relatifs aux croyances personnelles religieuses, politiques, ou morales qui relèvent des seules intimes convictions de chacun. Connaissez-vous d’autres instances, de quelque nature que ce soit, qui fonctionnent n’une manière plus démocratique qu’une loge ? C’est pourquoi nous parlons de « francs-maçons libres dans des loges libres ».
Le sectarisme pourrait aussi venir de la nature des sujets traités en loges s’ils étaient limités par des dogmes ou des interdits comme cela advient dans toutes les religions. Or il n'y a absolument aucune limite et les contraintes sont celles que se choisissent eux-mêmes les frères. Par exemple, lorsque l'un d’eux fait une conférence sur un thème qu'il a choisi et travaillé, les frères s'efforceront de n'intervenir que pour poser des questions sur le sujet choisi ou pour apporter une contribution éclairant le débat. Ici pas de prêches, de sermons, mais une libre parole qui permet aux frères de s'enrichir mutuellement.
Élitisme ?
La franc-maçonnerie est assurément élitiste. Nous l'avons déjà vu par la difficulté de son recrutement et par la qualité souhaitée du travail en loge. Là s’arrête notre élitisme car les loges sont ouvertes à toutes les personnes de bonne volonté, sans distinction de croyances, de positions sociales ou de race. Se rejoignent ainsi des gens différents qui parfois se complètent ou se différencient mais toujours dans l'intérêt général.
Si élitisme il y a, c'est dans le souci permanent des frères à s'améliorer, d'abord en progressant du grade d’apprenti jusqu’à de celui de maître, mais surtout à titre personnel en avançant sur le chemin de la connaissance. Reconnaissons cependant que les maçons sont des hommes ou des femmes ordinaires avec leurs faiblesses, leurs limites et leurs travers. Même ceux qui s'efforcent de bien faire n'y arrivent pas toujours. Nous avons même des brebis galeuses mais sans doute en quantité nettement moindre que dans le monde extérieur. J’ai coutume de dire : « En maçonnerie nous avons aussi des cons, mais la différence, c’est que nous les choisissons ».
Secrète ?
Disons simplement discrète. Il faut reconnaître que les francs-maçons ont parfois dérangé les instances par trop despotiques et sectaires. Lorsqu'on était chassé par les nazis, la discrétion relevait alors de la simple prudence. Beaucoup de frères ne font cependant aucun mystère de leur appartenance à une loge, de la même manière qu’il leur est égal qu’on connaisse les croyances religieuses qu’ils assument. D’autres considèrent que ceci relève de leur sphère privée et que ce ne doit avoir aucun rapport avec leur vie professionnelle ou publique. Ils en sont seuls juges. Le travail en loge se fait entre nous, mais il est fréquent d’inviter des personnalités extérieures dans certaines assemblées ouvertes à tous.
Symbolisme ?
Le symbole est ordinairement utilisé pour suggérer, d’une manière rapide et conventionnelle : un concept, une idée ou une réalité demeurée invisible. En Maçonnerie, des symboles particuliers permettent à ses membres une reconnaissance immédiate des éléments du rituel et de l’environnement. Ils constituent une « signalétique » proche de l’allégorie et de l’emblème, sorte de signe « véhicule » plus ou moins vide ou plein, et qui n’a de sens que par le contenu conventionnel qu’on lui confère. Sa limite est notre capacité d’en avoir une compréhension commune et partageable sans distorsion. C’est là le principal écueil de la « démarche symbolique ». Lorsqu’elle se complexifie, ou si l’on n’a plus un référentiel commun, la communication devient aléatoire. Hors du contexte, une croix peut signifier aussi bien : un instrument de torture romain, un support de corde à linge, l’intersection d’une route ou un emblème religieux.
La charge symbolique d’un discours a pour objectif d’intégrer à celui-ci une signification supplémentaire qui sera perçue par ceux qui le reçoivent. Cependant, la confusion intellectuelle, le manque de culture, de curiosité ou d’originalité, ne seront jamais masqués par la « sauce maçonnique » d’un discours médiocre dans lequel on se sent autorisé à dire tout de n’importe quoi, en abusant d’un vocabulaire se voulant symbolique. Certains de nos frères sont tout émerveillés de trouver, dans les symboles ce que précisément… ils y ont mis. Contrairement à ce qui se dit généralement, le symbole n’est en aucun cas un outil conceptuel. C’est un repère, un raccourci, un outil de communication simple et efficace que les F. M. apprennent en travaillant. Il fait partie de notre environnement familier qui, dès qu’il est intégré par l’ensemble des Maçons, ajoute aux rituels un « plus petit commun dénominateur » de reconnaissance ou de connivence.
Ce n’est pas au nombre des symboles qu’on reconnaît le discours du franc-maçon véritable, mais à sa gentillesse, son élévation de pensée, sa curiosité, son respect pour autrui et sa modestie. Les symboles ne sont que des moyens et en aucun cas une « fin en soi ». C’est comme les adjectifs, il ne faut pas en abuser, ou comme les épices : lorsqu’on a la main trop lourde, ça gâte la sauce.
Leur intégration est comme l’apprentissage de l’alphabet. Après, leur acquisition, le travail du maçon consiste à parfaire ses idées, sa culture, sa personnalité, son esprit critique, son rayonnement, sa capacité d’écouter, de comprendre et de transmettre.
Pour nous, le rôle essentiel du symbole est d’alimenter nos rituels. Ceux-ci constituent, à leur tour, une mise en scène propice à nous placer dans des conditions favorables, loin des soucis de la vie matérielle, pour réfléchir, échanger, et partager nos connaissances et nos valeurs communes. Alors seulement commence le travail qui est notre raison d’être et sans lequel nos tenues ne seraient que d’aimables et un tantinet ridicules mascarades.
Copinage ?
Le copinage existe dans toutes les organisations ou l’altruisme, le partage et la générosité sont mis à l'honneur. Il s'agit en fait d'une entraide d'autant plus facile à mettre en œuvre qu'elle a lieu dans un climat de confiance entre des personnes partageant des mêmes valeurs humanistes.
Y a-t-il parfois des abus ? Sans doute, mais leurs auteurs n'agissent pas en qualité de maçons mais simplement en qualité de personnes malhonnêtes comme on n'en trouve partout où peuvent s'établir des passe-droits, de la corruption ou des luttes d'influence. Sachez que lorsqu'on découvre des « brebis galeuses », elles sont immédiatement radiées et exclues de toute obédience. Les « réseaux maçonniques » n'existent ni plus ni moins que ceux des anciens élèves de Polytechnique, des Corses où des organisations politiques ou religieuses. Cependant la rumeur de tels réseaux fait toujours recette dans la presse parce que ça sent un peu le souffre, pensez donc : des gens qui se réunissent en secret ont forcément quelque chose à cacher ! Le grand public ne s'en lasse d'ailleurs pas puisque chaque année les revues populaires lui redonnent les mêmes « marronniers ». La puissance occulte et la « théorie du complot » ça fonctionne toujours.
S’introduire dans les rouages du pays ?
Il y a effectivement quelques frères dans les rouages du pays, ce qui est logique puisqu'ils peuvent travailler où bon leur semble. Ils seront ainsi fonctionnaires, hommes politiques, juristes, ou membres de la police ou de l'armée. Ceci est parfaitement normal puisque tous ceux qui le souhaitent peuvent frapper à la porte de la franc-maçonnerie. Mais il y a encore plus d'ingénieurs, architectes, de commerçants ou de représentants de toutes les professions imaginables sans compter les chômeurs et les retraités. Penser que la franc-maçonnerie gouverne en coulisses et manipule le monde de la finance ou de l'entreprise relève du pur fantasme. Le seul commencement de réalité pourrait concerner leur modeste influence dans les lois sociales ou à visée humaniste. Reconnaissons malheureusement que l’efficacité des maçons pour constituer des groupes de pression est des plus médiocre. Si l’on voit parfois une personnalité charismatique soutenir une innovation sociale ou progressiste, son initiative ne résulte pas d’une hypothétique collusion maçonnique mais de la seule conviction de l’intéressé ou de sa force de caractère. Pour un franc-maçon visible sur le devant de la scène médiatique, combien y en a-t-il qui œuvre modestement dans leur petit cercle familial, professionnel ou dans la cité et dont personne ne pourrait même deviner qu’ils sont maçons ou simplement des gens généreux et tolérants.
La franc-maçonnerie a-t-elle une vocation humaniste ?
Oui et c'est sa seule raison d'être. Pourtant il serait difficile de parler de la franc-maçonnerie comme une entité globale visant un même but. Il y a, en effet, de très nombreuses obédiences, en France et de par le monde. Elles fonctionnent avec des traditions très diverses. Certaines comme chez les Anglais, travaillent à la gloire du Dieu de la bible, d’autres à celle du « grand architecte » de l'univers, d'autres enfin simplement à la gloire de l'humain. Certaines obédiences accordent aux rituels et au symbolisme une place prépondérante. D'autres ne s'en servent que comme des moyens favorisant la réflexion et le travail commun. Cependant, au-delà de leur folklores et de leurs divergences toutes prônent : la tolérance, le respect d'autrui, l'altruisme et la recherche de la connaissance. Toutes œuvrent avec plus ou moins de bonheur à rendre notre monde meilleur. Sans doute s'agit-il d'actions modestes, souvent insignifiantes mais ce sont elles qui concourent à promouvoir des valeurs morales humanistes qui nous permettent de rêver à une société plus équitable et pacifique où l'on puisse mieux vivre ensemble».

Voilà, je crois que mon ami Maurice a largement répondu à vos questions.

Bien que moi, Jésus de Nazareth, je n’aie aucune compétence dans le domaine, je me permettrais d’ajouter qu’on trouve du symbole dans tous les discours politiques ou religieux, et même dans le monde de la publicité. Par exemple s’agissant d’un fromage bien connu qui s’illustre par la devise : « du pain, du vin, du Boursin ». Le pain est le symbole de la nourriture par excellence, le vin celui de la boisson festive, et dans vos pays chrétiens, l’association du pain et du vin en amène un troisième : devinez qui ?
Jésus qui vous aime toujours

JESUS
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D’Epicure à Malthus

Message  JESUS le Dim 9 Mai - 17:24

« L’orgueil, l’envie, et la cupidité sont les trois étincelles qui enflamment le cœur de l’homme » Dante - L’Enfer.

J'ai déjà longuement évoqué la déraison de nos semblables face aux superstitions et aux religions. Je n’ai, en revanche, jamais évoqué leur déraison face à l'apocalypse écologique qui s'annonce. Je vois déjà votre surprise : Jésus serait-il aussi un prophète en matière d'économie politique ? Non, rassurez-vous, je ne sais rien d'autre que ce que tout le monde peut savoir en allumant sa télé. J'ajoute simplement un peu de bon sens et un souci de l'humain que les économistes négligent. En règle générale, les hommes aspirent individuellement à être le plus heureux possible. Pour ce faire, ils recherchent tous les moyens pour répondre à leurs besoins, en particulier ceux assurant leur subsistance, leur sécurité et leurs loisirs. On observe cependant un paradoxe étrange : on n'est pas plus heureux dans les sociétés occidentales les plus opulentes que dans les sociétés primitives dont le niveau de vie est incomparablement inférieur. La richesse des sociétés semble donc avoir fort peu d’influence sur le bonheur de ceux qui la composent. De plus, au sein d'un même pays, par exemple la France, les gens d’aujourd'hui, bien que largement plus riches, ne se déclarent pas plus heureux que ceux qui les ont précédés un siècle plus tôt. On ne peut certes nier l'apport des progrès techniques permettant de répondre plus largement et à un moindre coût à nos besoins primaires aussi de santé ou de loisirs. Ils devraient théoriquement rendre la vie plus facile, plus belle et donc plus heureuse, or il n'en est rien. La réponse à ce paradoxe c'est que des besoins nouveaux sont sans cesse créés. Ils touchent par exemple : l'automobile, la mode vestimentaire, l'audiovisuel et l’infinie variété des gadgets électroniques, le confort domestique ou les distractions. Satisfaire ces besoins procure certes un plaisir, mais souvent éphémère, qui pousse à consommer de nouveau, y compris des choses dont on n’a aucun réel besoin mais qui nous font envie. Si l'on ne peut satisfaire des désirs, nous sommes alors exagérément frustrés.

L'important, pour le commun des mortels, n’est souvent pas de posséder ce dont on a strictement besoin, c'est surtout d'avoir un peu plus que son voisin. On est flatté de jouir d’une plus belle voiture, d’une plus belle femme, d’une carrière prestigieuse ou de tout ce qui peut susciter la convoitise. Hélas, les voitures se démodent, les femmes vieillissent et les carrières sont souvent décevantes. Aussi cherchons-nous encore et toujours d’autres signes apparents de réussite dans une course inconsciente à la consommation de biens qui finissent par être aussi éphémères qu’illusoires. Or ces besoins non naturels et non nécessaires sont suscités par des entreprises qui cherchent uniquement à vendre de plus en plus de produits ou de services pour créer des profits. En avec une ingéniosité admirable, ces entreprises transforment les gens ordinaires en consommateurs boulimiques avec des armes assez imparables comme celles du marketing ou de la publicité utilisant : la séduction, la manipulation ou le bourrage de crâne. Ces entreprises étant en concurrence, elles ont besoin de vendre toujours davantage, ce qui génère globalement la croissance économique nécessaire à alimenter l'économie des pays et l'emploi des salariés, mais qui devient dramatiquement insupportable à terme par la planète. Tant que les pays sous-développés stagnaient dans leur misère, les nantis pouvaient continuer leur course effrénée à la production et au gaspillage. Or voilà que les Chinois et les Indiens se mettent à vouloir produire et consommer comme les occidentaux, avec au bout du chemin une catastrophe écologique insurmontable. Sur cette lancée, il nous faudrait plusieurs planètes… mais nous n’en avons qu’une ! Ce que Malthus (dont les beaux esprits se sont moqués) avait imaginé est en train d'arriver mais d'une autre manière, plus pernicieuse. Ce n'est pas l'insuffisance alimentaire qui mettra en péril l'humanité, mais le saccage écologique de la terre, ce qui est encore pire car, si la population humaine peut se reproduire aisément, une planète dévastée ne peut elle, se régénérer.

Que font les grandiloquents responsables politiques où les fiers industriels devant une telle menace ? Pas encore grand-chose : ils n'en sont pour l'instant qu'à la lente prise de conscience. Les premiers sont trop occupés à se faire élire et les seconds à gagner de l’argent. Les patrons des organismes financiers qui gouvernent le monde s’en contrefichent. Leurs seules motivations sont le pouvoir et la cupidité. Les entreprises se contentent de respecter a minima la réglementation antipollution (quand elle existe). Le système de production capitaliste de type occidental s'est désormais généralisé à toute la planète. C'est un système qui fonctionne remarquablement bien car son carburant est l'intérêt personnel, source inépuisable d'initiative et d'émulation. Il a été un indéniable facteur d'enrichissement et de progrès économique, du moins tant qu'on pouvait puiser impunément dans les richesses naturelles et polluer modérément l'environnement. Hélas la croissance économique qui était une bénédiction pour ceux qui en profitaient va devenir globalement une malédiction si elle n'est pas contrôlée. Le drame, ce que chaque acteur économique, chaque pays, sauf les plus démunis, est partie prenante dans cette fuite en avant et que tous veulent prendre la plus grosse part possible du gâteau… tant qu'il y aura du gâteau. Or on commence à s’apercevoir que celui-ci s’est déjà considérablement rabougri avec l’épuisement prévisible du pétrole, la déforestation, les problèmes insurmontables de l'eau douce, sans compter les diverses pollutions et le réchauffement climatique dont il faudra payer le prix un jour ou l’autre. Les humains, par leur inconséquence d'apprentis sorciers risquent de transformer ce qui aurait pu être un paradis en enfer. Tant que nous partagions l’abondance, tout allait bien, si nous devons partager la pénurie, tout ira moins bien.

Mais, me direz-vous : « à quoi servent ces exhortations ? Pourquoi, Jésus, te lamenterais-tu sur le devenir des hommes ? As-tu une solution miracle à proposer, toi qui est confortablement installé au paradis ? ». Moi, modeste prophète, j’avoue que non. C’est pourquoi je me suis limité ici à vous rappeler les données parfaitement connues du problème, car si solution il y a, elle existe depuis plus de vingt trois siècles, bien qu’elle ait été dénaturée et quasiment effacées par la chrétienté et l’islam triomphants auxquels elle portait ombrage. Elle n’a aucun besoin d’économie en croissance, de dieux, de dogmes, d’obéissance ou de superstitions. Elle fut une révélation pour moi lorsque je la découvris dans ma jeunesse auprès d’un érudit (voir les épisodes précédents). C’est elle qui me permit de dépasser ma condition de juif prisonnier des dogmes et des superstitions de mon époque pour m’intéresser passionnément à l’humain. Sans vous faire languir davantage, je vous je révélerai que l'auteur de cette solution miracle a pour nom Épicure.

J’en ai déjà trop dit pour aujourd’hui… je me réserve pour plus tard le plaisir de vous expliquer la lumineuse découverte d'Épicure, l’un des premiers à comprendre comment le paradoxal fonctionnement des humains entraîne ceux-ci dans une impossible course pour satisfaire si inconsidérément d’éphémères désirs non naturels et non nécessaires dont ils ne retirent que frustration. En croyant faire son bonheur, l'homme s'oblige à consommer et à posséder tant et plus. Il devient l’otage d’une machine économique mondialisée qui le dépasse et dont il ne sait plus comment maîtriser la croissance ravageuse. L’homme découvre qu’il n’y a pas cette « main invisible » selon le mot d’Adam Smith qui harmoniserait naturellement le monde économique. Ayant privilégié l’avoir et négligé l’être, l’humain a oublié que ce qui détermine le bonheur ce n’est pas la consommation exacerbée, mais la satisfaction raisonnée de ses besoins dont les plus importants sont : l’épanouissement familial, l’amitié, la connaissance, la sécurité, la tolérance, le respect mutuel, la culture, le lien social… qui consomment peu d’énergie, ne polluent pas et fondent intégralement une civilisation harmonieuse.

Si vous êtes sages, Epicure vous dira bientôt comment chacun peut essayer de simplifier sa vie autour de ce qui est essentiel…

JESUS
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Pauvre bible

Message  JESUS le Dim 16 Mai - 10:34

Le regard que l’on porte généralement sur la bible n’est pas objectif. S’agissant d’un livre réputé sacré, notre jugement n’est pas libre de préjugés ou pour le moins de scrupules. Certains pensent qu’il serait d’inspiration divine en oubliant qu’il est constitué par un recueil hétéroclite de textes différents tant par les sujets évoqués, que par le style ou la motivation des rédacteurs successifs. On peut supposer que ces textes transmis oralement se sont adjoints les uns aux autres pour être enseignés à des fidèles illettrés. Je n’entrerai pas dans les détails des différentes successions des livres, versions, préférentiellement adoptées par les uns ou les autres et traduites de nombreuses langues. Si je n’entre pas dans ces détails, c’est que des spécialistes ont usé leurs yeux pour essayer de retrouver la trace des évolutions et influences successives, et de mille détails qui ne présentent pour vous comme pour moi qu’un médiocre intérêt. Moi Jésus, j’ai d’ailleurs l’habitude d’aller à l’essentiel sans me perdre dans les détails car chacun sait que « le diable est dans les détails », et celui-là plus on l’évite et mieux on se porte.

Il serait intéressant de prendre du recul, et de tenter d’analyser ces textes hors de leur contexte religieux, comme on pourrait le faire d’un quelconque texte littéraire ou philosophique. Peu l’ont fait, même parmi les exégètes, les historiens ou les linguistes qui ont cependant mis à jour des paradoxes troublants, des anomalies, des incongruités qui permettent une nouvelle lecture érudite et critique du texte.

Les versions écrites commencèrent à se figer surtout à partir de la traduction grecque dite de la Septante. La légende veut que 72 érudits aient été chargés de traduire séparément l'intégralité du texte, et qu’au moment de comparer leurs travaux, ils se sont aperçus avec émerveillement que les 72 traductions étaient identiques. C’était bien sûr à une époque où le calcul des probabilités était encore assez balbutiant pour que personne ne s’étonne d’une telle coïncidence.

L’objectif de ces textes était donc d’affirmer l’existence de Dieu, d’en apporter témoignage, de relater sa puissance, et de faire en sorte que les hommes le craignent et le vénèrent. Ils donnent aux prêtres la matière pour construire une liturgie et édifier des dogmes religieux dont ils constituent la justification historique et symbolique.
Enfin le texte donne les rudiments d’une morale comme celle exprimée dans les dix commandements de Moïse.

Le problème c’est que malheureusement dès qu’il fut imprimé, il se figea dans une forme devenue aujourd’hui désuète caractérisée par un style particulier répétitif, des paraboles, des phrases aux significations incertaines, et malgré les traductions successives ses formules « sémitiques » subsistent. Nos amis musulmans ont le même problème avec leur coran transmis sous la dictée divine par Muhammad (Paix et Bénédiction d'Allah soient sur lui), dont le contenu, malgré l’indulgence extrême des bons croyants devient singulièrement inadapté. Le problème, c’est que, quand des textes sont sacrés, il devient impossible de les dépoussiérer. Malgré la prétention qu’ils ont d’être universels, ils finissent par vieillir. Ceci est d’ailleurs une preuve exemplaire qu’ils sont l’œuvre exclusive des humains. S’ils étaient divins, en effet, il serait aberrant que Dieu, avec les moyens puissants dont il dispose n’ait pas jugé utile de les remettre à jour. C’est un peu comme un richissime propriétaire qui, ayant construit une superbe demeure, serait assez négligeant pour la laisserait tomber en ruine. Il est évident qu’un texte composé il y a plusieurs milliers d’années est devenu anachronique. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure pour le Nouveau Testament et pour le Coran. Certains passages qui se réfèrent aux coutumes particulières de bédouins polygames et illettrés peuvent aujourd’hui nous surprendre. Ce qui concerne intrinsèquement le comportement humain est inchangé depuis des millénaires : amour, violence, cupidité, peur... ce qui donne à la bible un aspect intemporel. La seule valeur des ouvrages sacrés vient de la « photographie » qu’ils donnent d’une époque et de la manière dont ils illustrent l’humaine condition avec ses contradictions, ses mythes et ses folies.

Heureusement que ces textes ont été sacralisés… sinon on serait bien embarrassé pour admettre les invraisemblances et les absurdités qu’ils renferment, dont Satan et les anges constituent les meilleurs exemples, sans parler des miracles…

Satan, qualifié aussi de Malin apparaît dans la bible à chaque fois qu’on a besoin de lui. On ne sait pas quelle est sa relation exacte avec dieu. Il ne semble pas y avoir entre eux de rivalité féroce, mais plutôt une cordiale cohabitation. L’histoire de Job l’illustre bien :
« JOB 1 :
Or les fils de Dieu virent un jour se présenter devant l’Eternel, et Satan vint aussi au milieu d’eux. L’Eternel dit à Satan d’où viens tu? Et Satan répondit à l’Eternel : De parcourir la terre et de m’y promener.
L’Eternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’y a personne comme lui sur terre; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal. »
Dieu fera ici une sorte de pari avec Satan pour lui prouver que Job n’agit pas ainsi par obligation matérielle mais par pur amour divin, il abandonnera Job à Satan qui lui fera subir des souffrances atroces et durables. Heureusement Dieu, satisfait de la résistance au malheur de Job le fera vivre riche de nouveau encore cent quarante ans.

D’où vient le diable ? Pourquoi est-il toléré par Dieu qui est par définition tout puissant ? Quel besoin a-t-il de pactiser avec le diable et de jouer avec lui sur le dos de ce pauvre Job ? La présence du diable est très embarrassante car Dieu étant réputé unique, Dieu et Diable ne peuvent être que les deux aspects d’un même être.

Je ne vous parlerai pas des anges, car avec eux, on atteint avec eux au sublime… Personne n’ose d’ailleurs plus en parler avec sérieux, leur intérêt n’est plus que d’ordre poétique ou symbolique. Ils posent cependant un problème gravissime : leur inexistence ruine la crédibilité de tous les prophètes qui affirment avoir été inspirés par les discours des anges… si l’archange Gabriel est une pure fantaisie, alors que devient ce qu’il a, en personne, si aimablement dicté à Mahomet ?

Heureusement les gens qui ont la foi sont indulgents, crédules et superstitieux. Aucun des paradoxes, des mensonges ou des loufoqueries qu’ils remarqueraient dans la vie profane ne les rebutent lorsqu’il s’agit de religion. Sinon il y a longtemps que la bible, autant que le coran, ne feraient guère plus recette que le « Livre des Morts » des anciens égyptiens.

Si ces textes étaient vraiment d’inspiration divine, et si, par bonheur ce Dieu qui nous ressemble trop existait, il est probable que le tout puissant en aurait depuis longtemps, mis sur internet une version auto adaptative intégrant des mises à jour automatiques, comme sur n’importe quel logiciel du marché. On imagine alors les admirables échanges entre les fidèles : « Tu es à jour dans tes prières ? Moi je prie en version 5.2 ».

JESUS
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c'est le sacré qui donne à la bible sa valeur

Message  Jacques le Sam 29 Mai - 19:45

Je suis d'accord avec vous. Ce qui donne de la valeur à la bible c'est que c'est un livre sacré. Il l'est pour ceux qui croient qu'il est d'inspiration divine, pour ceux qui le considère comme un témoignage historique, mais aussi pour ceux qui ne l'ont jamais lu mais qui considèrent que, puisqu'il est important pour certaines personnes, il faut le respecter comme une œuvre culturelle.
Il faut reconnaître que, au XXI è siècle cet ouvrage a pris un coup de vieux. Mais personne ne peut mettre à jour la bible, pas plus que le nouveau testament ou le coran. Ces ouvrages sont irrémédiablement datés. Ils correspondent à une époque révolue à laquelle tout ce qu'ils contenaient pouvant être crédible. Aujourd'hui, il y a encore des gens pour pense que tout ce qui est écrit est vrai. Les créationnistes par exemple... ce sont des attardés mentaux qui essaient de justifier les "Écritures Saintes" avec des arguments qui font pitié.
Jésus certaines de vos chroniques sont très intéressantes, ça fait dix jours que vous n'avez rien mis. Pourquoi ?

J'aimerais que nous nous parliez un peu plus de votre message d'amour, car il ma semble un peu confus. Amour est un mot "valise", on y met ce que l'on veut.
Pire... c'est parfois une maladie qui se prend pour son propre remède.

Chacun sait que les grecs faisaient justement un distingo entre :
- Eros : l’amour qui prend et qui consomme (plaisir sensuel, sexe)
- Philia : l’amour qui partage (joie prise à l’existence de l’autre, générosité)
- Agapé : l’amour désintéressé (celui qu’on porte à nos enfants, charité)

Comment pouvez-vous aimer des gens que vous ne connaissez pas? Merci par avance de nous expliquer.

Jacques

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Empathie…

Message  JESUS le Mer 2 Juin - 13:44

Mon cher Jacques, même au paradis, il arrive qu'on fatigue... de plus je suis en train de réfléchir à cette religion idéale que l'on m'a demandé de proposer, ça va me prendre encore quelques semaines. Les hommes sont tellement lourds, il faut prendre tant de précautions, et s'astreindre à une telle pédagogie... il n'est même pas sûr qu'on puisse leur proposer un projet crédible. Peut-être faudra-t-il encore quelques milliers d'années pour que votre drôle d'engeance s'humanise tout à fait.
En attendant, pour vous faire plaisir, je vous ai mis quelque chose sur un sentiment qui me semble primordial : l'empathie. Pour ce qui concerne l'amour, il vous faudra attendre encore un peu... voici déjà la suite


Parfois tout semble incroyablement compliqué, opaque et désolant quand on voit les humains si souvent affairés à se nuire. Ce qui caractérise le mieux leur comportement général c'est l’accaparement, la compétition et la cupidité des prédateurs et autres petits profiteurs. Épicure se retournerait dans sa tombe en voyant le règne absolu et omniprésent de la satisfaction déraisonnable il désignait par « désirs non naturels et non nécessaires ». Désirs suscités par la publicité, la mode, et tous les pièges à consommer qui étourdissent et séduisent des populations de plus en plus abruties de passer près de quatre heures par jour devant la télé.

Il y a pourtant chez nos semblables un sentiment qui nous permet de ne pas sombrer dans le plus complet désespoir et qui nous distingue des animaux. Ce sentiment, moi, Jésus de Nazareth, je l'ai infiniment éprouvé. Il est l'explication de ma vocation : c'est l'empathie. Il consiste à se mettre à la place d'autrui pour imaginer ce que l'autre ressent. Il est à la base de la compassion qui est l'une des plus nobles attitudes du genre humain. Elle a guidé mes pas sur les routes de Palestine, déterminé mes actes, et m'a fait périr sur un infâme instrument de torture qui, aujourd'hui encore, orne symboliquement les églises. Symbole malheureux mais dont l’intention est de provoquer l’empathie des croyants pour les affres du supplicié que je fus. Les plus délicats pourraient cependant regretter qu’il faille ainsi exposer le lugubre spectacle d’un corps martyrisé pour provoquer quelque émotion. Je me demande même sincèrement si un jour, des croyants charitables auront le courage de me décrocher de ma croix ?

Ce n'est que depuis que j’ai commencé à réfléchir calmement au fonctionnement des humains, que j'ai découvert le rôle primordial de l'empathie, son apprentissage et ses limites. Pendant longtemps certains se sont demandés si l'homme était naturellement bon ou méchant et si la société où l'éducation sont susceptibles de l'améliorer ou de le pervertir. Personne n'a cependant pu trouver de conclusion définitive, tout au plus a-t-on pu mettre en évidence que plus il y a d'empathie dans les rapports humains et plus sont suscités les sentiments de bienveillance et de respect. Lorsqu'on essaie de se mettre à la place de l'autre, on arrive à percevoir s'il est malheureux, s'il souffre ou s’il a peur. Alors seulement peuvent se développer la compréhension et la compassion.

On s'est aperçu que l’empathie s’apprend d'abord par mimétisme, et se cultive par la réflexion. C'est évidemment dans la famille que l'enfant apprendra la douceur, la gentillesse, l'entraide et la considération pour autrui. Ces comportements s’acquièrent comme on intègre naturellement un langage. En grandissant et en se confrontant au monde extérieur, l'enfant découvrira les limites de l'empathie que constituent l’indifférence, la soumission, l’égoïsme ou la méchanceté. Le petit enfant qui grandit dans une famille où règnent la stricte obéissance à des dogmes, la terreur du péché, le mépris des femmes et l’ignorance, a peu de chances de développer la douceur, la compréhension et l’ouverture d’esprit. Il constate que les individus sont tous en concurrence. Chacun essaie d’obtenir davantage de la société et de l’environnement limité dans lequel on se trouve. Plus tard, il comprendra aussi que, pour que la compétition reste vivable, la société a établi des règles dont la principale est fondée sur la réciprocité. Il s’ensuit la règle morale la plus fondamentale : « ne fait pas aux autres le mal que tu ne voudrais pas qu’on fasse ».

Si la société est coercitive et procède d’une dictature religieuse ou politique, elle se limitera strictement à faire respecter les interdictions stipulées dans ses dogmes. Si au contraire, elle favorise la réflexion et l’altruisme, la réciprocité engendrera une règle plus positive qui pourrait être : « fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’on te fasse ». De cette morale altruiste on peut induire d’autres principes comme : « plus on donne, plus on reçoit ». Mais, lecteur… je vois déjà votre réaction, vous allez me dire : « Jésus, tu es un doux rêveur, avec de tels principes, tu vas te faire tondre la laine sur le dos ! Tu oublies que l’homme est toujours un loup pour l’homme ». Mais non, lecteur adoré. Bien que je sois surtout guidé par l’empathie, je n’en suis pas aveugle pour autant et j’en connais les limites : « on peut être bon sens être con ». Ne vous ai-je pas parlé plus haut de réciprocité ? Car s’il faut encourager ceux qui « jouent le jeu », acceptent et favorisent la réciprocité, autant il faut combattre les tricheurs, les accapareurs, les profiteurs, les petits voyous et autres arnaqueurs en tous genres. Toute relation sociale implique un « contrat d’échange » formulé par des règles et des usages, mais qui peut le plus souvent n’être qu’implicite. Ainsi, l’enfant respectera ses parents ou ses maîtres, l’adulte aura des égards pour les gens âgés ou faibles, personne ne pourra s’arroger le droit de nuire aux autres, etc. Ceux qui contreviennent délibérément à ce contrat moral doivent être combattus car on ne peut contracter avec des délinquants ou des gens qui, délibérément, veulent vous nuire ou vous spolier. A ce propos, la formule qu’on m’a attribuée de « tendre l’autre joue » est stupide, je la déconseille vivement car c’est le plus sûr moyen de se faire massacrer. Ce que je dis en revanche, c’est que s’il ne faut jamais être celui qui donne la claque, il n’est pas interdit de se mettre en situation de ne jamais en recevoir. Ceux qui ont transformé mon message de non-belligérance et d’amour en dogme de soumission avaient une arrière-pensée. Ne voulaient-ils pas justifier l’exploitation des plus crédules et des plus faibles par une hiérarchie religieuse qui s’est toujours entendue avec les dominants de toutes les époques ?

Il faut, en effet, savoir qu’il y a des gens qui ne ressentent aucune empathie. Soit parce qu’ils ne l’ont pas apprise, soit parce qu’ils sont incapables de la percevoir. Ceux-là sont enfermés dans une sorte d’autisme le rendant insensibles à tout sentiment pour autrui. Seuls comptent leurs plaisirs, leur réussite et leur égo. Les régimes totalitaires savent bien recruter ce genre de psychopathes, de monstres d’inhumanité ou de fanatiques. Cependant, même chez les gens normaux susceptibles d’empathie, celle-ci connaît bien des limites car nous sommes habitués à cacher nos émotions pour ne pas passer pour des individus faibles. Les hommes, en particulier, sont tenus d’afficher une attitude « virile » qui prône le courage, la détermination et l’indifférence. Les femmes, qui n’ont pas à jouer ce rôle « machiste », sont naturellement plus enclines à l’empathie. Dans les pays civilisés, avec une « intelligence du cœur » qui les rend très supérieurs aux hommes, elles font merveille pour aider l’humanité à avancer sur la voie de l’entente cordiale.

Sans doute, sommes-nous plongés, dès notre plus tendre enfance, dans une interminable compétition : scolaire, économique, sociale, sportive ou sexuelle. Elle nous durcit et favorise l’individualisme et l’agressivité. Elle contraint l’homme à être un loup pour l’homme. L’humanité est-elle obligée d’investir mille milliards de dollars en armements, chiffre surréaliste et absurde qui suffirait, à lui tout seul, à permettre de vaincre l’essentielle de la misère du monde ? Au lieu de quoi les pays les plus riches ont constitué des stocks d’armes si monstrueux qu’il devient impossible de les utiliser et les pays les plus pauvres et attardés continuent à s’entre-tuer dans des guérillas plus ou moins tribales ou religieuses. Il est paradoxal de constater que ce sont l’équilibre de la terreur et la menace de destruction nucléaire massive qui ont conditionné la paix en cette fin de siècle. L’humanité a encore du chemin à faire pour s’humaniser vraiment…

Pour autant, il y a quelques lueurs d’espoir. N’est-il pas réconfortant que les messages prônant la plus haute empathie, comme ceux de Gandhi, de Martin Luther King de Nelson Mandela, de moi-même, Jésus et de bien d‘autres hommes de bonne volonté, aient pu être aussi efficaces… à un si moindre coût ?

JESUS
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attendre quelques milliers d'années

Message  Jacques le Mer 23 Juin - 13:44

Cher Jésus, attendre quelques milliers d'années, ça me semble un peu long, beaucoup risquent de manquer de patience. Quant à ce que l'humanité s'humanise, c'est vrai que c'est pas gagné, il y a encore du chemin à faire...
En ce qui concerne la religion idéale, vous n'êtes pas obligé de mettre la barre trop haut. Quand on voir de ce que certains se satisfont, on pourrait ne pas être trop exigeant, la plupart de croyant acceptent n'importe quoi, pourvu qu'on leur promette le paradis ou quelque chose de consolant.


Dernière édition par Jacques le Mar 28 Sep - 11:48, édité 1 fois

Jacques

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Le catholicisme dans l'Espagne franquiste

Message  François le Mer 30 Juin - 12:33



Le catholicisme dans l'Espagne franquiste

En 1936 la jeune république espagnole est agressée par l'armée avec le général Franco à sa tête. Très vite la hiérarchie catholique espagnole reconnaît là son "Sauveur", chef de file d'une nouvelle croisade. Cette rébellion militaire est une aubaine pour les milieux catholiques conservateurs qui voient dans Franco un rempart contre les républicains. Après des siècles de domination chrétienne, le matérialisme athée, les destructions d'églises et arrestations de prêtres par diverses milices républicaines rappelaient aux catholiques l'existence d'une opposition à tout despotisme mystique.
Le soutien officiel de l'appareil catholique espagnol à la barbarie fasciste est apporté par «la lettre collective des évêques espagnols» du 1er juillet 1937 qui ainsi conférait une légitimité religieuse au mouvement militaire mais la sensibilité catholique était déjà présente dans des organisations franquistes comme la Phalange. Désespérée par six ans d'une démocratie néophyte, l'Eglise pouvait enfin libérer ses pulsions autoritaires (voir la hiérarchie catholique quand elle donne le salut fasciste à Saint Jacques de Compostelle en 1937, et sur la participation du clergé à l'action militaire des franquistes).
On aurait tort de laisser le clergé espagnol seul responsable de cette prise de position, le Vatican, d'abord prudent, ne cachera pas son appui à Franco. Le pape Pie XII déclare en effet le 16 avril 1939, une fois la victoire de la bête immonde acquise, que l'Espagne franquiste est «la patrie élue de Dieu». Une célébration religieuse à Rome saluera d'ailleurs cette victoire. Le combat franquiste fut entièrement identifié par les catholiques à une croisade des temps modernes où le républicain avait remplacé le «sauvage» et l'épée s'était effacée devant le char d'assaut. Les références nostalgiques à cette époque ne manquaient pas et Franco apparaissait comme le véritable sauveur. La fin du conflit donna lieu à une cérémonie religieuse solennelle avec le caudillo pour héros, valeur hautement symbolique pour une religion de la guerre et de la conquête.

La guerre terminée, la rechristianisation de l'Espagne se réalisait sans obstacle: l'enseignement est confié quasi exclusivement aux religieux avec catéchisme obligatoire accompagné d'une réintroduction de signes ostentatoires chrétiens dans les salles de classe (crucifix, images pieuses ...). Une police de la pensée se substituait au système éducatif. Deux décennies après la fin de la guerre civile, le confort de l'Eglise restait intact, des membres de l'Opus Dei entraient au gouvernement en 1957 et le 25ème anniversaire de la prise du pouvoir confirmait le dictateur dans son rôle de «défenseur de l'Eglise et chevalier du Christ».



François
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Tout n'est pas rose

Message  Josie le Lun 12 Juil - 16:54

Oui François, il y a de épisodes pas très jolis dans l'histoire, même assez récente. Heureusement les gens ont la mémoire courte sans ça ce ne serait que vengeance ininterrompue.
Heureusement, il y l'oubli et le pardon. Bien sûr il est parfois difficile de recevoir des leçons de morale de la part de ceux qui ont trempé dans ces affaires pas très glorieuses.
Les crimes et la bêtise sont inhérents à l'humain ...

Mais où en est notre Jésus ?

Josie
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Partager le jardin Épicure

Message  JESUS CHRIST le Mar 13 Juil - 20:15

On cite souvent mon message d’amour et de compassion comme révolutionnaire pour mon époque, encore dominée par la loi du talion et une religion sévère. Cependant, moi Jésus de Nazareth, je suis bien placé pour reconnaître que, trois siècles et demi avant ma venue un grec nommé Epicure, mit au point une philosophie si lucide et astucieuse, qu'elle constitua vraiment une découverte qui mérite bien davantage d'être qualifiée de révolutionnaire. Mon "message" ne fut qu'intuitif et si j'ai enjoint mes semblables à s'aimer les uns les autres, sous le regard de Dieu, c'était en espérant que les rapports pacifiés entre les humains apporteraient naturellement une paisible fraternité. La suite des événements ne m'a guère donné raison et je ne suis pas très fier des religions dont je fus malgré moi l'inspirateur.

Epicure, lui, est allé beaucoup plus loin. Il n'a imposé aucune croyance, aucun dogme, aucune obligation. Il n'a pas eu besoin à postuler des dieux, une âme ou à se raccrocher à des livres sacrés. L'unique matière de sa réflexion fut l'humain et sa seule finalité le bonheur. Il s'aperçut que ce qui motive toutes les actions des humains est bien la recherche du plaisir résultant de la satisfaction de nos désirs, ou pour le moins la fuite du déplaisir ou de la douleur. Puis il nota qu'on pouvait distinguer parmi les désirs ceux qui sont naturels et nécessaires, naturels et non nécessaires et surtout ceux qui ne sont ni naturels et ni nécessaires. Les premiers, ceux naturels et nécessaires sont ceux indispensables aux humains comme aux animaux : boire, manger et jouir d’un environnement propice à la vie. Des seconds, ceux naturels et non nécessaires, Epicure nous recommande de les satisfaire avec modération. Ce peuvent être, par exemple, la sexualité ou le confort. Enfin, il nous dit qu'il faut essayer de fuir ceux non naturels et non nécessaires car les plaisirs qu'ils procurent sont éphémères et illusoires parce qu’ils génèrent des inconvénients ou des déplaisirs qui dépassent largement l’initial plaisir escompté. Leur satisfaction très temporaire entraîne une quête insatiable car ils ne sont jamais rassasiés et n’apportent que frustration. Il en va ainsi du désir de richesse, de gloire, des honneurs, du luxe ou de tous ceux qui si apparentent.

Pour Épicure, chercher le bonheur consiste déjà à satisfaire ses désirs nécessaires et naturels pour arriver au moins à un état de sérénité et à une absence de troubles que les philosophes nomment ataraxie. On est ici à l’opposé du sens caricatural qu’a pris le qualificatif contemporain « épicurien » désignant le jouisseur sensuel, amateur de plaisir abondants et variés. Le philosophe était, au contraire, ce que nous appellerions un ascète, se satisfaisant de pain, d'eau, d'un quart de vin et, pour faire la fête, d'un petit pot de fromage. Sachant qu'il souffrait de la « maladie de la pierre », on peut aussi supposer qu'il n'était pas enclin à faire des folies de son corps. L’épicurisme original est donc, comme son auteur, est une philosophie un peu austère. Elle est cependant susceptible d'être aménagée pour correspondre aux conditions de notre époque, tout en respectant scrupuleusement ses principes fondateurs. Ainsi les désirs naturels et non nécessaires peuvent être profitablement ceux de la connaissance, de l'amitié, l'échange avec les autres, de l'appartenance à une communauté élective, de la beauté ou de tout autre activité où se mêlent le talent, la vertu, la gentillesse, l'humour ou la gaieté.

On voit aisément, comment à titre individuel on peut faire une sélection des désirs susceptibles de nous apporter les plaisirs les plus durables et ceux qui, en revanche, engendrent la frustration parce qu'ils restent toujours inassouvis. Cette arithmétique des désirs engage donc l'homme moderne à aller vers ce qui est naturel, ce qui induit une consommation raisonnée de biens durables, sains, écologiques, et à éviter ce qui n'est pas nécessaire comme ces objets inutiles, tape à l'œil, les grosses voitures, la climatisation à outrance, les cerises en janvier, les innombrables gadgets qui encombrent les armoires, les tas de jouets que les enfants ne regardent même pas, les nourritures trop riches qui ruinent notre santé, les vêtements achetés sur un coup de tête et qui s’entassent dans les penderies.

Avec un minimum de réflexion sur les désirs non naturels et non nécessaires on s’aperçoit comment la publicité nous manipule, nous imbécilise et nous conditionne à acheter ce dont nous n’avons nul besoin et qui provoque des gaspillages d’énergie et de matières premières pour finir dans les vide-ordures. Reste à savoir si le commun des mortels est encore capable de réflexion ? N’est-il pas condamné à subir les superstitions, les modes, les publicités et les croyances de toutes sortes ?

En plus de maîtriser ses désirs pour construire un plaisir vrai, Épicure nous a appris bien d’autres choses encore pertinentes, même après vingt trois siècles. Il nous dit que nous n’avons rien à redouter des dieux, ni maintenant ni plus tard car ceux-ci s’occupent fort peu de nous. Il nous rappelle aussi que nous n’avons également rien à craindre de la mort, qui ne nous concerne pas tant que nous sommes vivants et encore moins quand nous ne sommes plus. Il nous montre que le bonheur est accessible ici et maintenant, qu’on peut le construire avec un minimum de lucidité, de bon sens et de modestie. Il nous enseigne qu’on peut, non simplement accéder à la paix de l’esprit et du corps, mais aussi à la jubilation de simplement vivre en évitant soigneusement ce qui génère les envies insatiables, les angoisses, les frustrations et les ennuis en tous genres dans lesquels les humains se mettent si souvent, faute de réflexion.

Cette philosophie, lumineuse par sa simplicité, Epicure l’enseigna et la vécu dans une communauté située près d’Athènes que l’on a appelé le « jardin » et qui survécut près de cinq siècles à son créateur. Puis vint le christianisme triomphant qui, oubliant l’homme au profit d’illusoires exigences divines, transforma les plaisirs en péchés. Méprisant la vie terrestre à la faveur d'une supposée promesse d'un futur monde meilleur, elle impose son cortège de soumissions, d'humiliations et de dolorisme. Des trois cents textes écrits par Épicure, il ne reste que trois lettres à ses disciples et des fragments échappés par hasard à la destruction du temps et à celle non moins impitoyable de la chrétienté.

La sagesse épicurienne pourrait pourtant de nos jours être fort utile pour donner espoir aux plus démunis, pour les convaincre que le modèle de civilisation occidentale fondé sur la performance, la surconsommation et l’égoïsme constitué en système économique, avec ses vices et ses erreurs n'est pas le seul ni le meilleur possible. Pour les nantis déprimés, les consommateurs compulsifs et insatiables, l'épicurisme peut être une thérapie pour faire la paix avec soi-même et pour apprendre à vivre, non dans la frustration entretenue mais dans la sérénité et le partage. Pour tous, cette sagesse lucide qu'il faudrait enseigner dès l'enfance, nous rappelle que nous sommes déterminés par notre humaine condition, mais aussi que nous avons, si nous ne voulons, un espace de liberté déterminé par la raison. Espace fort exiguë car les hommes sont hélas souvent abrutis de misère, de religions ou de superstitions.

JESUS CHRIST

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