Moi, Jésus qui vous aime

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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Jeu 7 Jan - 21:34

Ah Marie-Claude comme vous me comprenez et combien je vous estime chaque jour davantage... voici la suite de mon aventure :

J'appréciais particulièrement la compagnie des femmes qui me considéraient comme un frère. Je les aidais à l'occasion pour ramener l'eau du puits ou faire le pain. J'étais, en échange, admis à pénétrer dans leur maison, et même parfois assister à leur vie intime comme la toilette ou ce que j'ai toujours adoré voir : la tétée des bébés.
Les enfants m'adoraient encore plus que leur mère car je leur racontais de belles histoires inventées pour la circonstance. L'épisode au cours duquel j'avais été qualifié de « gonzesse» était désormais connu de tous. Il ne fut pas sans conséquences. Il me donna un statut très particulier parmi les hommes. D'une part, j'étais apprécié par les plus malins grâce à mon esprit d'à-propos, mon humour et mes formules à l'emporte-pièce. D'autre part les vulgaires ou les jaloux ne voyait en moi qu’un bien piètre concurrent. J'avoue maintenant, avec un vif plaisir, que beaucoup d'entres eux auraient été moins confiants s'ils avaient mieux connu leurs épouses ou leur probable infortune. Parmi les multiples tentations auxquelles j’eu le bonheur d’être soumis, je m’efforçais de ne succomber qu'à celles qui me paraissaient justes et charitables. Ayant promis de ne rien dissimuler, je me dois de vous donner quelques exemples. Celui qui avait reçu une claque aussi magistrale que mérité fut, par mes soins, le plus cocu de tous. Sa gentille petite femme s'employa avec une constance touchante à faire mentir son mari. De mon côté, j'avais plutôt un faible pour les femmes battues ou trompées car, en leur apportant un peu de réconfort et de tendresse, je faisais une bonne action. Or comme on peut le deviner, faire le bien était devenu pour moi une vocation. Aujourd'hui encore je garde le souvenir ému de tous les menus services que j’ai rendus aux unes et aux autres avec une exemplaire discrétion. Ce fut le cas pour la belle Esther qui, au bout de cinq ans se désespérait de ne pas arriver à donner à donner un héritier à son époux. Son mari était un bravache prétentieux qui n'aurait jamais pu supposer être responsable de l’infertilité de leur couple tant sa virilité était évident. Je me fis donc devoir de faire à sa femme trois beaux enfants. Chacun s'accorda à dire qu'il ressemblait plus à leur mère dont ils avaient la douceur et l’esprit.
Si ma fréquentation des femmes me fut très agréable, elle me fut aussi fort utile pour arriver à comprendre la complexité de l'âme humaine, et en particulier la duplicité, la médisance et tous les autres petits défauts que les femmes cultivent parfois avec talent. Je ne délaissai cependant pas la compagnie des hommes qui se complaisent souvent à discuter politique ou religion. Or je dois avouer, sans forfanterie, que je commençais à exceller dans ces deux domaines, avec peut-être déjà une prédilection pour le religieux, domaine où la crédulité des gens ouvre des espaces illimités.
Le hasard me fit rencontrer un rabbi fort savant qui, connaissant par cœur les cinq livres des écritures, entrepris de me laisser son savoir. Cet homme était un fou comme on en trouve encore en Palestine. Il passait sa vie à lire entre les lignes des rouleaux pour y débusquer laborieusement la présence de Dieu. Voulant me communiquer sa folie, il m'apprit à les lire. Cependant je me rendis vite compte que le pauvre homme cherchait à trouver dans les écritures ce qui était, en fait, juste dans sa tête. Heureusement, après m'avoir légué assez de sa science, et avant d'être déçu par son élève, il eut la bonne idée de mourir. J'héritais alors de ces précieux rouleaux qui me furent bien utiles comme nous le verrons par la suite.
Les ignorants, voyant que je détenais les saintes écritures me crurent aussi savant que feu mon maître. Alors, parce qu'il est plus facile de faire illusion comme savant que comme menuisier, j'abandonnais rapidement le pénible métier paternel pour me consacrer avec délice à celui d'orateur. J'appris alors à discourir de tout avec assurance, à masquer mon ignorance, à éluder habilement les questions difficiles et à compliquer à souhait les plus faciles. On m’attribua à une clairvoyance, une profondeur de vue et même une sagesse très inhabituelle pour un jeune homme de mon âge. L'illusion était telle qu'on me rapporta qu'une vieille femme avait dit à ses commères : « Ce Jésus, il a la faveur des dieux ».
Cette formule me fit doucement rigoler. Cependant si j'avais pu entrevoir comment les choses allaient si mal tourner, la déclaration de cette femme et de beaucoup d'autres par la suite, m'auraient fait moins pire.

Que pourrais-je vous dire de plus : I love you
La suite devait vous surprendre et vous émouvoir...

JESUS
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Une histoire fascinante...

Message  CORRE Marie-Claude le Ven 8 Jan - 14:07

Cher Jésus : bonjour !

Il fut un temps (1997-2006), où de mon côté j'apprèciais aussi "la compagnie des femmes"...

En effet, j'animais des groupes ... autour des "savoir-faire" (couture, bricolage, aménagement du cadre de vie). Ces activités se déroulaient dans le cadre d'une association qui milite pour les droits des femmes et des familles. D'abord, en qualité de bénévole... Ensuite, je me suis "écorchée=lapsus Shocked " accrochée pour créer mon poste d'animatrice dans un premier temps, puis, de travailleur social, durant une formation de 4 ans...

Comme vous, j'ai connu des moments de partage et d'échange inoubliables qui m'ont beaucoup appris... sur moi-même et sur le "genre humain"... représenté par ces groupes de femmes et l'équipe féminine au sein de laquelle je travaillais... Malgré cela, j'ai abusé de leur gentillesse pour satisfaire mon manque de valorisation et, quelque part, j'en ai payé le prix... Exclamation Je ne travaille plus aujourd'hui, isolée du reste de l'équipe professionnelle...

En 2006, je me suis donc lancée dans l'expérience, qui s'avèrera catastrophique, de l'éducation nationale.
En effet, grâce au diplôme obtenu, j'ai pu travailler en qualité de professeur en Lycée professionnel. Cela dura 2 ans en tout et pour tout... A mon tour, je racontais "de belles histoires" qui n'avaient vraiment rien à voir avec ce que désiraient ces lycéens... Aussi, l'approche de ces jeunes "samaritains" m'amena radicalement à "une rétrospective" et donc, vers une autre voie... pour l'instant, celle de "l'inactivité" Exclamation

Vous avez su user de votre "esprit d'à-propos, (votre) humour et (vos) formules à l'emporte-pièce" pour vous faire apprécier... ce qui démontre une fois de plus votre vocation à l'érudition.
Quel en fut le véritable but Question : faire de bonnes actions Question "Faire le bien était devenu pour moi une vocation." Est-ce vraiment une vocation ? Sinon, une nécessité collective ou un intérêt personnel Question
Telles sont les interrogations qui m'habitent aujourd'hui...

De plus, vous dites n'avoir " succomb(é) (qu'aux tententations qui) paraissaient justes et charitables" Ah Exclamation C'est bien tel que je vous voyais "Jésus tenté par "le péché" de la chair" Very Happy "Père de 3 enfants" : Dan Brown était loin du compte... Laughing Mais, vous auriez du vous méfier No

Combien je suis d'accord avec vous quand vous dites que "(la) fréquentation des femmes (vous) fut aussi fort utile pour arriver à comprendre la complexité de l'âme humaine" (Lire plus haut)

Je vois que vous avez su profiter des opportunités et des rencontres qui s'offraient à vous à cette époque...
Je vous cite : "Le pauvre homme cherchait à trouver dans les écritures ce qui était, en fait, juste dans sa tête." d'où la réponse religieuse à l'incompréhensible : "les voix du Seigneur sont impénétrables..."

Il est normal d'user des savoirs qui nous sont plus accessibles... La question reste Exclamation Dans quel but Question

Aussi, je vous encourage à continuer votre histoire qui devrait, à votre avis :"(me) surprendre et (m')émouvoir..."

A vous Jésus qui NOUS aime... Marie-Claude

CORRE Marie-Claude

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ne vous laissez pas distraire

Message  Joce le Ven 8 Jan - 18:28

Chère Marie-Claude,
J'aimerais que vous n'accapariez pas trop, notre Jésus (qui semble n'être qu'un homme avec toutes les faiblesses que nous leur connaissons).J'ai peur qu'il finisse par vous faire la cour au lieu de nous raconter son histoire, dont j'ai très envie de connaître la suite. Comme j'ai aussi envie de connaître votre aventure personnelle, et que mes questions n'ont rien à faire dans "Jésus", je vous ai mis un petit message tout spécialement pour vous dans la rubrique "Ecole de la vie", je ne vais pas vous faire une crise de jalousie... car je vous que Jésus vous tient en haute estime.
Si un sujet vous intéresse et si vous voulez suivre les nouveaux messages dès leur réception , cliquez sur : "Surveiller les réponses de ce sujet" c'est pratique
A bientôt.

PS pour Jésus : ne vous laissez pas distraire, vous n'êtes pas là pour rigoler ! tongue

Joce

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vous n'êtes pas là pour rigoler...

Message  JESUS le Ven 8 Jan - 20:02

Joce, ma belle, je suis précisément là pour rigoler... reconnaissez que j'en ai assez bavé pour la rémission des péchés des humains pour avoir le droit à un peu de douceur. Mais vous avez raison, il vaudrait mieux que je ne disperse pas trop car mon histoire risque d'être longue... et certains risquent de perdre le fil. Voici donc la suite :

Quelque temps après, voulant renchérir sur le même sujet, un monsieur charmant ajouta : « nous sommes tous les enfants de Dieu, mais Jésus est son fils préféré ». J'avoue que ma vanité fut flattée par ce joli compliment et que, grâce à ma notoriété naissante, je commençais à pouvoir faire ma subsistance des dons qui m’étaient dispensés en échange de mes beaux discours. J'étais, en effet, devenu à présent un orateur professionnel à la manière des sophistes de Grèce, capables de dire adroitement tout sur n'importe quoi et inversement selon les circonstances. Je remarquais que le plus important, c'est le ton et la gestuelle appropriée. Le reste est très secondaire. Je souviens par exemple, avoir lancé la parabole de la table. Si l'on y met trois pieds : la sagesse, la vertu, et le courage, la table reposera parfaitement sur le sol. Mais si on lui ajoute un quatrième pied, celui par exemple de l'envie, il est certain qu'elle ne planchera plus. Bien que chacun ait pu expérimenter qu'une table ou un tabouret à trois pieds n'a jamais besoin d'être calé, cette parabole était dénuée de sens car si le troisième pied est la folie, la table serait tout aussi stable. Heureusement, la plupart des gens ne se posent jamais les vraies questions et s'en tiennent aux apparences. Il leur est de plus facile de se souvenir des paraboles qui constituent une béquille à leur mémoire, alors que si vous leur offrez des raisonnements subtils et complexes, à peine les aurez-vous exposés qu'ils en auront déjà oublié le début.
Mais, dira-t-on, n'y avait-il que des crédules et des simples d'esprit pour écouter mes sermons ? Non pas ! Mais j'avais mis au point une stratégie efficace pour séduire ou flatter les éventuels contradicteurs. Ils étaient cependant peu nombreux car j’avais le chic pour poser des questions sans réponse, ou ce qui est encore plus drôle de répondre à des questions par d’autres questions. Tout se passait dans la bonne humeur car les poings de mon ami Ariel, qui me suivait comme mon ombre, constituait un argument efficace pour modérer les plus intrépides. D’autant, peu d'entre eux n’avaient envi à me tenir tête car je les amenai immanquablement sur le terrain religieux où ils s'enlisaient rapidement.
Pour couper court à toute discussion, il me suffisait de dire : « il est écrit que... », ou « Dieu nous dit que... ». Lorsque j'utilisais cet argument, au début, je m'attendais à ce qu’on me rétorque : « et si ce qui est écrit est erroné ou stupide ? ». En fait, la présumée parole de Dieu semblait si sacrée que personne n'osait seulement douter de sa véracité. Je pouvais donc, à ma guise, comme le font si bien les prêtres, parler à la place de Dieu et les gens confiants vénéraient mes moindres propos comme paroles d’évangiles. Tant et si bien que certaines personnes, plus naïves que les autres, finirent par croire que j'étais directement inspiré par le divin ! Au début cela m'amusait beaucoup de faire parler Dieu, en levant subrepticement les yeux au ciel, j’y semblais puiser mon inspiration. La suite des événements allait, hélas, me faire regretter ma témérité. Si l'on savait toujours tout par avance, la vie serait plus simple, hélas, on apprend toujours à ses dépens.

à suivre
I love you

JESUS
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Message  CORRE Marie-Claude le Ven 8 Jan - 20:14

Chère Joce,

Pour être franche (sans vouloir être dure) : de quoi vous mélez-vous ?

"J'aimerais que vous n'accapariez pas trop, notre Jésus (qui semble n'être qu'un homme avec toutes les faiblesses que nous leur connaissons)."
RE : Ce qui me plait en Jésus c'est justement qu'il se montre tel qu'il est "un Homme avec ses faiblesses"... c'est ce qui m'a plu dans son discours ! Sur les autres forums, je n'ai pas ressenti la même chose. Ce qui ne m'a pas encouragé à m'y inscrire.

"J'ai peur qu'il finisse par vous faire la cour au lieu de nous raconter son histoire, dont j'ai très envie de connaître la suite."
RE : Apparemment, vous connaissez mieux Jésus que je ne le connais... Je vous remercie pour votre sollicitude ! Comme je l'ai annoncé depuis le début de cette conversation, je ne suis ni dupe ni naïve...
J'aime croire que le dialogue que j'ai amorcé avec Jésus se situe au-delà des spères d'"Eros"...

"Comme j'ai aussi envie de connaître votre aventure personnelle, et que mes questions n'ont rien à faire dans "Jésus", je vous ai mis un petit message tout spécialement pour vous dans la rubrique "Ecole de la vie"
RE : Je connais cette rubrique.
Le sujet qui a attiré mon attention est "vivre jusqu'au bout dans la dignité" Je n'ai pas trouvé ma place pour y répondre... La hauteur du débat me dépasse largement ! Celui qui vous concerne "EROS : personne n'y échappe" ne m'a pas du tout interloqué. J'irai donc le lire sur vos conseils...

"Je ne vais pas vous faire une crise de jalousie... car je vous que Jésus vous tient en haute estime."
RE : "Jalousie" est-ce approprié de parler ici de jalousie ? Les forums ne sont-ils pas aussi un lieu virtuel pour y faire des rencontres pas forcément érotiques, sexuelles ou je ne sais quoi... des rencontres où j'y trouve mon compte, dans tous les cas !
Ce qui me plait, c'est d'écrire à Jésus qui tout en se racontant me permet de me raconter : comme au conféssionnal... lol!

"Si un sujet vous intéresse et si vous voulez suivre les nouveaux messages dès leur réception , cliquez sur : "Surveiller les réponses de ce sujet" c'est pratique"
RE : Je vous remercie Joce. C'est ce que je fais avec les messages de Jésus...

"PS pour Jésus : ne vous laissez pas distraire, vous n'êtes pas là pour rigoler !"
RE : Joce ! Sincèrement, ça fait du bien aussi de rigoler : non ? Que faites vous des préceptes de la libre-expression ? Et puis, nous sommes bien dans la rubrique "Jésus qui vous aime"... alors ? Je ne me suis pas trompée...

Bien à vous : Marie-Claude qui court sur les "routes" d'EROS

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Passionnante histoire !

Message  CORRE Marie-Claude le Sam 9 Jan - 23:37

Cher Jésus,

Oui, je suis là aussi pour rigoler et y trouver mon compte, si je puis m'exprimer ainsi !

"Ma vanité fut flattée. Un orateur professionnel. Capables de dire adroitement tout sur n'importe quoi et inversement." : quel aveu nous faites-vous là ! Mais, je vous avez bien cerné ainsi...

"La parabole de la table." : cela me rappelle l'histoire du kilo de plume et du kilo de plomb... la logique l'emporte et non le contenu du kilo.

"Heureusement, la plupart des gens ne se posent jamais les vraies questions et s'en tiennent aux apparences." Ils s'en tiennent aussi aux us et coutumes.

"Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué..." : est-ce là tout le concept de votre érudition ?

"J'avais mis au point une stratégie efficace pour séduire ou flatter les éventuels contradicteurs." : La question reste entière... Dans quel but ????

"Plus drôle de répondre à des questions par d’autres questions." : Juste pour rigoler ou se moquer ? SINON, tourner en rond !!!

"Usiez-vous de la violence avec "les poings de (votre) ami Ariel" : c'est ce que vous nous dites ?

"Je les amenai immanquablement sur le terrain religieux où ils s'enlisaient rapidement." : un brin manipulateur...

"(...)Certaines personnes, plus naïves que les autres, finirent par croire que j'étais directement inspiré par le divin !" Mais, que cherchiez-vous ? Pourquoi s'en prendre aux plus naïfs voire aux plus faibles ?

Conclusion : Vous avez bien cherché le baton pour vous faire battre. Et la fin de votre histoire était inéluctable... Ceci dit, nous sommes nombreux dans ce cas ! Pour ma part, cela s'est produit de façon inconsciente... et dans votre cas ?

Voyons la suite...

Bien à vous : Marie-Claude

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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Mar 12 Jan - 14:19

Désolé d'avoir raté notre rendez-vous. Ce n'est pas que je manque d'inspiration, bien au contraire, même après 2000 ans les souvenirs m'assaillent. J'ai donc été emporté par une écriture frénétique. Ne vous impatientez pas, vous ne perdez rien à attendre...
Merci de votre indulgence
Jésus qui vous aime I love you

JESUS
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Mar 12 Jan - 19:52

Ariel est un étrange garçon. On pourrait penser qu'avec sa puissante corpulence, il soit brutal, il n'en est rien. Il est au contraire d'une douceur surprenante. On pourrait aussi l’imaginer sans esprit, pourtant il raisonne bien. Il a souvent la sagesse de se taire et montre une rare envie d'apprendre. Alors que nous cheminons ensemble, il m'a demandé :
- Jésus, qu'est-ce que je suis pour toi ?
- je crois que tu es d'abord un ami fidèle. Plus je te découvre et plus je t'estime.
- merci, mais ce serait plutôt à moi de t'estimer car tu es bon et intelligent.
- mais non, Ariel, l'intelligence de l'esprit n'a rien de si estimable. Elle peut même être rebutante et fort décevante. Toi, tu as celle du cœur qui surpasse toute autre forme d'intelligence. Ce que tu crois être de l'intelligence n'est souvent, que de l'habileté, de la ruse, ou du calcul.
- non Jésus, chez toi l'intelligence n'est jamais mal utilisée.
- tu es bien indulgent alors que tu sais mieux que personne mes faiblesses, en particulier pour certaines femmes… mariées de surcroît !
- oui mais tu es assez prudent pour que leurs maris ignorent être trompés, péché ignoré est à moitié pardonné. Tu ne fais donc que du bien à leurs femmes. Tu es un consolateur, un médecin des âmes.
- quand même, la morale, les dix commandements...
- fadaises as-tu dis. J'ai bien retenu ta leçon : « ne fait pas de le mal que tu ne voudrais pas on te fasse» serait le seul fondement de la morale, n’est-ce pas ?
- justement, je fais des cocus et sans doute n'aimerais-je par l’être.
- toi Jésus, même quand tu crois faire du mal, tu fais du bien, dit Ariel en riant. Quand tu rends heureuse une épouse malheureuse, elle cesse d'être insupportable à son mari, elle essaie de lui faire plaisir. Il se trouve alors bien content d'avoir une femme aimable, prévenante et dévouée. Loin de faire du mal, tu as fais deux heureux !
- a la limite cela vaudrait pour la femme des autres, mais imagines un instant, cher Ariel, que je couche avec ta propre femme !
Ariel resta silencieux pendant un instant, puis il déclara en souriant :
- d'abord il faudrait que je trouve une femme, ensuite qu’elle te plaise et finalement, si tu couches avec elle, j'en serais peut-être honoré et ne l'aimerais que davantage.
- mais… si je lui fais des enfants !
- s'ils sont grands forts, ils seront de moi et s'ils sont beaux et intelligents, ils seront de toi, dans les tous les cas, ils seront les bienvenus.
- ta... générosité me confond.
- ne répètes-tu pas à longueur de temps « aimez-vous les uns les autres » ?
- sans doute n'avais-je pas complètement mesuré les implications de cette recommandation.
- mon pauvre Jésus ça n'a pas l'air de te faire plaisir.
- je vois simplement les limites pratique de mes injonctions, il faudrait peut-être que je différencie les manières d'aimer. C'est sans doute plus compliqué que ce je pensais. Il y a le poids des usages, les lois de la nature. Il faut placer des bornes car la liberté de chacun finit où commence celle de l'autre.
- la formule est jolie, reconnu Ariel, mais elle ne concerne pas ceux qui sont en compétition, ceux qui mettent des clôtures partout, qui élèvent des murs pour s'enfermer eux-mêmes. N'as-tu pas déclaré : « en vérité, je vous le dit, la haine ferme les portes, l'amour les ouvre » ?
- il est vrai que j'ai dit beaucoup de choses...
- tu as dit aussi : « les belles paroles sont des graines de fleurs qui poussent dans les cœurs nobles ».
- arrête Ariel, tu ne vas pas me rappeler tout ce que j'ai pu inventer, sinon tu vas finir par écrire toi-même les Évangiles !

La route était encore longue pour atteindre Béthanie, sur les rives du Jourdain où mon cousin Jean baptise tout ceux qui passent. Ariel resta silencieux et nous poursuivîmes notre chemin. Cependant comme la marche favorise l'éclosion des pensées, je me mis à réfléchir aux paroles de mon ami, admirant autant son bon sens que sa générosité assez inhabituelle. Non seulement il avait retenu mes moindres sentences, mais il m'en montrait les limites et les pièges. « Aimez-vous les uns les autres » était pourtant une bien belle formule... Complètement utopique et inapplicable mais facile à enfoncer dans la tête des gens. En réfléchissant, je m'aperçus qu’elle était susceptible de toutes les manipulations. Pourquoi, en effet, devrais-je aimer quelqu'un qui n'est pas aimable ou qui ne m’aime pas ? Ce serait là un marché de dupes. Pour être aimé, il faut s'efforcer d'être aimable. Un sourire provoque un autre sourire, la gentillesse appelle la gentillesse.
Préconiser l'amour inconditionnel me sembla un peu précipité, à une époque où la loi du talion et le code du bon roi Hammourabi étaient universellement appliqués. Les puissants prônaient la rigueur des châtiments pour leurs vertus d'exemplarité, mais aussi pour donner du spectacle au bon peuple qui réclame, ici comme ailleurs, du pain et des divertissements. L'un des plus prisés étaient, par exemple, les lapidations. Que ceux qui ne connaissent pas les charmes de ce spectacle, imaginent que le condamné (à tort ou à raison) est à demi enfoui dans le sable et que les spectateurs, tous braves gens n'ayant jamais péché (le péché de cruauté et de bêtise n'existant pas), font cercle autour et s'amusent à lui lancer des pierres jusqu'à ce que mort s'ensuive. Celle-ci tardait parfois car Dieu n'est pas si miséricordieux que l'on imagine où les pierres trop petites pour briser les crânes du premier coup. Je ne parlerai pas des croix dressées par les Romains le long des chemins pour supplicier les voleurs et autres agitateurs qui empoisonnent la vie des honnêtes citoyens. Peut-être aurons-nous à revenir par la suite sur cette édifiante coutume de l'empire, dont je n'ai, pour ma part jamais apprécié le spectacle macabre.
Mais trêve de digressions, nous arrivâmes à Béthanie en fin d'après-midi. Il y avait un étrange tumulte. On m’apprit que mon cousin le baptiseur venait d'être embarqué par les soldats d'Hérode qui, en roi prudent, avait décidé d'éliminer ce fou au motif que ses imprécations étaient susceptibles de causer des troubles à l'ordre public. J'étais effondré car j’aimais énormément ce cousin, à mes yeux, véritable modèle, gloire de la famille, et authentique prophète. Ariel me dit alors simplement : « tu vois Jésus, qui sème le vent engendre la tempête ». Sans doute avait-il raison en ce sens que le métier de prophète comporte des risques que j'avais, sur le moment, mésestimés.
Crying or Very sad

JESUS
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Jésus... Quelle histoire !

Message  CORRE Marie-Claude le Jeu 14 Jan - 16:37

Cher Jésus : bonjour !

Ce discours avec Ariel montre bien les limites de votre érudition. Comme vous le dites si bien, elle n'est que la représentation : "de l'habileté, de la ruse, ou du calcul" - ce qui vous caractérise...
Ariel a été aveuglé par votre force de persuasion comme tous ceux, vous le soulignez, qui ont écrit les évangiles... "arrête Ariel, tu ne vas pas me rappeler tout ce que j'ai pu inventer, sinon tu vas finir par écrire toi-même les Évangiles !"

La réalité des "cocu(e)s" est bien différente de nos jours... J'ai malheureusement connu des couples dans cette situation qui ont bien mal finis... Aussi, je comprends votre doute, bien fondé (à mon avis !) : "je fais des cocus et sans doute n'aimerais-je par l’être."

Au même titre que "aimez-vous les uns les autres" , il est dit dans la bible: "oeil pour oeil, dent pour dent... !" Et je peux en conclure comme vous : "sans doute n'avais-je pas complètement mesuré les implications de (ces) recommandation(s)."

Toutefois, chaque homme possède une force qui lui permet d'agir dans le sens "Bien ? Mal ?" qui lui convient le mieux. C'est celle du "libre arbitre". Et je ne pense pas que toutes les dérives qui ont existé et qui existent dans notre monde doivent pour autant vous être attribuées, pour le motif que vous avez prononcé certaines paroles.

Ariel m'apparait comme un homme qui boit vos paroles tel un automate. Je ne le vois pas comme possèdant cette force de réfléchir et d'agir par lui même...

"Non seulement il avait retenu mes moindres sentences, mais il m'en montrait les limites et les pièges." = tel un miroir ! "En réfléchissant, je m'aperçus qu'elle (une bien belle formule) était susceptible de toutes les manipulations." = oui, de la part de certains Hommes !

"Pour être aimé, il faut s'efforcer d'être aimable. Un sourire provoque un autre sourire, la gentillesse appelle la gentillesse." = je n'en suis malheureusement pas persuadée. Il existe toujours une exception à la règle ! "Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras !"

Je préfère quand même être du côté de ceux qui préconisent " l'amour inconditionnel" que de ceux qui optent pour "la lapidation".

Et oui, nous somme d'accord "qui sème le vent engendre la tempête".
Dans le même ordre vous avez aussi : "tel est pris qui croyait prendre... Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras". Mais, rien ne vous arrêta... d'où ma question récurrente : "dans quel but ?"

Je connais bien la fin de votre histoire. Sauf q'uelle n'est qu'un éternel recommencement... car, vous futes "mort" pour mieux ressusciter...

A quoi bon me raconter la suite ? Ce qui, dans un sens, vous permet de vous conforter dans le passé. Position que je peux comprendre y étant moi-même confrontée...!
Toutefois, ce qui m'intéresse, c'est bien ce que vous devenez, aujourd'hui !!!

Avec toute mon amitié : Marie-claude

CORRE Marie-Claude

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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Jeu 14 Jan - 19:52

Chère Marie Claude,
Il n'est pas certain que l'on connaisse si bien mon histoire. Vous connaissez assurément les témoignages de seconde main des évangélistes. Vous connaissez les élucubrations de ce fou de Saint Paul. Je doute que vous sachiez ce qui a déterminé ma véritable vocation et qui a enflé jusqu'à un point de non retour, jusqu'à ce que je sois dépassé par les événements qui ont amené ma perte.
Pour que vous preniez bien la mesure de ma vision du monde actuel qui je le conçois vous intéresse, il faut que vous sachiez ce qui m'est advenu et qui est fort différent de ce qu'on a pu raconter jusqu'à ce jour. J'implore votre indulgence.
Vous avez l'impatience de la jeunesse... quelle chance ! I love you

JESUS
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Ven 15 Jan - 0:41

Suite...
Dès le lendemain, nous reprîmes la route pour la ville de Nazareth car il était imprudent de rester à Béthanie, pendant cette période troublée. Ceux qui parlent du « peuple juif » oublient qu'à cette époque des factions rivales s'affrontaient. Les sadducéens : notables qui gèrent le temple, les pharisiens : les plus nombreux supportent aussi le temple et la torah, ils sont obsédés par la pureté et attendent le Messie avec impatience. Les esséniens sont ce qu'on appellerait aujourd'hui des communistes, ils vivent retirés au désert en petites communautés. Il y a enfin les zélotes, ces illuminés qui prônent la violence armée pour honorer Dieu. Et tous ces gens qui croient chacun avoir raison sur les autres s’entre-déchirent plus ou moins. Imaginez alors cette pauvre Palestine, de religion juive mais de culture grecque comme une province sous l’occupation des romains qui essayaient d’y maintenir l’ordre. L'effervescence religieuse et politique du moment était propre à tous les débordements, mais aussi à toutes les opportunités pour les malins et les ambitieux. Déjà gamin, j'avais l'intuition d'en faire partie. Sous des dehors modestes et une naturelle bienveillance, je m'efforçais d’être à la hauteur de la haute opinion que j’avais de moi-même. Je n'avais qu'une envie secrète : quitter la Galilée et cette bourgade poussiéreuse de Nazareth. C’est à contre cœur que j’allais bientôt m'éloigner du nid familial car j'éprouvais tendresse et respect pour Joseph, mon père, cet homme à l'esprit si large qu'il avait accepté à épouser ma mère enceinte. Pour sauver les apparences, il eut même le génie d’inventer cette histoire extravagante de visite de l'ange Gabriel lui annonçant l’immaculée conception. C’était un peu gros, mais les gens habitués, à toute sorte de miracles et de bizarreries y crurent assez pour tenir ma mère Marie en estime. De plus personne n’eut le mauvais goût de remarquer que moi, Jésus avait fort peu de ressemblance avec mes frères et sœurs. Comme chacun pourra le vérifier par la suite sur les tableaux et les statues de par le monde, je suis plutôt du genre aryen, avec une certaine élégance de traits, alors que le reste la famille est franchement du type sémite. Mais je n’insisterai pas sur ce point car les mystères de la généalogie nous étaient encore, à cette époque, aussi impénétrables que les voies de Dieu.
Heureusement, ma famille était pieuse et l’ange Gabriel peu réputé pour annoncer des inepties. Enfin et surtout, la population était admirablement accommodante, sinon crédule. Tout redevint donc normal quand ma mère accoucha, ainsi toutes les femmes : dans la douleur (depuis l’impardonnable faute d’Eve, dont je parlerai plus loin). Je fus un bébé glouton et malpropre que rien ne différenciait des autres nourrissons. On en vint presque à oublier les circonstances bizarres de ma conception, dont je n’eus connaissance que beaucoup plus tard par les ragots et des sous-entendus malveillants. C'est ainsi que un jour, je fus chahuté par des garçons du quartier, dans les circonstances suivantes : nous passions près d'une flaque d’eau pas très étendue mais assez profonde. On m’y poussa, mais je sautais vivement par-dessus. Aussitôt les autres garçons, voulant s’amuser à mes dépens firent cercle autour de la flaque, m'obligeant à sauter d'un bord à l'autre, tout en essayant de m’y faire tomber. Or j'entendis l'un d’eux dire en riant : « Jésus, fais-nous un miracle, tu peux marcher sur l'eau, par exemple ». J’eus alors une réaction surprenante : je sautais en l'air et retombais pieds joints dans la flaque. L'eau boueuse fut projetée avec une telle force qu'elle vint éclabousser tous ceux qui faisaient cercle.
Il s’était bien produit une sorte de miracle : la flaque était vide, et mes tourmenteurs maculés de boue jusqu'à la taille. Quant à moi, mes sandales étaient à peine mouillées et je n’avais pas une tache. Je profitais de leur surprise pour m'échapper. Cependant, je n'aurais pu éviter la colère des garçons vexés du tout que je leur avais joué, si Ariel, qui avait assisté à la scène, ne m'avait protégé. Cette aventure scella une amitié indéfectible.

On voudra bien m’excuser si je reviens sur quelques anecdotes qui remontent à mon enfance, mais même si elles peuvent sembler banales, elles n’en constituent pas moins des étapes primordiales dans mon existence. De plus comme chacun sait, c’est souvent dans l’enfance que toute la personnalité des individus s’affirme, au hasard des événements qui l’on marqué.
Certains seront déçus de constater que j’ai vécu une enfance parfaitement normale n’ayant rien à voir avec les inepties qui ont été rapportées dans l’évangile de l’enfance de Jésus. Je suis obligé de dire que je n’ai jamais accompli aucun des ridicules miracles qui y sont mentionnés. Ce texte est assez grotesque pour avoir été écarté par les pères de l’église qui ne sont pourtant pas à un ridicule près.
J’étais donc un garçon gentil, facétieux. Une voisine qui me connaissait mieux que personne avait d’ailleurs déclaré à ma mère lorsque j’avais dix ans : « ma pauvre Marie, ton Jésus, il est malin comme un singe et beau comme une fille, il ne restera pas longtemps à fabriquer des meubles et des charpentes».
J’allais très souvent chez elle, attiré par les odeurs de sa cuisine. Je pouvais rester des heures à humer le délicat fumet des viandes, ou les douces senteurs de ses gâteaux au miel ou aux pruneaux. La gentille dame observait avec amusement mon manège lorsque, ayant une petite faim, je disais doucement :
- hum… ça sent bien le bon pain !
- quel bon odorat tu as, mon Jésus, le pain je ne l’ai pas encore mis au four…
- je suis venu trop tôt…
- mais pas du tout, il me reste un bout de galette aux noix.

Rien que de repenser à ces heureux souvenirs, la faim me revient avec une sensation de douceur inexprimable. Il faut que je vous dise qu’à cette époque, la nourriture était précieuse car souvent rare. Un morceau de pain et un oignon constituaient souvent l'ordinaire de beaucoup. C'est dire si les raffinements culinaires de notre voisine étaient peu communs et nécessitaient à la fois une certaine aisance et des talents rares. Je dois aussi reconnaître que la dame, outre sa gentillesse et sa douceur avait un autre attrait pour le petit garçon que j'étais : une superbe poitrine que je ne me lassais pas d'admirer lorsque, sans s'occuper de moi elle vaquait lestement à ses occupations domestiques. Elle dû aisément s'apercevoir de mon émoi lorsque, se penchant vers moi pour me glisser dans la bouche quelques friandises, elle me laissait généreusement observer le contenu troublant de son corsage. L'admiration fréquente de cette chair délicate qui symbolisera toujours pour moi la magie de la vie et sa douceur infinie, me fit croire, sur l’instant, en la bonté de Dieu.
Hélas, cette illusion ne dura guère car cette admirable personne tomba subitement malade et mourut. Ce malheur eut pour moi, et comme on le verra par la suite, pour l'humanité tout entière, des conséquences incalculables ! D'abord ce fut un choc pour le petit garçon qui commençait de goûter cet enchantement sensuel que constitue l’expérience de la douceur, la féminité, la beauté et la générosité. J'avais découvert ici l'amour dans ses expressions les plus subtiles et j'en mesurais soudain, à sa perte même, son irremplaçable valeur. Cette prise de conscience ne devait jamais me quitter. Elle orienta toute ma vie. D'abord celle du jeune homme admiratif de la beauté des femmes. Plus tard j’eus la révélation de ce qu’était l’amour essentiel non plus seulement pour les femmes, mais pour l’ensemble du genre humain dans son infinie diversité.

Les femmes ont donc joué dans ma vie un rôle primordial. J'avais d’elles une vision assez particulière, pas exactement en rapport avec celle de mes contemporains. Certains ont même dit qu’elle était « révolutionnaire » pour l'époque. Il n'échappera à personne (sauf aux imbéciles) que la suprématie exercée par l'homme sur la femme est due exclusivement à sa force physique et à sa nature belliqueuse. Dans toutes les sociétés archaïques, cette suprématie a été ritualisée, de sorte que la gente masculine continue à imposer aux femmes une soumission désormais choquante. La domination est habituellement entretenue et justifiée par des coutumes ancestrales et des préceptes religieux que les femmes les plus bêtes ou les plus pieuses, ont l'insouciance de faire perdurer. Je suis obligé de faire ce préambule pour rappeler aux hommes qui l’oublient toujours, que dans presque tous les domaines : ténacité, courage, générosité, affection, intuition, modestie, les femmes nous surpassent généralement. Je ne méconnais pas leurs travers dont le moindre n’est pas la coquetterie, mais je me dispenserai d’en faire état car chacun sait (sauf les imbéciles ne) qu’on a généralement les défauts de ses qualités.
À douze ans, alors que bien des mystères de la vie n'échappaient encore, je ressentais déjà intuitivement une tendresse particulière pour les femmes. Je fus choqué d’apprendre que leur vie misérable était justifiée par un péché originel pour lequel il me semblait qu’elles n’avaient aucune responsabilité. Je fis part de ma consternation à la brave dame chargée de nous enseigner nos rudiments de religion. Au cours d'une leçon sur la genèse, la pieuse dame avait en effet souligné que tous les maux de nos semblables sont dus à la faute d'Eve. Elle justifia ainsi l’origine de la soumission des femmes aux hommes et les douleurs de l'enfantement. Elles expiaient la faute inexcusable de celle qui avait osé désobéir à Dieu en voulant goûter au fruit de la connaissance. Je répondis à la dame que, si faute il avait, celle d'Adam, lâchement complice, était tout aussi répréhensible, mais que le plus grand fautif était Dieu lui-même.
Je lui dis aussi qu’il était surprenant qu’on puisse reprocher à Ève son envie de savoir alors qu’on encourage précisément les enfants à apprendre. La curiosité n’est donc pas un défaut mais bien une qualité indispensable aux progrès de la connaissance. Enfin, je lui fis remarquer que Dieu avait fixé des règles du jeu déloyales dans la mesure ou il avait lui-même introduit un serpent tentateur.
Dépassée par ces arguments de bon sens inhabituels dans la bouche d’un gamin, la dame alla se plaindre au rabbin qu'un chenapan nommé Jésus contredisait systématiquement son enseignement en prétendant, par exemple, contre les Écritures, à l'innocence d’Eve. Le rabbin la rassura en lui disant qu'à la synagogue, il clouerait le bec à cette graine d'agitateur. Quelques jours plus tard il déclara, en effet, en pleine assemblée, sur le mode badin :
- il paraît que nous avons une forte tête, un certain Jésus, qui conteste le péché originel. Ce grand théologien pourrait-il se faire connaître ?

Je me levais, rouge de confusion, déclenchant le rire de tous les fidèles. Regardant autour de moi, je ne vis que des visages hilares, sauf un, celui d'une petite fille appelée Myriam dont j'étais éperdument amoureux. Son regard semblait me dire : « tiens-lui tête, fait taire ces rieurs ». Sûr de mes arguments, je restais obstinément debout. Bientôt les rires cessèrent et le rabbin me dit :
- tu attends quoi, de prendre racine ?
- J’attends que vous donniez la parole, répondit-je gravement
- pardon ?
- je suppose que si vous m'avez fait lever, c'est pour m'entendre. Je ne suis peut-être pas un grand théologien car je n'ai que douze ans, mais j'ai du bon sens.

Amusé, l'assistance demanda au rabbin de m'entendre. Il fut donc contraint de me laisser la parole. Quand le silence fut total, comme dans un état second, je m'entendis déclarer :
- quand Dieu a créé Adam et Eve, il les a fabriqués selon son désir. S'il les a fait imparfaits, il a commis une erreur dont il est responsable. Si un sculpteur fait un défaut sur une statue, qui est responsable : le sculpteur ou la statue ? Ève n'est donc pas responsable, il n'y a pas de péché originel. Et si les femmes ont été punies c’est une erreur et une injustice.
- les écritures mentiraient-elles ? Le fait qu’elles enfantent dans la douleur ne prouve-t-il pas assez leur exactitude et l'audace de tes propos ?
- mais, rabbi, les vaches aussi enfantent dans la douleur et pourtant elles n'ont jamais goûté du fruit de la connaissance.
- misérable, il n’y a aucune comparaison entre l’homme et la bête, tu oublies que l'homme lui, a été créé à l'image de Dieu !
- assurément rabbi, mais vous n’avez-vous pas vous-même tété la mamelle de votre mère comme le veau la sienne.

Alors que le rabbin allait répondre pour m'imposer le silence, quelqu'un au fond de la synagogue imita le bruit de la vache et l’hilarité, assez inhabituelle dans ce lieu sacré, fut générale pendant plusieurs minutes. Avant de m'asseoir, je remarquais, suprême récompense, le sourire que m’adressa Myriam. Le rabbin n'insista pas, préférant changer de sujet.
En sortant de la synagogue la sage-femme du quartier m'embrassa, et déclara à ses commères : « vous verrez, ce Jésus, il ira loin, moi je vous le dis ! ».
- surtout qu'il est beau comme un cœur ! Dit une autre.

Ce que ces dames et le rabbin ignoraient, c'est que j'avais été porté par les ailes de l'amour, et que j'aurais fait n'importe quoi pour briller aux yeux de la petite Myriam. Accessoirement, comme j'adorais déjà la controverse, il faut avouer que j'avais parfaitement rôdé mes arguments, pour autant que je puisse dire qu'ils fussent miens. Je les avais, en effet, longuement élaborés avec un berger un peu fou qui, sur de nombreux sujets a une vision assez originale qui lui vient, prétend-il, de la longue contemplation des étoiles. Amusé d’éveiller la conscience et l'esprit critique du jeune garçon que j'étais, il ne m'avait montré combien la réalité peut-être diverse. En fait tous les arguments que j’avais développés étaient les siens mais je les avais compris immédiatement.
C'est ce même homme de bien qui, un jour, que nous étions assis sous un arbre, cueillit une fleur insignifiante qui se trouvait à portée de sa main, et me dit : « regard ça… ». Comme j’avais jeté de loin un vague regard, il reprit : «non, regarde de plus près ! ». Je constatais bientôt que la minuscule fleur était une petite merveille. Il m'apprit ainsi à découvrir la beauté cachée des choses et les gens. Si tu veux trouver Dieu, ne va pas à la synagogue, admire plutôt le coucher de soleil ou les merveilles de la nature. Quand tu seras plus grand tu verras que les femmes sont comme les fleurs. Certains les considèrent comme des servantes ou comme du bétail. Résultats : ils couchent seulement avec des vaches et n’ont que ce qu’ils méritent. Par contre, si toi tu les considères comme des princesses, alors tu connaîtras près d’elles un sublime et délicat bonheur. Si tu as pour elles une haute considération ton plaisir sera en proportion. Ce discours me sembla un peu étrange, mais je n’eus pas trop de mal à y croire puisque je ne voyais ma petite Myriam comme un ange et non comme la maigre fillette qu’elle était.
Sans doute ai-je été largement influencé par ce saint homme puisque, toute ma vie, j’ai tenu les femmes dans la plus haute estime, fussent-elles héritières ou simples servantes. Si j’ai plaint leur faiblesse, j’ai aussi admiré leur courage et surtout, ce qui fait qu’elles sont irremplaçables : le privilège qu’elles ont d’être les magiciennes de la vie qu’elles font éclore puis grandir.
Je n’ai donc pas eu de mal à être convaincu que le péché originel était une méchante invention destinée à faire expier aux femmes une faute dont elles sont innocentes mais qui excuse l’égoïsme et la brutalité coutumière des hommes.

JESUS
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Jésus ne serait-il pas une femme ?

Message  Jean le Ven 15 Jan - 19:54

Cette histoire est belle, mais je trouve qu'elle fait la part un peu trop belle aux femmes. Il est vrai que Jésus était un personnage singulier... ceci dit je soupçonne que celui ou plutôt celle qui écrit soit une femme, ce qui expliquerait assez cette sensibililté particulière. J'attends avec impatience la suite du feuilleton. Je trouve que là vous avez fait fort. Pourquoi ne pas publier cette édifiante aventure ?

Jean
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Lun 18 Jan - 13:31

Cher Jean, qu'allez-vous chercher là ? J'ai effectivement entendu parler de la thèse selon laquelle Dieu serait de sexe féminin, mais de là à me prendre pour une femme ? Je ne disconviens pas avoir des côtés féminins comme tout le monde et les assumer, d'autant mieux que ce qui a guidé mes pas a été l'amour et la compassion, sentiments pour lesquels les femmes sont souvent inégalables. Peut-être faîtes-vous allusion au côté un peu androgyne de mes représentations picturales. J'aurai à ce sujet une belle histoire (vraie) à vous raconter sur les émois d'un jeune homme en face d'une statue à la sensualité excessive. Nous parlerons une autre fois, de même de la "nature du Christ" qui a fait tellement coulé de salive et d'encre au cours des conciles de ces deux millénaires que j'ai intitulé le chapitre :"L'étonnant enculage des mouches sacrées".
Pour lors, voici une partie du modeste feuilleton que j'aurais dû vous envoyer bien avant...


Beaucoup a été dit à mon propos, mais uniquement sur les deux ou trois dernières décennies de ma vie. S’il y a des discordances entre les récits qu’en ont faits les évangélistes, c’est que ceux-ci ont été transmis oralement puis écrits pas mal d’années après les faits. Or si l’on peut se rappeler précisément certaines anecdotes ou quelques paraboles, l’essentiel devient rapidement intransmissible. Chaque transmetteur, même si son intention n’est pas d’altérer le message, va filtrer inconsciemment l’information et la compléter par sa vision personnelle, dans le but louable de se faire mieux comprendre. Je n’ajouterai rien à ce qui a été dit puis écrit relativement à cette période tragique. J’expliquerai par contre pourquoi et comment les événements se sont enchaînés. On comprendra alors je suis devenu l’illusionniste, le guérisseur, l’agitateur, le prophète et finalement celui qu’on prit pour Dieu. Mon seul dessein sera d’éclairer ici l’espèce de piège mystique qui s’est refermé sur moi et auquel je n’ai pu échapper.
Je n’ai jamais parlé à la place de Dieu. Je sais, en effet mieux que personne, que ceux qui prétendent apporter « la parole de Dieu » sont toujours des imposteurs. Dieu ne parle pas plus aux hommes qu’aux chiens, aux lapins ou à tout autre être de sa création. La distance entre Dieu et les humains est tellement incommensurable qu’aucune forme de communication n’est seulement imaginable. Lui est à l’échelle des milliards de galaxies composées de milliards d’étoiles d’un univers limité où se manifestent des énergies qui dépassent totalement notre entendement.
A présent, tous les artifices des imposteurs sont connus : les buissons ardents, les songes, les miracles, les entrailles de poulet ou le marc de café. L’intercession des anges reste encore la forme la plus pratique de duperie. Un ange, ça donne, en effet, confiance, ce n’est pas un monstre ou un ectoplasme, c’est au contraire, gentil et surtout ça parle ! En araméen, en arabe, ou en papou, vous pouvez lui faire annoncer tout ce que vous voulez. Mais, me direz-vous, personne ne croit plus à ces messagers de Dieu. Détrompez-vous, les gens y croient sans y croire ! Même les plus attardés doutent de l’existence de ces humanoïdes volatiles anatomiquement incapables de voler. Mais, me direz-vous encore, je pinaille : quelle importance y a-t-il à ce que les anges soient incapables de voler ? Leurs ailes ne sont que symboliques. Leur rôle est d’abord de parler et de donner confiance car ce qui est annoncé par un ange donne une crédibilité supplémentaire au prophète. Les gens simples pensent : « si Dieu a pris la peine d’envoyer un ange pour nous l’annoncer, ça ne peut qu’être vrai ! ». Malheureusement, les progrès de la science révèlent très précisément le contraire. S’il est muni d’ailes, c’est parce que l’ange était supposé descendre du ciel, où devaient se trouvaient autrefois Dieu et le paradis. Hélas, force a été de constater qu’il n’y a plus grand monde là-haut. Mais, me direz-vous encore, je pinaille : quelle importance il y a-t-il, qu’en matière d’anges, on constate assez d’invraisemblances pour faire douter de leur existence ? Hé bien cette importance est capitale ! La logique veut que si dans un raisonnement quelconque, si les prémisses sont fausses (ici l’annonce faite par l’ange au prophète), c’est tout le discours qui doit logiquement être mis en doute. Ainsi un malin, comme Mahomet qui pensait, au 7ème siècle, se faire crédibiliser par l’ange Gabriel, apparaît désormais comme un imposteur. Mais : si le truchement de l’ange, disparaît, que reste-t-il de la parole prétendument divine ?
Moi Jésus, en tant que prophète professionnel, je suis mieux placé que quiconque pour vous donner les « ficelles » du métier. Je suis d’autant plus digne de confiance en cette matière que je n’ai jamais abusé de la confiance de quiconque. Pas plus de celle de mes apôtres que de mes fidèles. Je me suis contenté d’être un exemple vivant de bonté, de charité et de compréhension. Les seules fois où il m’est arrivé de tricher, c’est avec de bonnes intentions. Par exemple, pour guérir, pour consoler et le plus souvent pour extirper des cerveaux toutes sortes de folies. Je n’ai d’ailleurs menti que par omission, laissant seulement croire aux gens ce qu’ils avaient envie et seulement si ça leur faisait du bien. Je ne sais plus trop si c’est bien moi qui ai dit : « l’important ce n’est pas ce qui est vrai, c’est l’aide à vivre».
À la réflexion, peut-être aurais-je dû être moins laxiste. Les mensonges, même par omission se retournent souvent contre leurs auteurs. J’ai ainsi laissé parler de miracles parce que ça renforçait mon aura auprès des plus crédules. Pire, lorsqu’on me demandait par exemple, si je suis le fils de Dieu, je rétorquai malicieusement: « c’est vous qui le dites !». J’ai eu tort. J’expliquerai bientôt comment et pourquoi, à cause de ça, tout est devenu incontrôlable.

JESUS
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Mar 19 Jan - 13:28

Je raffolais de ces non réponses mettant dans l’embarras mes illustres interlocuteurs et me permettant d’éluder leurs questions. Je me croyais habile et pensais pouvoir manipuler les grands prêtres et le sanhédrin. La suite me montra que j’avais présumé de mes forces. Face à la haine, la peur et la cupidité, mes naïves et bienveillantes notions d’amour ne pesaient rien. Si on ne refait pas l’histoire, au moins peut-on tenter d’en déceler, a posteriori les causes et les mécanismes. Comme je le montrerai, rien ne survient d’importants par un soudain hasard. Nous sommes le résultat d’événements qui s’accumulent comme les nuages. Parfois, les plus menaçants ne font que passer, poussés par une heureuse brise. Parfois ils éclatent en orages sans que nous ayons le temps de nous protéger. C’est précisément ce qui m’est arrivé au bel âge de trente trois ans dans des circonstances parfaitement sordides sur lesquels je serai forcé de revenir longuement.

Auparavant, j’implore votre indulgence car vous ne manquerez pas de trouver dans mon récit un certain désordre apparent, des retours en arrière ou inversement l’annonce prématurée d’événements à venir. Si je prends quelques libertés avec la chronologie, c’est que je laisse libre cours à mes souvenirs qui s’enchaînent et rebondissent au gré du hasard. C’est aussi parce que deux mille ans ont passé et que le prisme du temps décompose les événements. Si bien que certaines vérités d’antan deviennent des mensonges, que des erreurs s’expliquent, et des illusions s’envolent.

Vous serez donc indulgents avec mon récit, ce n’est pas celui d’un mystique, c’est celui d’un homme. S’il est quelque peu décousu, il le sera toujours moins que cette bible que beaucoup chérissent exagérément, bien qu’elle résulte d’un assemblage hétéroclite de textes empilés au cours des siècles par des rédacteurs bien peu soucieux de cohérence. J’espère aussi que ce que vous trouverez dans mon aventure sera plus drôle, moins barbare et plus logique que ce ramassis de vieux textes donc beaucoup, à la lumière des circonstances nouvelles, ont si mal vieilli qu’ils mériteraient d’en être retirés. Les personnes qui en extraient encore naïvement ou de façon malveillante, quelques préceptes, ou fables intemporelles à leur convenance, auront peut-être du mal à cautionner la simple logique de mon modeste récit. Ils en seront pour leurs frais. Ma seule ambition est d’aider à mieux penser pour le bien de tous, et pourquoi pas, comme il n’y a pas de mal à se faire du bien, de vous réjouir si je peux.
Parfois on trouvera dans mon discours un brin de lassitude ou de tristesse. Je le regrette et si je manifeste quelque amertume, sachez que ce n’est jamais sur moi que je pleure, mais surtout vous que j’ai tant aimé.

Mais trêve de digression, je vais reprendre le fil de mon histoire...

JESUS
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Une histoire fascinante soit ! Mais, bien longue... !

Message  CORRE Marie-Claude le Mer 27 Jan - 14:24

Re-bonjour Jésus,

Dans votre dernière intervention vous disiez : "Mais trêve de digression, je vais reprendre le fil de mon histoire..." Cela fait un petit moment maintenant... pas de suite ?

Que se passe-t-il ? Est-ce que tout va bien ?

En fait, ce que je crains, c'est qu'en voulant apporter une forme de "vérité" sur votre histoire, vous ne tourniez continuellement "autour du pot", si vous me permettez l'expression !

J'ai peut-être l'impatience de la jeunesse (47 ans) mais je reconnais vos talents d'érudition dont le sujet principal est "vous même"...

Je pensais pourtant trouver en vous, une personne qui puisse aussi écouter les autres... Mais, peut-être que cette "vocation" ne fait partie que du "mythe Jésus qui nous aime"... ?

Qu'en pensez-vous ?

Bien amicalement : Marie-Claude

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Jésu a réponse à tout!!!

Message  Joguet le Jeu 28 Jan - 18:18

Conversation avec Dieu


L'homme dit : Dieu ?

Dieu dit : Oui

L'homme : Puis-je vous poser une question ?

Dieu : Bien sûr.

Une question pour dieu ou son représentant:
L' homme : Qu'est-ce qu' un million d' années pour vous ?

Dieu : Une seconde.

L' homme : Et un million de dollars ?

Dieu : Un centime.

L' homme : Pouvez-vous me donner un centime ?

Dieu : Attends une seconde...

Joguet
[justify]

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que devenez- vous ?

Message  Jacques le Sam 30 Jan - 22:00

Hé bien, Jésus, nous attendons avec impatience la suite de votre histoire... que devenez-vous ?
Sans doute avez-vous encore une bonne excuse, peut-être êtes-vous accaparé par les prières (un peu tardives) de ces pauvres haïtiens, ou avez-vous honte de cette avalanche de misère tombée sur ces malheureux ?
J'aimerais bien que vous me disiez ce qu'il en est de votre Dieu qui semble follement s'amuser avec la tectonique des plaques, et tenir nos semblables dans une complète indifférence. Fort heureusement les humains ne sont pas rancunier...

Jacques

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Pour me faire pardonner...

Message  JESUS le Dim 31 Jan - 20:26

Désolé pour absence. En ce qui concerne Haïti, je suis consterné par autant de malheur... Quand à l'indifférence divine nous en parlerons un autre jour. Pour me faire pardonner voici la suite de l'histoire :

Ma curiosité enfantine ne s’éteignit pas à l’âge adulte, mais s’orienta vers l’humain. Rien de ce qui était humain ne me fut étranger. On se souvient du plaisir que j’avais de la compagnie des femmes. Si les plus jeunes m’offrirent quelques voluptés que j’ai toujours considérées comme le plus beau présent divin et comme un avant-goût de paradis, les plus mures m’apportaient davantage en me communiquant leurs connaissances. Sur le moment, je ne prie pas conscience de l’étendue du savoir que pouvaient accumuler certaines femmes au cours de leur existence pour soigner, consoler, éveiller les consciences, protéger leurs proches avec une bienveillance que je ne me lassais pas d’admirer. Grace à elles, j’appris rapidement à soigner les petits bobos ou à réconforter ceux qui sont angoissés. Je compris rapidement qu’il y avait une interdépendance entre le corps et l’esprit, et que les soins dispensés à l’un pouvaient largement profiter à l’autre. En un mot, je pris conscience que si je parvenais à m’adresser à l’âme des gens (à ce que vous appelez l’inconscient), je deviendrais capable de les guider sur le chemin du bonheur ou pour le moins sur celui de la résignation.
Lorsque j’eus impression que les femmes de ma connaissance ne pouvaient plus rien m’apprendre de nouveau, je décidais de courir les villes et les villages du pays. Je mis au point un procédé très efficace consistant à recueillir, là où je me trouvais un certain nombre d’informations sur l’étape suivante : personne la plus appréciée, la plus riche, la plus bavarde. Ainsi, avant même de me rendre dans le village voisin, je savais sur quelle hospitalité je pouvais compter, quel bavard était susceptible de faire ma publicité ou quel danger allait me menacer. Je profitais en plus systématiquement de recommandations : « allez donc voir un tel de ma part... Ne manquez pas de saluer le rabbin qui est mon oncle... ». J'arrivais même à faire plus fort : si on me disait du mal de quelqu'un, j'avisais celui-ci qu'on m'avait dissuadé de le rencontrer mais que la mise en garde me paraissait si suspecte que j'avais eu envie d'en avoir le cœur net. A la suite de mes remarques, il m'arrivait de voir l'avare devenir provisoirement généreux ou les peureux paraître téméraires pour contredire la réputation souvent justifiée qui leur était faite. Le plus souvent, les recommandations étaient très utiles et me faisaient gagner un temps considérable. N'en négligeant aucune, je pouvais être simultanément recommandé à un notable, à une habile commère ou au rebouteux du village.
Parfois les recommandations étaient fort intéressantes. Je me souviens par exemple, qu'on m'avait recommandé un érudit versé dans la philosophie grecque. Bien que j'en fis sans le savoir, j'ignorais tout de la philosophie, n'ayant d'autres apprentissages que celui de la Torah, si bien que je me présentais devant le saint homme en ces termes :
- bonjour maître, je n'aurais jamais osé venir vous importuner sans l'insistance de votre neveu Samuel avec qui je m'entretenais la semaine passée. Il m'a recommandé de venir voir, m'assurant que nul mieux que vous ne connaît les philosophes de la Grèce et que vous êtes ici la seule personne à pouvoir en enseigner les incomparables mérites.
- sachez, mon jeune ami, que le monde juif ne fait pas grand cas de cette philosophie-là.
- peut-être me serait-t-elle de quelque utilité pour m'aider à comprendre les gens.
- pourquoi avez-vous besoin de comprendre, ne pourriez-vous seulement, comme moi, les supporter ?
- si j'en suis curieux, c'est parce que j'ai aussi entendu dire que les Romains qui, présentement nous gouvernent, ont beaucoup emprunté au grec.
- ce n'est pas inexact.
Une servante va nous apporter un plateau avec du thé et quelques douceurs. Mon hôte m'avertit aussitôt de faire attention car la table était branlante. Il m'encouragea à me restaurer et m'informa qu'une affaire urgente devait le retenir pendant une petite heure, mais qu'à son retour nous reprendrions notre conversation. Dès qu'il eut disparu, après avoir avalé quelques gâteaux, j'examinais la table y constatais que les quatre chevilles fixant les pieds avaient un jeu considérable.
Ayant trouvé du bois près de la cheminée ainsi qu'un couteau, j'entrepris aussitôt de tailler quatre nouvelles chevilles qui, une fois mises en place éliminèrent totalement les jeux intempestifs. Cette opération terminée, je remise le plateau et achevais le thé et les gâteaux, en prenant soin d'en laisser un, selon la coutume locale pour signifier qu'on est rassasié.

Lorsque le saint homme revint, il désigna l'assiette en me disant :
- j'aimerais bien savoir si vos talents sont à la hauteur de votre appétit ?
- hélas, maître, mes connaissances sont bien minces, mais ma curiosité est grande.
- mais encore, avez-vous un métier ?
- je sais un peu de menuiserie...
- c'est une aide médiocre pour la philosophie.
- je sais aussi un peu de médecine...
- nous ne sommes guère plus avancés.
- je sais autre chose, mais j'ai peur que si je vous le dis, vous vous moquiez.
- dites toujours !
- je sais... ou plutôt je m'efforce... de parler aux âmes.
- effectivement, c'est moins banal, et, si ce n'est pas indiscret, en quelle langue leur parlez-vous, à ces âmes ?
- comme tout le monde, en araméen. C'est, la seule langue que parle Dieu.
- peut-être êtes-vous un peu restrictifs.
- vous ne voudriez quand même pas que Dieu parle chinois ?
- non mais, grec, latin ou arabe.
- Dieu, parler arabe ? Vous plaisantez je pense. Ce serait aussi ridicule que moi devenu le roi des juifs !
- naturellement, et que savez-vous d'autres ?
- eh bien, il m'arrive, en plus de guérir les gens, de réparer des objets, par la simple imposition de mes mains.
- voila qui est intéressant, se moqua-t-il, et que pourriez-vous pas réparer ?
- je ne sais pas…pourquoi pas cette table dont vous m'avez prévenu qu'elle était branlante ?

J'étais radieux car que ma supercherie allait fonctionner sans que j'ai besoin de forcer mon talent. Pour profiter de la situation, je repris :
- auparavant, maître, permettez-moi de débarrasser le plateau. Il n'est jamais bon d'interposer du métal, souffrez que je mette le maximum de chances de mon côté.

Je m'exécutais, puis fermant les yeux dans une attitude de concentration, je vint caresser légèrement la surface du bois. Enfin, je me rassis en essayant de conserver mon sérieux.
- et alors ? Dit mon hôte.
- alors j'espère que votre table préparée, à moins que l'opération n'ait échoué, et dans ce cas, j'implore humblement votre indulgence.
- ce serait bien un miracle si... L'homme s'interrompit car il venait de se rendre compte, en touchant la table, qu'elle n'avait plus aucun jeu.
- vous voyez, maître, vous vous moquiez déjà quand je vous ai annoncé que je parle aux âmes, alors si je vous avais révélé que je fais aussi des miracles, vous ne m'auriez jamais cru !
Se voyant mystifié, il se mit à rire avec une bonne humeur qui faisait plaisir à voir. Puis, voulant profiter jusqu'au bout de la plaisanterie, il appela sa servante et lui demanda si quelqu'un était venu réparer cette table. Comme la femme assurera que personne n'était venu, et que la table branlait encore lorsqu'elle avait posé le plateau dessus, il lui suggéra de se rendre compte par elle-même que la table en question n'avait plus aucun jeu. Il conclut d'un air naturel :
- alors il n'y a pas de doute, ce que me dit ce jeune homme est exact, il l'a réparé en posant juste ses mains dessus, voila ce qu'ils appellent un miracle, non ?
- un très petit miracle, objectais-je, si vous avez autre chose à réparer dans la maison, n'hésitez pas.
Cette plaisanterie eut deux conséquences. L'une fut que le savant homme, amusée par ma facétieuse habilité, m'accorda choisir de réduire, largement son estime.
La seconde fut que la servante qui était une bavarde, alla colporter l’étonnante nouvelle qu’il y avait chez son maître un jeune homme nommé Jésus faisant des miracles. Finalement la plaisanterie se retourna contre moi car, au village on me demanda d’accomplir encore quelques miracles, ce que je refusais obstinément.
Dès le lendemain mon enseignement commença. Je découvris avec le plus vif intérêt les services, mais ma préférence alla immédiatement à Épicure. Ses recommandations sur les désirs me semblèrent judicieuses. Il préconisait de se limiter à la satisfaction des désirs naturels et nécessaires, d’éviter ceux naturels et non nécessaires, mais surtout de fuir ceux non naturels et non nécessaires. Ce sage conseil me renforça dans l’idée que j’avais de fuir les honneurs, la richesse ou la notoriété. Je compris aussi le mécanisme du plaisir, si nécessaires à la vie. Enfin, lorsque j’appris qu’Épicure avait mis en pratique dans son jardin le principe de bienveillance, d’ascèse, de respect mutuel, de communauté et de vertus morales, une question me vint à l’esprit :
- pourquoi, demandai-je une telle société de respect et d’amour n’a-t-elle pas connu le succès qu’elle méritait ?
- la première raison c’est que les philosophies concurrentes ont cherché à discréditer Épicure en le faisant passer pour débouché, buveur et noceur.
- mais, ne m’avez-vous pas dit qu’il souffrait de la maladie de la pierre qui lui interdisait tout excès ?
- les calomniateurs ne reculent devant rien, non seulement ils ont falsifié une réalité qui le dérangeait, mais en plus ils ont détruit la totalité de son œuvre pourtant considérable. Tout ce que nous savons d’Épicure ce sont des bribes d’informations, quelques lettres et de rares citations. Si Épicure a eu quelques disciples, aucun d’entre eux ne semble avoir eu le talent maître de l’opportunité de faire connaître son message.
- quel dommage, maître, peut-être aurions-nous pu connaître un monde où les hommes bannissent le désir non naturels et non nécessaires qui sont la cause de tous leurs malheurs. Imaginez un monde de tolérance, de respect mutuel, la vertu soit naturelle, et l'amour règne.
- mon pauvre Jésus, ne rêvez pas, l'homme est un loup pour l'homme, on n'en fera pas un agneau.
- dommage pour Épicure, mais peut-être faudrait-il essayer encore...
- et comment, je vous le demande ?
- en poursuivant le chemin ouvert par Épicure, lui a découvert le mécanisme des désirs, pourquoi ne découvrirai-je pas ceux de l'amour ?
- l'humain étant ce qu'il est, vous n'avez aucune chance, alors permettez-moi de vous donner quelques conseils : ne vous réclamez jamais d'Épicure, sa réputation vous nuirait, contentez-vous d'essayer de savoir comment fonctionne l'âme humaine.

Le saint homme me donna beaucoup de conseils que je n'ai pas suivi. Puisque tout semblait me réussir, je poursuivis mon chemin d'un pas alerte avec l'inconscience heureuse de vingt ans.

JESUS
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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  JESUS le Lun 1 Fév - 20:37

Marie Claude me manque... je poursuis stoïquement mon histoire, elle est pour l'instant connue et banale, mais dans quelques jours vous devriez être surpris...

Pendant quelque temps tout se passa bien pour moi. Je parcourais villes et villages au gré des opportunités. J'avais mis au point un enseignement pour rendre les gens plus heureux. Je m'étais fait des amis un peu partout et j'étais fier d'avoir le gîte et le couvert là où le hasard me conduisait. Certains de ces amis m'accompagnaient parfois pour assister à mes sermons. La ville de Nazareth paraissait s'être endormie dans les lourdes chaleurs estivales. Ariel avait épousé une petite femme ambitieuse qui le conduisait avec une admirable détermination. Cette femme ne m'appréciait pas. Sans doute me reprochait-elle d'avoir été aimé avant elle. Mais plus que tout, elle redoutait le charme de mes paroles.
Il est vrai que j'étais passé maître dans l’art faire rêver et de donner de l'espoir. Certains pensaient même que pour avoir une telle éloquence, je devais être inspiré de Dieu. Je ne démentais jamais, mais avec un sourire modeste et un léger geste de la main, je repoussais de telles suggestions. J'avais en fait, mise au point une organisation assez élaborée pour que la séduction et la persuasion soient plus faciles. Voici comment je procédai : avant de me rendre dans un lieu quelconque, j'envoyais sur place certains de mes compagnons les plus habiles pour préparer le terrain.
- chers amis, commençaient-ils, nous avons une merveilleuse nouvelle à vous annoncer : Jésus, va venir ici !
- c'est qui ce Jésus ?
- mais voyons, c’est le célèbre rabbi, qui apporte du bonheur à tous ceux qui l'écoute. Il libère de leurs maux, il met du baume au cœur à ceux qui souffrent. Il révèle la beauté du monde, et nous fait deviner des vérités insoupçonnées.
- encore un vieux fou !
- non, mesdames et messieurs, le plus extraordinaire c'est que malgré son étonnante sagesse, ce Jésus soit encore un homme jeune dont les dons vous surprendront.
- quels dons a-t-il ?
- la générosité, la beauté, autant celle du corps que de l’âme, et nous ne vous parlerons pas des miracles qu'il a accomplis car, étant d’une grande modestie, il souhaite qu’on n’en parle pas.

Ainsi préparés, les gens se mettaient à parler entre eux. Les sages espéraient voir un sage, les femmes admirer un bel homme, et les naïfs assister à des miracles. Chacun y allait de ses interrogations, de ses fantasmes et de ses illusions. Les ragots les plus ridicules côtoyaient bientôt les réactions de bon sens. Alors la rumeur enflait, se répandait partout, avivée par la curiosité, elle atteignait les gens le plus taciturnes ou indifférents. Tant et si bien que, lorsque j'arrivais, chacun était impatient de m’entendre. Tous les prophètes sérieux le savent, la préparation est une étape primordiale. Si vous venez en quémandeur, c'est l'échec assuré. Si, par contre, vous êtes attendu, tout est plus facile. C'est la raison pour laquelle, lorsque certains demandaient à me suivre, je répondais invariablement : « je préférerais que vous me devanciez : vous serez plus utiles pour apporter la bonne parole ».
C’est ainsi que je réduisis au maximum la troupe qui me suivait. Le chiffre de douze sembla un temps me porter bonheur. Il était d'ailleurs, à l'époque très courant pour compter les œufs, les heures ou les moutons. Ce système, reconnaissons-le, n'était pas le plus simple pour compter sur ses doigts. Il me valut d'ailleurs une question : « pourquoi, rabbi, on compte par douze alors que Dieu ne nous a fait que 10 doigts ? ». Histoire de rire un peu, je répondis : nous avons sans doute un doigt invisible dans chaque main, celui qui désigne Dieu. À ma grande surprise ça ne fit rire personne, tout le monde sembla croire à cette explication saugrenue. Je m'aperçus, une fois de plus ici, que quand on parle de Dieu, les gens sont prêts à croire n'importent quoi.

Au fur et à mesure, l'équipe qui me suivait s'enrichissait de talents nouveaux et complémentaires, capables d'affronter toutes les situations et d'anticiper les problèmes. Si bien que, lorsque nous arrivions quelque part, il ne nous fallait pas plus de deux heures pour trouver le ou les lieux pour prêcher, pour obtenir la protection des personnes influentes ou pou régler les questions relatives au gîte et au couvert.
Non seulement l'essentiel de mes sermons étaient parfaitement argumentés et rôdés, mais surtout, je prenais grand soin d' y incorporer des détails résultants d'informations que l'on m'avait transmis. Ce pouvaient être : un drame familial récent, une heureuse alliance, un puits asséché, la maladie ayant frappé des animaux, le prix du blé ou autre détails du genre. Cette petite touche personnelle pouvait faire croire à l'auditoire que je n'étais venu ici que pour eux, puisque j'étais au courant de leurs petits secrets. Ils avaient l'impression que j'étais un peu des leurs ou que je disposais d'un don d'extra lucidité. Ils pouvaient avoir d'autant mieux cette illusion qu'en parlant, j'essayais toujours de regarder les gens droit dans les yeux.

J'avais aussi un certain nombre d'astuces destinées à faire participer l'assemblée. Le plus efficace était de faire poser, à des moments clés par des disciples mêler à la foule, des questions préparées d'avance. Je recommande le procédé à tous les orateurs souhaitant chauffer un peu une salle dans laquelle personne n'ose prendre la parole. En plus, comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, on peut concevoir les questions en fonction des réponses qu'on aimerait apporter.
Il m'arrivait aussi de pacifier des litiges du genre poules volées, ou conflits de voisinage au moyen d’un procédé efficace. Connaissant le litige, il me suffisait d’inventer une fable ou une parabole sur le même sujet en induisant une morale pacificatrice. Puis, avant de poursuivre mon discours, je demandais si l'on aurait connaissance ici de tels désordres. Si tel était le cas, j’offrais une occasion unique aux personnes de bonne volonté d’accomplir mon message de clémence et d'amour. Les échecs étaient assez rares, si bien que souvent, plusieurs jours après mon prêche, j'étais encore invité à donner, ici ou là, un arbitrage consistant la plupart du temps à sauver la face aux belligérants trop heureux d'enterrer un conflit empoisonnant leur existence.

Chacun se souvient de l’anecdote de cette femme adultère devant être lapidée. J'avais été informé du drame la veille. J'étais très ennuyé, d'une part parce que chacun anticiperait de ma part une condamnation exemplaire à laquelle je répugnais. Mais aussi et surtout parce que j'avais en mémoire les dangereuses incartades de ma prime jeunesse et les faiblesses que j'avais eu moi-même pour quelques femmes mariées. Si notre discrétion nous avait toujours miraculeusement épargné, je n'en étais que plus compatissant pour la malheureuse et pour le séducteur. Quand j'ai appris, de plus, que le mari n'aurait demandé qu'à pardonner si la faute n'avait pas été si bêtement rendue publique, j'imaginais le stratagème que l'on sait. Je concentrais tout mon discours sur notre responsabilité face au péché, sur l'expiation des fautes, sur la réparation des erreurs et surtout sur le pardon. Aussi lorsque j’eu terminé, chacun fut stupéfait de m'entendre dire : « puisque nous devons lapider une malheureuse, allons-y maintenant tous ensemble ». Arrivés sur place, un cercle se fit avant qu'on amène la pécheresse et je déclarais soudain : « à propos, n’y aurait-il pas ici certaines personnes parmi vous qui ont également fauté et qui mériteraient aussi d'être lapidé si leurs péchés étaient connus ? ». Je fis le tour du cercle en dévisageant les spectateurs. Je décelais quatre ou cinq regards fuyants. Je déclarais alors : « il y a au moins cinq pêcheurs qui mériteraient aussi d'être au centre du cercle ».
Les gens s’observèrent avec insistance. On vit alors des regards se charger de reproches ou de peur. L'inquiétude et le malaise étaient palpables car les plus prompts à se réjouir lors des lapidations sont toujours les plus vicieux, les plus fautifs, ceux qui font souvent payer aux autres le prix de leurs propres turpitudes. Quand la malheureuse arriva, à la surprise générale je pris une grosse pierre puis je me plaçais devant l'homme que je savais le plus pervers et belliqueux des villageois et je lançais la fameuse formule : « que celui qui n'a jamais péché lui lance la première pierre ». Lentement je me retournai vers la femme adultère et d’un grand geste, laissais choir ma pierre. Beaucoup m’imitèrent et personne, même les plus cruels, n'osa sur l'instant lancer son projectile. Avant que quiconque ne puisse se raviser (je connais la stupidité et la bêtise des gens) j'avais conduit la femme vers son époux en lui disant : « la justice de Dieu tient compte autant du pardon que du repentir ». Cette anecdote et tant d'autres encore confirmèrent que, pour marquer l'esprit du peuple, il faut réaliser des actions spectaculaires plus que de long discours.

C'est ainsi que ma renommée s'accrut et que de nombreuses villes et villages en vinrent à demander ma venue. Il n'y a qu'un endroit où j'évitais d'aller prêcher : Jérusalem. Cette ville inquiétait. Elle était le lieu du pouvoir, la convergence de toutes les ambitions autour de l'omniprésent temple.

JESUS
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ça ne s'arrange pas...

Message  JESUS le Mer 3 Fév - 11:59

On se souvient que j’étais allé voir mon cousin Jean sur les rives du Jourdain une dizaine d’années auparavant. Hérode qui se méfiait des agitateurs l’avait fait mettre en prison pendant quelques mois pour l’intimider. Hélas, le bâtisseur avait repris ses coupables activités, poussé par la foule de ses fidèles et par une sorte de folie. Tant et si bien que le grand roi, largement encouragé par les prêtres du temple fut contraint cette fois de le faire exécuter. Si je rapporte le fait, c’est que j’avais eu sous les yeux, en sa personne, l’exemple d’une imprudence dont j’aurais dû me garder. Celui qui brave les prêtres détenant jalousement le pouvoir et la puissance du temple et qui menace l’ordre public en galvanisant les foules, ne doit pas être étonné de voir se refermer sur lui un piège inexorable. Les prêtres ne reculaient devant rien pour tuer dans l’œuf toute hérésie nouvelle, toute concurrence. Or, ils avaient appris qu’un certain Jésus parcourait le pays avec un message d’un genre nouveau. Il parlait d’amour, de tolérance, de respect mutuel. Pendant quelques temps ce discours fut considéré comme si parfaitement saugrenu, qu’ils n’y attachèrent aucune attention.

Dans cette terre ingrate de Palestine, les prêtres ne misaient que sur l'efficacité de la crainte de Dieu, sur l’obéissance inconditionnelle aux rituels et sur une étude obsessionnelle de la Torah où le croyant doit puiser aveuglément toutes ses certitudes à force de lire entre les lignes. Cependant le temps passait, je venais d'avoir trente deux ans et ma réputation s'était assez étendue pour que les prêtres commencent à s'inquiéter sérieusement. D'autant que, contrairement à Jean le bâtisseur, je n'avais créé jusqu'alors aucun désordre. Je me contentais de prêcher un dieu bienveillant souhaitant la paix, la concorde et l'amour parmi les hommes considérés comme ses enfants. J'expliquais simplement que les pires maux dont souffrent les humains sont toujours ceux qu'ils s'infligent eux-mêmes. Ce sont en particulier ceux provoqués par la guerre et ses conséquences de destructions, d'humiliations, d'abus de pouvoir, ou de servitude. Pourtant, sur le long terme, qu'elles soient gagnées perdues, les guerres se compensent, s’oublient et finalement ne créent que le malheur pour ceux qui ont dû en souffrir. Alors que la terre pourrait être une sorte de paradis, la bêtise, la cupidité, la folie et l’inconséquence des humains la transforment en enfer.

Les grands prêtres auraient pu s'accommoder de ce discours qu'ils jugeaient bien irréaliste. Ils commencèrent cependant à s'inquiéter lorsque le Dieu d'amour auquel je faisais référence se mit à se différencier singulièrement avec le leur. Celui de la Torah est, en effet, violent, jaloux et n'hésite pas à recourir selon les besoins à des punitions extravagantes ou à susciter les pires catastrophes. Mon Dieu avait, au contraire, avec les humains le même rapport qu’un père bienveillant avec ses enfants. C'est pourquoi, au lieu de dire Dieu, je disais souvent père, à telle enseigne que certains pensèrent que j'étais vraiment le fils de ce Dieu que j’appelais père. Je dois avouer que, lorsque j'entendis pour la première fois cette drôle d'idée, cela me fit beaucoup rire. Cependant je laissais dire, car comme pour la rumeur sur le miracle, j’en retirais sur l'instant une autorité accrue.

Ce qui devint surtout totalement inacceptable pour les grands prêtres, c'est lorsque je me mis à prétendre que, sous le regard de Dieu, tous les hommes sont égaux comme peuvent l'être les enfants également choyés d'une même famille. Les conséquences d'un tel principe furent considérables ! Un pauvre valait donc un riche, une femme valait un homme, un mécréant valait un prêtre. Ce principe d'égalité, conséquence logique du message d'amour que j’aspirais à promouvoir fut accueilli avec enthousiasme par l'immense majorité des petites gens, des paysans et de la population servile. Sans le savoir j'avais signé là ma perte car ce principe généreux abolissait toutes les hiérarchies sur lesquels reposait la société de l'époque. Au rapport de forces j’opposais de la bienveillance, le mutuel respect et le juste partage. À la crainte de Dieu, j'opposais l'amour du créateur. À la loi autoritaire des prêtres, j'opposais la simple pratique d'une vertu partagée.

A cette époque, je n'avais pas très envie d'aller à Jérusalem. Nous étions à une semaine de la pâque juive qui rassemble des milliers de personnes affluant de tous le pays pour faire la fête. Je me laissais pourtant convaincre que ce serait une occasion unique de porter la bonne parole à une foule nombreuse. En arrivant au temple, une altercation éclata subitement avec l’un des marchands qui vendent des animaux pour les sacrifices. Je lui dis que Dieu n'avait nul besoin de voir trucider du bétail, puis dans la bousculade son étal fut renversé. On me déclara responsable du désordre qui suivit et je n'eus que le temps de m'enfuir pour ne pas être arrêté par cette bande de brigands. Ce que je ne savais pas c’est que je venais de tomber dans un piège préparé par les grands prêtres. Le jeudi suivant, j'étais encore à Jérusalem en train de déjeuner avec mes compagnons, ignorant complètement que les prêtres avaient envoyé des soldats pour m'arrêter au motif que j'avais créé des désordres et profané le temple. Me sachant homme de bien, accusé à tort et certain de faire valoir mon bon droit, je suivis les soldats.

Or cet épisode de la cène qui a été si largement commenté et peint par les artistes les plus illustres, ne correspond pas du tout à la réalité. Je n'aurais, en effet, jamais pu dire : « prenez, manger ceci est mon corps » pas plus que : « buvez, ceci est mon sang, le sang de l'alliance qui va être répandu pour une multitude, pour la rémission de leurs péchés ». Quelle personne sensée pourrait en effet, prononcer une phrase pareille ? Les évangélistes ne l'ont ajouté pour donner du sens à ce qu'on appellera l'eucharistie, invention fort astucieuse mais que je conteste formellement. N'oubliez pas que, prônant la douceur et la bienveillance, j'étais un farouche adversaire des sacrifices d'animaux. Imaginez donc ma réprobation pour un sacrifice humain, fût-il symbolique. Ceci aurait été pour moi simplement inadmissible.

Je voudrais également rendre justice à ce pauvre Judas. Cet ami dévoué, le plus fidèle qui ne m'a jamais trahi ! Il était le plus honnête et le plus intègre de tous. Ma confiance était telle que c'est à lui que j’avais confié la gestion de notre pécule. Pourquoi donc a-t-il été si injustement calomnié ? C'est parce qu'il fallait un coupable dont la faute fasse oublier celles des grands prêtres, et le supplice que m'infligèrent les Romains. Sachez que les premiers chrétiens, qui profitèrent tant de la pax romana pour se multiplier et s’étendre dans tout le bassin méditerranéen et ne pouvaient en effet se mettre mal avec l'empire romain. Il était donc plus judicieux de concentrer le crime sur un coupable idéal dont on a fait l'archétype du traître cupide. Mais, lorsque plus tard, la secte juive appelée chrétienne, d'opprimée devint oppresseur, elle utilisa honteusement la figure de Judas pour stigmatiser les juifs considérés désormais comme peuple déicide. Vous connaissez les ravages faits par l'antisémitisme, exutoire de la bêtise et de l'intolérance au cours des siècles. Ce qu'ont oublié les chrétiens, lorsqu'ils constituèrent leur église triomphante, c'est que moi, rabbi Jésus ainsi que mes apôtres nous étions non seulement juifs, mais surtout des juifs pieux et idéalistes. En persécutant les juifs, c'est comme si l'on avait crucifié une seconde fois. Mais je n’insisterai pas ici sur la dérive sectaire que connut le Christianisme au cours de son histoire. Je vous promets cependant de vous révéler comment et par qui mon message d'amour fut défiguré. Vous comprendrez alors qu'en matière de trahison, je fus amplement servi.

Pour en revenir à mon histoire, chacun sait comment je fus arrêté. Avec quelle précipitation je fus jugé par le sanhédrin, cette assemblée honteuse qui expédia aussi vite que possible la sale besogne dont elle était chargée. On m’accusa d'être un fauteur de troubles, d'avoir profané le temple, de ne pas respecter de la loi talmudique, d’être sodomite et par dessus tout d’avoir la présomption de me prendre pour le fils de Dieu. C'est alors seulement que je m'aperçus que j'étais tombé dans un traquenard et comment tous les ragots et toutes les rumeurs allaient être utilisées contre moi. J'avais pensé naïvement que ma qualité d'homme de bien, de rabbi vertueux, aurait pu me mettre à l'abri de la haine. Voici pourquoi je me suis laissé cueillir si bêtement par la soldatesque alors qu'il m'aurait été tellement simple de me dissimuler et de narguer à ma guise les suppôts du temple.

La vérité, c'est que je me suis fait prendre comme un rat dans une nasse. Je reconnais que la mise en scène qui a été inventée par la suite a rendu moins sordide mon arrestation. Il faut cependant être bien crédule pour y ajouter foi car reconnaissons simplement : si j'avais été avisé d’être trahi par Judas, aurais-je été assez stupide pour attendre gentiment d'être capturé ? Pour croire à une telle ineptie, il faudrait admettre que j'aie organisé moi-même les circonstances de mon arrestation, ce qui constituerait une sorte de suicide. Or, pour ceux qui ont écrit mon histoire à leur façon, je ne pouvais apparaître ni comme un imbécile, ni comme un suicidaire. Ils sortirent astucieusement de ce dilemme en utilisant cette rumeur voulant que ce soit le fils de Dieu. Leur thèse devenait alors que Dieu a sacrifié son propre fils pour que soient expiés les péchés des humains. De victime maladroite, je devenais un glorieux rédempteur !

Si j'ai toujours été un admirateur de l'intelligence, je confesse que je le suis encore plus de la bêtise cas, si la première rencontre aisément des bornes, la seconde est illimitée. Cette affaire de rédemption en fut la plus belle illustration : elle fut utilisée avec brio par le malin et s’imposa massivement auprès de crédules. Cette idée de prétendre que l'on puisse par la douleur et la mort racheter les péchés des humains est une pure idiotie. Elle impliquerait que Dieu soit simultanément bien cruel pour accepter un tel sacrifice, et bien inconséquent puisque, s’il a créé les humains imparfaits et pêcheurs, il ne devrait s'en prendre qu'à lui-même. Nous avons déjà expliqué la chose à propos du péché originel qui procède du même illogisme.

Mais, me direz-vous (fort justement), que m'importe cette fable de la rédemption, pourquoi me hérisserait-elle le poil rien que d'y penser ? Eh bien, c'est parce qu'elle est à l'origine d'un impardonnable malentendu, d'une honteuse usurpation, d'une consternante falsification, d'un tour de passe-passe diabolique qui, aujourd'hui encore provoque ma colère ! À la place de mon message d'amour encourageant les hommes, à se comprendre, à vivre dans la paix et la bienveillance, on mit une injonction absurde : aimer ce rédempteur malgré lui dont la besogne est de laver les péchés ! Pourquoi est-ce absurde ? Parce que ma crucifixion d’il y a deux milles ans n’a servi à rien : nos semblables sont toujours aussi peccamineux !

JESUS
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Une fin regrettable (surtout pour moi)

Message  JESUS le Jeu 4 Fév - 21:02

Désolé de vous infliger une aussi triste suite...

Une fin regrettable
Lorsqu'on sait combien il est difficile d'arriver à faire vivre ensemble les humains dans la paix, et facile de les fanatiser autour d'une idée absurde, on peut comprendre que moi, Jésus qui toute sa vie à encourager la bienveillance et l'altruisme, je sois dans une noire colère, regrettable attitude si peu conforme à ma vraie nature. Lorsque le calme auquel j’aspire sera revenu, j'expliquerai comment et pourquoi mon sublime message d'amour fut bafoué est détourné par quelques ambitieux et beaucoup d’ignorants.

Les prêtres me remirent donc aux Romains et je fus crucifié au milieu d'une foule haineuse. Je connus là le plus grand désespoir de ma vie. J'étais anéanti et brisé. J'ai dit alors : « mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ? ». Dans son indifférence absolue, Dieu me laissa agoniser et comme tous les crucifiés je mourus d’étouffement. Pour parfaire l'horreur de mon supplice on a prétendu que j'avais été cloué sur la croix. Je fus, en fait attaché, procédé plus simple à mettre en œuvre car d’une part les clous forgés coûtaient cher à cette époque, mais aussi et surtout parce que, comme chacun sait la chair est faible et que les clous plantés dans les mains tiennent médiocrement. Je me devais de corriger cette erreur historique de peu d'importance, sauf pour les marchands de reliques ou les imposteurs censés reproduire les fameux stigmates.

Je ne souhaite pas m'étendre davantage sur ce terrible épisode qui a couronné mon échec ici-bas. Je ne dirai rien sur la manière sadique dont a été raconté mon supplice, avec le chemin de croix, les échanges saugrenus avec les larrons et aussi les lourds symboles qui ont été rajoutés. Sachez que lorsqu'on est accroché par les bras sur une croix on a rarement envie de discuter et de faire de belles phrases pour la postérité. Je connais simplement envahi de terribles douleurs dans les bras et dans le torse car la cage thoracique reste bloquée en extension. On se contente de crever en silence car bientôt un simple râle devient impossible. Vous voyez, la crucifixion n'a aucun intérêt autre que d'exposer longuement à la vue des vivants les suppliciés afin de montrer la manière exemplaire dont sont châtiés les criminels. Je me dois de donner ces détails sordides pour faire réfléchir ceux qui se satisfont de symboles en oubliant la réalité. Ceux qui prennent pour argent comptant toutes les fariboles que les malins et les méchantes ont inventé à mon propos. Comme tous les supplices, celui de la crucifixion est une ignominie, une simple abjection. Avoir choisi un instrument de torture comme la croix pour symboliser une religion m'apparaît aujourd'hui encore comme une gravissime erreur. C'est la marque d’un dolorisme regrettable, d'une absence de jugement et pour les plus bienveillants d'une faute de goût. Il faut être soit inconséquent, soit singulièrement malsain, pour apprécier un symbole aussi morbide, pour orner ses églises de crucifix de grandeur nature et d'un réalisme odieux, ou pour accrocher des croix au cou des enfants.

Certains diront : « Jésus, vous êtes excessif, quand on voit une croix, on ne pense pas à tout ça ». C'est précisément ce que je vous reproche ! L’inconséquence, l'ignorance ou l'aveuglement ne sont pas des excuses pour que vous preniez des symboles pour des lanternes. En vérité, je vous le dis, il faut se garder de ceux qui ont des yeux et ne voient pas. Je me demande quel type de symbole on aurait choisi si Jésus avait subit un supplice différent. Se serait-on accroché un pavé au cou s'il avait été lapidé ? Un couteau s'il avait été égorgé ? Mais que serait-il advenu s'il avait été empalé ? Imaginez le drôle de signe de croix qui se ferait dans les églises ! J'arrêterai ici de plaisanter car je vois déjà le regard sévère et les lèvres pincées des bien-pensants qui me diront : « Jésus, vous blasphémez, vous foulez aux pieds les choses les plus sacrés ».Je crois avoir payé assez cher pour me permettre le luxe de dire quelques vérités, même s’ils sont inconfortables à entendre, ou pour m’amuser sur moi-même. A cet égard, j’ai eu le bonheur de voir quelque chose de rassurant. Un petit garçon ayant trouvé dans le grenier de son grand-père un bon crucifix en bronze ayant perdu sa croix en bois, eut la charmante idée d’en plier joliment les bras, l’un vers le haut, l’autre vers le bas. Alors, par magie, de supplicié, j’ai eu le bonheur d’être transformé en danseur de flamenco.

Pour terminer sur ce point, sachez que le symbole que j’aurais désespérément voulu voir attaché à mon nom, aurait été l’image d’un sourire ou d’un simple regard bienveillant. Imaginez, en effet, la force que pourraient avoir des yeux qui vous rappellent sans cesse que vous êtes sous le regard de Dieu, que votre conscience veille. Mais aussi que vous n’êtes pas seuls et que moi, Christ d’amour, je suis avec vous. Le regard étant le reflet magnifique de l’âme, quel plus beau symbole auriez-vous pu trouver que deux grands yeux ouverts éternellement sur le monde ?

JESUS
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Jésus qui nous aime.... ?

Message  CORRE Marie-Claude le Ven 5 Fév - 17:45

Bonjour Jésus,

"Je vous manque" dites-vous... Je ne pense pas !

Je vous ai écrit un petit mot auquel vous n'avez pas répondu...

Je faisais mention que votre histoire était bien longue...!

En effet, je viens d'imprimer 9 pages de votre érudition pour la lire (car, j'avoue : j'avais laissé tomber !) ; la lire donc ! et essayer d'y répondre... à ma façon !

Avant de vous précipiter pour continuer votre histoire, car votre dernière question amènera sûrement une voire plusieurs réponses...laissez-moi le temps de vous lire...!

Avec mes remerciements, amicalement : Marie-Claude

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Mea culpa

Message  JESUS le Ven 5 Fév - 21:08

J'ai honte... j'ai vraiment loupé votre message, aussi incroyable que ça puisse paraitre. J'avais vu celui de Joguet, mais je ne pouvais supposer que le vôtre se trouvait caché devant. Sans doute avez-vous l'impatience de la jeunesse : 47 ans, quel bel âge qui allie la grâce à l'expérience...

Vous avez mille fois raison : tout ce que j'ai raconté jusqu'à présent n'est pas très drôle, mais il était nécessaire de commencer par le plus rébarbatif, c'est-à-dire ma lugubre histoire. Or j'ai le plaisir de vous annoncer que celle-ci est terminée. Je vais maintenant m'amuser à me mêler de ce qui ne me regarde pas et à répondre, grâce à mon expérience de 2014 ans, aux grandes questions que se posent les humains. Bien évidemment si vous-même avez des questions pointues, des paradoxes à élucider, des fantasmes, je serai à vos ordres pour vous répondre.

Je ne sortirai pas de mon domaine de prédilection, mais le ton va changer. C'est ainsi que je vais vous parler de : pourquoi Jésus s'est mis sur internet - des fous de Dieu - de la recette pour fabriquer des belles religions - de mon collègue Mahomet - des astuces pour faire du neuf avec du vieux - des belles âmes - de la manière la plus rentable de prier - de la meilleure façon de remplir les églises - du fonctionnement de la foi - de Satan auxiliaire indispensable du Tout Puissant - etc... mais le plus grandiose sera mon message final !

Pour l'instant, j'implore votre indulgence et votre pardon. Si vous avez une prière particulière à adresser à Dieu, comme je suis assis à sa droite, il m'est facile de mettre discrètement votre prière sur le dessus de la pile (mais n'en dites rien à personne sinon je vais être assailli par les quémandeurs).
Jésus qui vous aime I love you

JESUS
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Jésus qui nous aime

Message  CORRE Marie-Claude le Sam 6 Fév - 0:11

Cher Jésus,

N'ayez pas honte... Cela arrive à tout le monde de "louper" quelque chose qui plus est, parait insignifiant en soi !

"Sans doute avez-vous l'impatience de la jeunesse : 47 ans, quel bel âge qui allie la grâce à l'expérience..." Vous m'avez taxée d'impatience... Or, je ne suis pas vraiment dans cette dynamique que vous décrivez ! Du moins, je ne m'y retrouve pas. Si je vous racontez mon histoire ?... Mais, j'ai peur qu'elle soit moins intéressante que la votre !

Comme je vous l'ai dit dans mon dernier message, je vais lire attentivement... "(votre) lugubre histoire"
En effet, j'ai peur, de mon côté, d'avoir loupé quelque chose d'important, d'attrayant ou de touchant comme vous me l'aviez promis.

Vous dites : "Je vais maintenant m'amuser à me mêler de ce qui ne me regarde pas". Je vous reconnais bien là... ! Toutefois, je puis vous assurer que je n'attendais que ce moment pour enfin dialoguer avec vous et profiter de votre "expérience de 2014 ans" ,

Je n'ai aucunes "questions pointues, (de) paradoxes à élucider, (de) fantasmes" particuliers à vous soumettre et je ne demande surtout pas que vous soyez à "(mes) ordres pour (me) répondre". Quelle idée ?

Vous dites aussi que : "Je ne sortirai pas de mon domaine de prédilection, mais le ton va changer."... Je souhaite au contraire que vous gardiez ce ton un "tantinet" désinvolte... toutefois pour "DIALOGUER" et non plus pour "VOUS RACONTER"... c'est mon plus grand souhait ! Aussi, ce serait tellement bien que vous soyez moins "accroc" à votre domaine de prédilection, justement... !

Et je me permettrais quelques réponses à vos "Idées toutes faites" :
- "pourquoi Jésus s'est mis sur internet" : pour utiliser les nouvelles technologies : nouveaux moyens de COMMUNICATION et donc DIALOGUER avec son prochain !
- "des fous de Dieu" : il y en a trop ! quel intérêt d'en parler... Quelque soit la religion, "Les fous de Dieu" savent très bien défendre leurs théories... leurs croyances...
- "de la recette pour fabriquer des belles religions" : Ce sera toujours la même recette... à l'image de votre histoire, partie d'un mal-entendu !
- de mon collègue Mahomet : vous risquez de nous rappeler votre argumentation concernant les anges... De plus, vous allez vous confronter aux "pour" d'un côté et aux "contre" de l'autre par rapport à l'Islam ! Un sujet de discorde qui démontre de l'Intolérance de part et d'autre !
- "des astuces pour faire du neuf avec du vieux" : Vous voulez "customiser" le monde ? Et puis, nous savons tous que : "c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe !"
- "des belles âmes" : Je n'ai pas lu toute votre "prose"... Toutefois, si j'en crois ce que j'ai lu il n'y a ni belles ni mauvaises âmes... il n'y a que des hommes et des femmes qui font ce qu'ils peuvent pour "grappiller" un peu de bonheur sur cette terre...
- "de la manière la plus rentable de prier" : pas besoin ! Dieu n'est qu'un mal-entendu ou trop éloigné dans la galaxie comme vous nous l'avez précisé !
- "de la meilleure façon de remplir les églises " : les réchauffer avec un bon chauffage central adapté !
Plus sérieusement : en montrant l'exemple = donner aux pauvres, aux démunis, aux mal-lotis, etc. les richesses accumulées sinon volées, mal acquises, par tous les religieux de cette terre : tous dans le même panier !
- "du fonctionnement de la foi " : c'est le même fonctionnement que celui de la confiance en soi ! Là il y aurait à dire... en effet !
- "de Satan auxiliaire indispensable du Tout Puissant " : fadaises pour mieux entretenir le mal-entendu !

"Mais le plus grandiose sera mon message final !" = vous voyez ! Dès le départ, vous posez les jalons des discussions à venir... Toutefois, pensez-vous à ceux qui vous lisent... Laissez-leur la liberté de poser leurs propres questions... Soyez patient et moins directif = neutre! " Laissez venir les petits enfants !!! "

"J'implore votre indulgence et votre pardon. Si vous avez une prière particulière à adresser à Dieu" : Ma prière s'adresse uniquement à "Jésus, qui nous aime" : soyez plus indulgent avec nous, ici bas... et essayez de répondre plus directement à nos questions... sans tourner autour du pot. Question

La question de la confiance en soi me parait intéressante. Pour ma part,la foi c'est croire en quelque chose de divin, d'au dessus de moi... A mon avis, croire en soi est plus difficile. Cette confiance s'acquiert, soit disant avec les années... au fil de nos expériences...
or, à un moment de ma vie, j'ai eu le sentiment de l'avoir touchée du bout des doigts pour finalement, quelques années plus tard, la voir s'échapper ", filer entre mes doigts"

Aussi, comment garder cette confiance en soi... sur du long terme ?

La balle est dans votre camps...

Bien amicalement : Marie-Claude

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Re: Moi, Jésus qui vous aime

Message  Jacques le Sam 6 Fév - 13:06

Cher Jésus, je ne voudrais pas interrompre votre histoire qui est fort intéressante car elle parle moins de religion que des hommes, des femmes et de la vie. Une seule chose me surprend : comment se fait-il qu'aucun contradicteur n'a encore osé vous mettre un petit mot. Moi, je serais plutôt sur la même longueur d'onde que vous et je n'ai pas envie de faire l'avocat du diable qui devrait pouvoir se défendre tout seul.
Pour détendre l'atmosphère permettez-moi de vous apporter un petit complément sur Adam et Ève que vous avez jusqu'à présent négligé :

Dans le jardin d’Eden


Première version
Un jour dans le jardin d'Eden, Eve s'adresse à Dieu :
- Seigneur j'ai un problème,
- Quel est le problème Eve ?
- Seigneur, je sais que vous m'avez crée et que vous m'avez donne ce magnifique jardin et tous ces merveilleux animaux, et ce grand bouffon de serpent. Mais c'est juste que je ne suis pas heureuse.
- Pourquoi Eve? demande la voix d'en haut.
- Seigneur, je suis seule et j'en ai ras le bol des pommes !
- Bon Eve. Dans ce cas, j'ai une solution, je vais créer un homme pour toi.
- Qu'est ce qu'un homme ?
- Ce sera une créature imparfaite avec plusieurs défauts. Il mentira, trichera, sera vaniteux et s'auréolera de gloire. Bref il t'en fera voir de toutes les couleurs. Mais il sera plus grand, plus fort, plus rapide et il aimera chasser et tuer. Il aura l'air ridicule quand il sera excité, mais puisque tu t'es plainte, je le créerai de façon qu'il satisfasse tes besoins physiques. Il sera stupide et s'amusera à des choses inutiles comme se battre ou encore jouer au ballon. Il ne sera pas trop brillant, aussi aura t il besoin de tes conseils pour orienter sa pensée.
- Superbe ! dit Eve avec un haussement ironique des sourcils. Mais Seigneur ou est le piège ?
- Bien sûr tu ne peux l'avoir qu'à une seule condition.
- Qu'elle est-elle ?
- Comme je te l'ai dit, il sera fier, arrogant et vaniteux. Alors tu devras lui laisser croire que je l'ai fait en premier. Mais rappelle-toi, c'est notre petit secret. Tu sais, un secret de femme à femme….

Seconde version
Un jour dans le jardin d'Eden, Adam s'adresse à Dieu :
- Seigneur j'ai un problème,
- Quel est le problème Adam ?
- Seigneur, tous les êtres vivants que vous avez créés sur la terre vont par couple et moi je suis seul et j'en ai ras le bol.
- Bon Adam, dans ce cas, j'ai une solution, je vais te créer une compagne, une femme pour toi, mais il va falloir que tu me dises comment elle doit être.
- D’accord, je vous fais un cahier des charges.
Quelques jours plus tard..
- Seigneur j'ai fait mon cahier des charges.
- Montre,….… oh là là,………. ce que tu es exigeant. Cela va te coûter cher, au moins un bras ou une jambe !
- Seigneur, un bras ou une jambe, pour ça !
Adam réfléchit et demande :
- Qu’est-ce que je pourrais avoir pour une côte ?

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