Vivre jusqu'au bout dans la dignité

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Tabous... et sectarisme

Message  François le Mer 25 Nov - 11:41

Le communiqué du 19 nov de M. Romero, président de l'ADMD se termine ainsi :

« Circulez, y a rien à voir ». « Souffrez, mourez en silence ! ». Tel est, selon Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, le leitmotiv d’une majorité sûre d’elle-même et d’un gouvernement qui cherche à tuer le débat sur l’euthanasie et à museler les Français sur l’un des rares sujets qui les concernent tous.

N'étant ni adhérent de l'ADMD, dont je respecte les idées, ni de toute autre association anti euthanasie, je suis attentif aux arguments employés par les uns et les autres. Je constate qu'ils sont tous MILITANTS c'est à dire excessifs, ce qui est le propre de tout militant. D'où un ton agressif, souvent des arguments de mauvaise foi, et la négligence d'écouter l'autre en se plaçant dans son référentiel de pensée, en essayant de comprendre sa motivation.

J'ai apprécié la réponse de Jacques NOZICK, pleine d'humour et de bon sens :

Mais je ne pas voulu ajouter de commentaire car j'ai vu un avertissement que les messages sont filtrés par un "vérificateur", ce qui est contraire à l'éthique des forums qui doivent rester libres.

François
Invité


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je reste sur le débat sur la légalisation de l'euthanasie

Message  sonjaline le Mer 25 Nov - 15:55

réponse à mon ami jacques:
une adhérente se fâche et tu parles de démissionner de l'admd? dommage... il y a tous les autres, qui sont ravis de ta philosophie, ceux auxquels je fais suivre tes écrits et qui sont enchantés
écrits vérifiés sur le forum de l'admd: comme sur tous les forums, si on veut éviter les injures, insultes et dires porno, ce qui est arrivé au début du site admd... la façon de le dire n'est peut-être pas la meilleure?
je mets très souvent mes commentaires sur internet et il faut être enregistré, répondre à un filtre qui vérifie mon adresse amil, cela ne me gêne pas, du moment que cela parait
même l'alliance pour les droits de la vie laisse passer mes commentaires, pourtant en complet désaccord avec eux, mais toujours empreints de politesse, j'essaye
mon combat est de réussir à faire passer le droit à l'euthanasie active: puisque la loi Leonetti, si elle était appliquée, permet déjà l'euthanasie passive ou indirecte (arrêt des traitements, et mise sous sédation jusque ce que la mort arrive... et on sait bien que la sédation accélére ce passage)
Bien sûr le but est de soulager les souffrances, de répondre à la demande de celui qui va mourir, donc de respecter son choix et de ne pas l'obliger, s'il le peut encore, à se pendre ou autres violences...
Ce qui me choque dans la loi actuelle, c'est que la décision finale, en matière de refus de soins, de refus de traitements, est toujours celle du médecin, ce pouvoir médical insensé qui leur donne légalement droit de vie et de mort sur nous...
OUI, la loi actuelle, si elle était appliquée (ce n'est pas le cas, encore beaucoup de médecins et soignants l'ignorent... est-ce volontaire? ), pourrait déjà améliorer l'état de nos mourants.
les médecins ont le droit de soulager les souffrances par la morphine même si cela entraîne la mort... mais ils sont interdits d'autre médicaments, est-ce la loi qui doit dire au médecin le médicament à employer? pour ceux qui ne supportent pas la morphine? que faire?
les médecins n'ont pas le droit de faire de l'acharnement thérapeutique, mais ce sont eux les seuls juges, alors?
M. Leonetti conseille de faire des procès, mais est-ce une bonne solution que de faire des procès aux médecins à chaque instant?
je suis militante admd et la première chose que je fais est de faire connaître la loi leonetti, comment peut-on comprendre la nécessité d'améliorer une loi qu'on ignore?
ensuite, je veux que le respect du mourant soit total. je poursuivrai plus tard

sonjaline

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Peut-on vraiment choisir sa fin ?

Message  Jacques le Mar 5 Jan - 21:16

Chère Sonjaline,
Tu es admirable, je suis très impressionné par ton optimisme et la foi que tu as en l'action de l'ADMD. Tu sais que je suis libre penseur, altruiste et pragmatique... mais je sais être rêveur et utopiste. J'ai beaucoup réfléchi à la portée de la loi Léonetti et à une possible stratégie pour la faire évoluer dans le sens d'une mort choisie.

Si l'on peut tout envisager librement pour soi-même, chacun est libre de choisir de quitter cette "vallée de larmes" quand il le désire. Chacun peut en effet se suicider. Le choix de la méthode est souvent stupide ou violent parce que les gens ne sont pas malins ou que l'acte n'a pas été mûrement réfléchi et reste l'objet d'une pulsion déraisonnable ou pour le moins non raisonnable. Or il existe un moyen que l'ADMD devrait oser décrire : c'est le sac en plastique. Il suffit de s'en coiffer hermétiquement et la délivrance arrive vite et sans trop d'inconvénient. Ce serait un devoir de faire connaître cette méthode qui éviterait des ratages, des situations douloureuses et violentes à proscrire.
La "touche étoile" est une grosse bêtise, la petite pilule rose est encore totalement utopique et pose d'innombrables questions préalables.

Par contre l'envisager pour les autres demande est infiniment plus compliqué et il est compréhensible qu'il y ait des gens qui hésitent. Surtout s'il faut demander de faire le "sale boulot" à des médecins qui n'ont pas été formé pour cela et qui peuvent donc légitimement hésiter, même en l'absence de risques juridiques. Je connais beaucoup de gens qui voudraient voir fait par les autres ce qu'ils n'ont pas le courage de faire eux-mêmes. Et qui proteste de la lâcheté des médecins... En plus face à la mort d'un proche : tout est plus compliqué !

Le combat de l'ADMD aussi honorable soit-il, sera voué à l'échec tant que LES MENTALITES N'AURONT PAS PREALABLEMENT EVOLUEES. Or les mentalités évoluent lentement, à force d'éducation, de réflexions, de bons exemples...(ça m'aurait énormément plu d'y contribuer !) . Mais assiéger les élus ou élever des protestations est inopérant. C'est une dépense d'énergie considérable pour des résultats plus qu'incertains. .

Reste que j'ai pour toi une grande affection et même une certaine admiration, je pense que tu pourrais mettre ton talent, ton énergie, ta générosité au service de causes plus judicieuses. Dommage pour elles, les gens de ta qualité sont rares.
Bises
Jacques

Jacques

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Allez : je me lance !

Message  CORRE Marie-Claude le Jeu 14 Jan - 18:22

Bonjour à tous.

Oui, je me lance dans le sujet dont je vous rappelle le titre : "Vivre jusqu'au bout dans la dignité"...
Aussi, suis-je étonnée de la tournure du débat aboutissant sur "les PRO et les non-PRO" de l'ADMD et de la loi LEONETTI... Comme je le disais à Joce, ce débat me dépasse un peu... Car, parler de la mort, de la vie... n'est pas chose facile pour ma part - encore plus, si le débat tourne à des prises de position que je trouve assez radicales...

Je pensais donc ne pas pouvoir m'insérer dans vos conversations. Encoragée par l'admn, je me permets d'ajouter ma modeste participation. Car, le sujet me touche particulièrement.

En effet. Ce fut lors des années lycée (1979-1982), en cours de français que j'ai été amenée à travailler, avec la classe, sur la question de l'Euthanasie.
Nous devions lire "Il n'est plus tard que tu ne penses" de Gilbert Cesbron.
L'occasion donc de débattre pour la première fois sur le sujet : pour ou contre ?
Dans le roman la question est plus brutale : « Jean Cormier (personnage du roman) est-il coupable d'avoir,(...), volontairement commis un meurtre sur la personne de Jeanne Cormier, son épouse? »

Je me rappelle avoir lu (et relu en 2008) le livre dont l'histoire m'a beaucoup touchée. Mon compte rendu m'amena à la conclusion que Jean qui aimait tant sa femme, qui avait choisi d'abréger les souffrances de Jeanne, était à fortiori "non coupable"... devant le jury qui devait le juger.
J'approuvais moi-même son geste et me définis comme étant "pour l'euthanasie"...

Le professeur de français me montra une facette du roman de Cesbron que je n'avais pas saisie.
En effet, la question "d'abréger la souffrance" se posait bien ! Toutefois, Cesbron décrit bien dans son ouvrage non seulement la souffrance de Jeanne atteinte d'un cancer incurrable mais aussi celle de Jean qui ne supportait plus de la voir, de l'entendre souffrir... Ce qui amèna Jean devant le jury sans chercher à se défendre.

Longtemps, je suis restée persuadée que c'était le meilleur choix... que c'était mieux pour Jeanne. Je ne reconnaissais pas le soulagement que pouvait procurer ce geste à Jean : à celui qui donne la mort !

De nombreuses années durant, je me proclamais pour l'euthanasie. Jusqu'au jour, où je fus confrontée à la maladie de mon père dès 1985. Personne de ma famille ne m'avoua qu'il souffrait d'un cancer. De mon côté, je n'ai jamais voulu le concevoir même quand il était sur son fauteuil roulant et plus tard immobile dans son lit d'hopital, incontinent, meurtri par les escarres...
Quand je rentrais dans sa chambre, c'était toujours le sourrire aux lèvres... le bousculant même quelque fois... car je ne voulais pas l'entendre dire que c'était foutu pour lui.
Dans ces moments là, je n'aurai jamais accepté que qui que ce soit nous propose, me propose la solution de l'euthanasie.

Toutefois, je l'avoue, j'ai bien souhaité que sa fin soit la plus proche possible...

Il mourut en avril 1986, après lui avoir fait mes adieux... disons qu'à cette époque, je ne me rendais pas compte que ce fut des "adieux". Je voulais juste le rassurer... lui dire que j'étais heureuse... qu'il n'avait pas de soucis à se faire pour moi... que j'avais trouvé celui qui me protègerait... s'il s'en allait !

Ma soeur travaille dans un centre de soins palliatifs. Lorsque un patient est près de sa fin de vie, avec ses collègues, elles l'accompagnent avec des paroles rassurantes et encourageantes, telles que : "ça y est ! tout est fait (notamment les adieux à la famille) ! vous pouvez maintenant partir !" Il est rare que la personne ne se laisse pas aller ! A croire, comme le pense ma soeur, qu'elle choisit le moment de mourrir...

Aujourd'hui, il me plait de croire que ce types de parole, reconnues au moment venu, peuvent nous aider à "vivre jusqu'au bout dans la dignité"...

Garder le dialogue jusqu'à la fin, préparer ses dernières volonté avec ses proches, parler tout simplement de ce dernier moment de notre vie... en famille - c'est, peut-être, voire sûrement, la meilleure façon de garder sa dignité...

Souhaitant votre indulgence pour cette humble participation,

Bien cordialement : Marie-Claude

CORRE Marie-Claude

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Re: Vivre jusqu'au bout dans la dignité

Message  Francine le Ven 15 Jan - 19:42

Je vous trouve très modeste, Marie-Claude. votre contribution est fort intéressante par la sensibilité qu'elle révèle. Elle illustre combien les questions de la fin de vie et de la souffrance sont très complexes. Lorsqu'on a été confronté à ce problème pour des proches, on est assez désemparé car il est délicat de se mettre à la place de celui qui va mourir. S'il n'a pas exprimé clairement de volonté, c'est même impossible.

En fait, il semble qu'on puisse décider pour soi-même si l'on souhaite en finir plus vite en ayant recours à l'euthanasie (ou au suicide), personn ne peut s'arroger le droit de décider pour l'autre, s'il n'a pas donné d'instruction.

Le problème c'est qu'on ne parle quasiment jamais de la mort, c'est toujours un sujet tabou. Il est important que ce sujet soit abordé dans les couples et dans les familles... la peur n'a jamais évité le danger.

C'est vrai qu'il y a quelques positions un peu sectaires, mais elles nous forcent à la réflexion sur ce sujet dont personne ne devrait faire l'économie.

Francine
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Vivre dans la liberté

Message  Dona le Sam 26 Juin - 17:08

Je crois que votre titre est restrictif. La problème n'est pas tant de vivre jusqu'au bout dans la dignité, mais surtout de vivre dans la liberté ! En particulier celle de décider de quitter l'existence quand celle-ci n'en vaut plus la peine, qu'elle soit digne ou non, c'est à chacun de le décider pour lui-même.
La grand question est que personne ne puisse vous obliger à vivre contre votre gré, pour quelque cause que ce soit. Notre vie nous appartient pleinement, c'est notre bien le plus précieux, nous pouvons en jouir à notre guise.

Dona
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Droit de mourir dans la dignitié

Message  François le Mer 30 Juin - 10:52





"En France, 86,3 % de Français seraient favorables à l’euthanasie. Il serait donc temps que le gouvernement catholique du chanoine de Latran, Sarkozy, respecte la volonté démocratique exprimée par le peuple. À ce bon catholique, il faut peut-être rappeler le proverbe latin : Vox populi Vox Dei, la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. L’euthanasie (du gr. Eu, bien et thanatos, la mort) c’est l’ensemble des méthodes qui procurent une mort sans souffrances, afin d’abréger une longue agonie ou une maladie très douloureuse à l’issue fatale. (1) L’étymologie même du mot euthanasie nous apprend que c’est une bonne mort, une mort douce, une mort sans souffrances inutiles, une mort humanitaire, que ce concept englobe.
Aspects religieux du suicide et de l’euthanasie - Dieu, Jésus et l’Église.
Selon le catéchisme de l’Église catholique, chacun est responsable de sa vie devant Dieu, qui la lui a donnée, et c’est lui qui en reste le souverain maître. Une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. L’erreur de jugement dans laquelle on peut être tombé de bonne foi ne change pas la nature de cet acte meurtrier, toujours à proscrire et à exclure. (2) Jean-Paul II disait que l’euthanasie et le suicide sont une insulte au Créateur ; pour Benoit XVI, c’est une solution indigne de l’homme. (3) Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée selon l’Église (4). Les « soins palliatifs » sont souvent une hypocrisie, pour prolonger inutilement la vie ou parfois un euphémisme pour une euthanasie déguisée.
Puisque ce serait Dieu qui nous a créés, selon la Bible, c’est bien lui qui a mis alors en nous la possibilité de nous suicider. Saint Thomas d’Aquin dit que le suicide est un péché mortel, Dieu serait propriétaire de chaque vie humaine. Pour le Vatican, l’euthanasie est un meurtre, et la dignité humaine consiste à souffrir inutilement, sinon il y a un manque de respect envers le Dieu vivant, son Créateur.
On est tous d’accord, catholiques ou athées, de ne pas laisser souffrir un animal inutilement et d’abréger sa vie par euthanasie, mais l’être humain ne peut pas prétendre au même droit. Selon l’Église, ce serait alors une lâcheté, un acte condamnable, méprisable, irrespectueux envers Dieu et son fils Jésus. Le dolorisme chrétien (5) ou le masochisme catholique, est depuis toujours érigé en vertu salvatrice. La femme doit enfanter dans la douleur dit le Dieu misogyne. L’accouchement indolore, grâce aux progrès de la science, serait donc un manque de respect envers ce Dieu cruel et sadique.
L’Église refuse à l’homme son « autonomie », c’est-à-dire le droit de décider de sa propre vie et d’y mettre fin quand on le désire. Le droit à l’autonomie humaine est le complément indispensable aux droits de l’homme. Autrement dit, l’Église nous conteste notre liberté la plus fondamentale, le droit à l’autonomie, le droit à l’autodétermination, au libre arbitre, le droit de décider seul si nous voulons encore vivre ou mourir. Notre autonomie, c’est notre dignité, c’est la valeur absolue de la personne humaine, c’est notre véritable liberté humaine, celle de choisir quand et comment nous voulons mourir, c’est un droit inaliénable et incontestable. Le choix de mourir est un choix personnel, qui dépend de la seule volonté de celui qui le décide, ni l’État, ni l’Église, ni personne ne peut contester ce libre choix. Personne ne peut être contraint de vivre contre sa volonté. Les croyants n’ont pas à disposer de la vie des autres, à imposer leurs croyances aux autres, ils sont libres de mourir comme ils le veulent. C’est leur droit de souffrir atrocement jusqu’à ce que mort s’ensuive, mais ils n’ont pas le droit d’imposer leur dolorisme ou masochisme, aux autres. Le philosophe néerlandais Jan Vis écrit que toute l’affaire concernant le suicide ne se rapporte pas à la mort de l’homme, mais se rapporte au fait que le suicide englobe l’affirmation implicite de l’autonomie inconditionnelle de l’homme, et cela est contraire avec le principe de pouvoir, toujours en vigueur. Il y ajoute que parmi tous les politiciens de la seconde chambre néerlandaise, il n’y a pas un seul qui comprend que le suicide est une affaire individuelle autonome. L’écrivain suédois Stig Dagerman a écrit que le suicide est la seule preuve de la liberté de l’homme. (6)
Ce qui gêne les politiciens majoritairement chrétiens en Europe, c’est que le suicide va à l’encontre de leurs principes religieux. Ils sont plus préoccupés par ces principes que par le drame humain, la souffrance humaine qu’il faut alléger et abréger.
L’Église ne voit en nous que des êtres hétéronomes, sujets ou pantins de Dieu. Elle se sert du Dieu mythique de la Bible pour nous imposer sa tutelle. L’Église puise dans la bible ses arguments contre le droit au suicide et à l’euthanasie. Dieu dit : sachez donc que c’est moi qui suis Dieu, et qu’il n’y a point de dieu près de moi, (donc pas de Jésus). Je fais vivre et je fais mourir, Je blesse et je guéris (7) Dieu dit et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe (Cool Aucun malheur n’atteint l’homme sans la permission de Dieu (9) On ne peut donc pas mourir sans que Dieu l’ait décidé. L’assassin serait incapable de tuer, sans l’aide de Dieu, il ne serait donc, selon la théonomie, que l’instrument de Dieu. Le suicide ne serait qu’une des façons dont Dieu nous fait mourir, puisque rien n’arrive sans qu’il l’ait décidé.
Le suicide et l’euthanasie seraient un manque de respect envers Dieu et son Fils ? Mais qui est ce Dieu ? Dans la Bible, on découvre un Dieu vengeur, jaloux, haineux, impitoyable, exterminateur, et qui se repent d’avoir fait l’homme. Un Dieu qui n’a aucun respect pour la vie, et qui ne pense qu’à se venger et à exterminer. Il crée le déluge (10), le premier génocide mondial, en exterminant, par noyade, hommes, femmes et enfants, et même les animaux, à l’exception de Noé et sa famille (11). L’ancien enfant de cœur, Hitler, s’est rendu coupable d’un génocide ciblé, mais le génocide de Yahvé était une extermination totale, sans distinction. Ses génocides sont multiples, dont Sodome et Gomorrhe (12) en Égypte, il fait exterminer tous les premiers-nés, même les premiers-nés des animaux. Le Dieu biblique est insatiable : il ordonne l’extermination des homosexuels (13), des incirconcis (14), de ceux qui violent le sabbat (15), des blasphémateurs (16), des filles non vierges (17), de ceux qui commettent l’adultère (18), etc. Les crimes que Dieu commet ou ordonne de commettre dans la bible dépassent largement les 2.270.365 personnes, son holocauste planétaire (le déluge) non compris (19). C’est ce Dieu et son fils, auxquels l’Église se réfère pour nous interdire le droit de disposer de notre corps. Pour savoir qui est le plus grand criminel que l’homme ait jamais inventé, il faut lire la Bible.
Mais Jésus, qui est aussi le Verbe, la 2e personne de la Trinité, est aussi Dieu (20) et le suicide et l’euthanasie sont considérés par l’Église comme une hérésie et un manque de respect envers le petit Jésus, à qui notre vie appartiendrait. Ce Jésus mythique aime aussi le crime, comme son Père, et dit dans les Évangiles : au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence (21). Selon Saint Paul, aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même, si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur (22). Comme nous ne vivons pas pour nous-mêmes, mais par procuration de Jésus-Christ, notre vie ne vaut rien sur terre, mais c’est encore le Seigneur qui en décide, pas nous.
Pierre Desproges dit : « Si le Christ ne s’est pas suicidé, c’est que je n’ai rien compris au Nouveau Testament » (23). En lisant les Évangiles, on peut conclure effectivement au suicide de Jésus, mais c’est un suicide assisté et imposé par le Père ou un « crime prémédité pendant 33 ans » par le Tout-Puissant. Nathalie Delourme dit que le « meurtre parfait », c’est de pousser l’autre au suicide, c’est ce qu’a fait le Tout-Puissant avec son fils.
Le Père a manigancé un plan pour pouvoir nous pardonner nos péchés, en engendrant un Fils via une vierge, qui doit mourir d’une façon atroce, sur la Croix, qu’il le veuille ou non, sinon il n’y a pas de Rédempteur et pas de résurrection. Le Père sadique est incapable de nous pardonner nos péchés sans ce suicide ordonné ou ce crime prémédité. Jésus n’a pas le choix. Il annonce dans les Évangiles où, quand et comment il va mourir. C’est le suicide annoncé. Jésus dit « Mon père m’aime parce que je donne ma vie, afin de la reprendre, personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même, j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre, tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (24). Jésus affirme ici donc que personne ne lui ôte la vie (25) et certainement pas le Sanhédrin, Ponce Pilate ou Judas, qu’il appelle son ami, à l’instant même où il lui ordonne de le baiser, pour qu’il soit dénoncé (26). Il dit aussi qu’il a tout pouvoir (27) et contrôle la nature (28). Néanmoins, il refuse de se défendre devant Ponce Pilate, parce que cela irait à l’encontre des Écritures, il reste passif, parce qu’il veut sa mort, par suicide assisté (29). Il sème la confusion, lorsqu’il dit qu’il se suicide sur ordre de son Père, il ne le fait alors pas spontanément, mais contraint et forcé par le Père qui est plus grand que lui (30). Il dit qu’il sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (31) et puis “coucou le revoilà”. Mourir pour trois jours c’est de la rigolade. Cela ressemble à une mise en scène, une tromperie, une mystification.
Jésus, qui aurait tant prêché et fait tant de miracles, est tellement inconnu, que Judas est chargé de le désigner aux autorités, et Jésus ordonne même à Judas de le désigner : Ce que tu fais, fais-le promptement dit-il à Judas (32). Judas, le Sanhédrin, et Ponce Pilate, ne sont que des marionnettes de Jésus, qui doivent accomplir ce qui est dit dans les écritures, sans quoi il n’y a pas de Rédempteur. Jésus lui-même dit qu’il doit mourir, parce qu’il faut que l’Écriture s’accomplisse. Jésus dit : je connais ceux que j’ai choisis (33). Le suicide assisté de ce Jésus mythique, ou sa mort, par crime prémédité, par le Père sur le fils, est un conte pervers, une fable exécrable et invraisemblable, auquel croient plus d’un milliard de personnes. Comme dans la Trinité, le Verbe est aussi Dieu (34). Dieu s’est suicidé pendant trois jours ou Dieu a tué Dieu, ou Dieu a suicidé Dieu. C’est une Trinité interrompue pendant 3 jours. Heureusement qu’il fut ressuscité, sinon adieu la Trinité. Les Évangiles ne sont que des fables, mais pour les croyants le Jésus mythique est un Jésus historique.
L’Église catholique et romaine veut se faire passer pour la protectrice de la vie humaine, alors qu’elle est responsable de la mort de millions de personnes. Elle a persécuté les hérétiques pendant 16 siècles. Elle a instauré pendant plusieurs siècles les Tribunaux de l’Inquisition, qui imposaient le dogme par la violence, en torturant, en assassinant, en excommuniant, en brûlant les hommes et les femmes prétendues sorcières, sur le bûcher, en organisant des croisades contre les hérétiques, etc. Cette Église qui ne révoque même pas ses prêtres pédophiles, et veut nous faire croire que les souffrances inutiles ont un sens, n’a aucun respect pour la vie humaine, qui ne nous appartiendrait pas. Elle serait la propriété de l’Église, des gourous, appelés dieux. Pourquoi le suicide serait-il un acte irrespectueux envers Dieu, lui qui est décrit comme un génocidaire dans la Bible ?
En 2005, Terri Schiavo, une Américaine, dans le coma depuis quinze ans, est morte, sur autorisation de justice. Le Vatican avait parlé d’un “vrai et réel assassinat”. Jeb Bush et G.W Bush ont tout tenté pour s’opposer à cette décision de justice, avec l’appui des extrémistes chrétiens. Chantal Sébire, cette enseignante, atteinte d’une maladie incurable appelée “esthésioneuroblastome”, a ému le monde entier, tellement son visage était effroyable à voir. Elle s’est vu refuser le droit à l’euthanasie, par le Tribunal de Grande Instance, parce que la loi du 22.4.2055 relative aux droits des patients interdit l’euthanasie active. Dans un pays où Christine Boutin, ministre de Sarkozy, brandit la Bible au parlement, il ne faut pas s’attendre à la commisération.
Ce qu’on refuse à un citoyen quelconque n’est pas refusé aux riches et puissants. Concernant la mort de Jean-Paul II, le Cardinal Lozano Baragan, a confirmé que le Pape avait refusé tout acharnement thérapeutique, et dans Lalibre.be on a écrit « le chef de l’Église catholique se serait octroyé une euthanasie, qu’il refusait par principe aux catholiques ». (35)
Le 3.2.2009, la Cour suprême d’Italie mettait fin à l’acharnement thérapeutique sur la personne d’Eluana Englaro, qui se trouvait depuis 17 ans dans un coma végétatif irréversible. Silvia Berlusconi, appuyé par le Vatican, s’y était opposée d’une façon scandaleuse et illégale. Le Vatican n’hésita pas à dire dans “La Stampa” qu’il s’agissait d’un meurtre.
Ces exemples prouvent combien l’Église est opposée à laisser mourir les êtres humains dignement, elle veut exalter la souffrance inutile, inacceptable, injustifiable, elle parle de commisération, mais la refuse dans les cas les plus justifiés qu’on puisse s’imaginer, c’est une politique de “sadisme acharné”.
La loi sur l’euthanasie en droit belge
La Belgique autorise l’euthanasie, mais en imposant des conditions très strictes et des formalités inutiles et compliquées, qui empêchent beaucoup de personnes de bénéficier de la loi.
Il faut comprendre par euthanasie légale en droit belge (36) l’acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne, à la demande de celle-ci.
Cette définition de l’euthanasie légale concerne l’euthanasie active et non pas l’euthanasie passive. Le suicide (auto-euthanasie) bien que très proche de l’euthanasie, est un concept différent, c’est l’action de se donner soi-même la mort. L’euthanasie se distingue du suicide, parce que dans le premier cas l’acte est pratiqué par un tiers, et dans le second, c’est la personne elle-même qui pose l’acte. Lorsque la personne qui se donne volontairement la mort est assistée par un tiers, on parle de suicide assisté. Le suicide n’est pas punissable, mais le suicide assisté l’est toujours en Belgique, sauf dans le cas où il est assimilé à l’euthanasie, c’est-à-dire lorsque le médecin fournit le breuvage et que le malade le boit, ce qui est un suicide assisté, autorisé uniquement dans le cas où l’euthanasie est admise. Quand le médecin fait une piqûre mortelle, c’est de l’euthanasie active. Quand le médecin met fin à l’acharnement thérapeutique, c’est une euthanasie passive.
Seul un patient majeur, conscient et capable peut selon la loi belge demander l’euthanasie. La demande d’euthanasie, faite par le patient majeur incurable, doit être faite de manière volontaire, réfléchie et répétée. La loi prévoit que le patient doit se trouver dans une situation sans issue et faire état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique. Les dispositions de la loi belge du 28 mai 2002 (37) ne s’appliquent pas aux déments. L’euthanasie reste donc inaccessible aux personnes atteintes de démence, même si ces dernières ont rédigé une déclaration anticipée à un moment où elles étaient encore en mesure de prendre leur décision de manière totalement autonome. La déclaration anticipée vaut uniquement pour une personne qui se trouverait plongée dans un coma irréversible, à l’exclusion des cas de démence (38). La loi oblige l’aide de deux médecins, et même de trois, si la mort n’est pas imminente, etc.
Tout majeur ou mineur émancipé capable peut, pour le cas où il ne pourrait plus manifester sa volonté, consigner par écrit, dans une déclaration, sa volonté qu’un médecin pratique une euthanasie si ce médecin constate :
qu’il est atteint d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable ;
qu’il est inconscient, et que cette situation est irréversible selon l’état actuel de la science.
Il n’est pas possible de commenter ici toutes les lacunes de la loi, sa procédure compliquée et les formalités inutiles à remplir. Les 2 ou 3 médecins nécessaires selon le cas, peuvent refuser la demande d’euthanasie, ils sont entièrement libres. Il faut une déclaration anticipée, signée par deux témoins. La déclaration anticipée n’est valable que pour cinq ans.
Personnellement, j’ai déjà eu du mal à trouver deux témoins pour signer cette déclaration anticipée. Beaucoup de personnes ne connaissent pas cette loi compliquée et sont incapables de rédiger un texte conforme à la loi. Des médecins de famille catholiques promettent à leurs patients qu’ils pourront bénéficier d’une euthanasie, alors qu’ils les hospitalisent dans un hôpital catholique, où ils savent pertinemment bien qu’on ne pratique pas l’euthanasie. Un médecin qui pratique une euthanasie dans un hôpital catholique est licencié.
L’obligation de faire signer la déclaration anticipée par des témoins est inadmissible. Limiter la durée de la validité de cette déclaration à 5 ans, pose de sérieux problèmes. Si avant l’expiration de cette date on ne meurt pas, mais on perd ses facultés mentales, on n’est plus capable de rédiger une “nouvelle déclaration”. Cette déclaration devrait rester valable, tant qu’on n’en rédige pas une autre. Tout cela enlève à beaucoup de personnes la possibilité de recourir à l’euthanasie à la fin de leur vie.
Assistance au suicide :
Tous les pays européens devraient adopter le texte de l’article 115 du code pénal suisse : Celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.
L’aide au suicide est donc autorisée si la personne qui aide est mue par un mobile qui n’est pas égoïste. L’article 115 du code pénal suisse n’exige pas la participation d’un médecin, ce qui fait toute la différence avec la loi belge sur l’euthanasie. En Belgique, l’aide au suicide n’est autorisée que dans le cas où les conditions pour obtenir une euthanasie sont réalisées. L’aide ne peut alors être apportée que par un médecin.
Une telle disposition dans le code pénal des pays européens éviterait que les gens soient acculés à aller mourir en Suisse, parce qu’on leur refuse ce droit dans leur propre pays."
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François
Invité


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